Capacité d’adaptation  L’indispensable entraînement opérationnel

Publié le 20 Juin 2017 à 11:21

© Marine nationale - Caïman Marine à l’appontage sur le pont du Charles de Gaulle.

Au cours des 15 dernières années, les pilotes de chasse de la Marine ont été mobilisés dans la plupart des conflits internationaux auxquels la France a participé (Afghanistan, Libye, lutte contre Daech en Irak et en Syrie). Les pilotes ont donc atteint un niveau d’excellence qu’ils continuent d’entretenir par des exercices. 

Les entraînements interalliés

L’entraînement opérationnel est un enjeu majeur pour la Force de l’aéronautique navale et les équipages qui mettent en œuvre les aéronefs. La participation constante et à un rythme soutenu à des exercices interarmées ou interalliés demeure la clé du maintien des savoir-faire techniques et tactiques, et de la capacité de la Marine à garantir la permanence opérationnelle. Ces entraînements permettent de maintenir l’interopérabilité avec les alliés et affirmer le haut niveau de savoir-faire reconnu de la France dans ce domaine.

Principaux exercices impliquant les marins du ciel

Dynamic Manta, un entraînement opérationnel de lutte anti-sous-marine OTAN, s’est déroulé au mois de mars au large des côtes siciliennes. La frégate de lutte anti-sous-Marine (FASM) Montcalm et son Lynx embarqué de la flottille 34F y ont participé aux côtés du bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Marne, d’un Atlantique 2 et du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Émeraude. Joint Warrior est un entraînement tactique interarmées, se déroulant chaque année au printemps et à l’automne, dans lequel les nations participantes œuvrent conjointement, sous de multiples menaces, avec la perspective de leur emploi potentiel au sein d’une force expéditionnaire interalliée et interarmées. Ces entraînements sont l’occasion de démontrer les capacités de la Marine à prendre part à des crises régionales ou internationales, mais aussi la capacité interarmées de la France à intervenir dans des conflits majeurs.

© F. LEDOUX/MN - Le Lynx est un hélicoptère utilisé principalement dans le cadre des missions de lutte anti-sous-marine. Il est capable de remplir des missions de transport ou de service public, anti-terroristes ou de lutte contre les trafics de drogue.

 

 

Les entraînements interalliés permettent d’obtenir certaines qualifications, nécessaires pour prétendre à certains types de missions. C’est le cas par exemple du Tactical Leadership Program (TLP), qui s’est déroulé au mois de février, à Albacete, en Espagne. Des détachements des flottilles 17F et 4F (quatre Rafale Marine ont été déployés, ainsi qu’un E-2C Hawkeye) du groupe aérien embarqué ont participé au TLP, qui a regroupé une trentaine d’aéronefs. Cet entraînement a permis aux pilotes de l’aéronautique navale d’obtenir les qualifications de « chef de mission » dans l’OTAN, indispensables pour diriger des missions multinationales sur des théâtres d’opérations impliquant une grande diversité d’aéronefs. 

Les marins du ciel et la BAN de Landivisiau à l’honneur 

Du 5 au 16 juin 2017, la base d’aéronautique navale (BAN) de Landivisiau accueille pour la deuxième fois (2008 et 2017) le NATO Tiger Meet, qui existe depuis 1960 et qui comptera cette année 12 nations participantes. Comme l’indique le nom de cet exercice, il est réservé aux escadrons ayant pour emblème le Tigre. C’est un entraînement opérationnel majeur qui sollicite un très haut niveau de compétence des pilotes de la Marine, dans des situations tactiques d’une grande complexité. L’objectif est d’accroître l’interopérabilité entre les nations, indispensable à la bonne réalisation des futures missions opérationnelles.  

© M. MULLER/MN - Le NATO Tiger Meet ce sont 15 jours de missions, 800 pilotes et techniciens des flottilles, 800 exercices et 1 200 heures de vol.

 

 

 

 

CESSAN : à la pointe de l’entraînement  

© F. LUCAS/MN - Chaque année,plus de 1200 stagiairesviennent se former au CESSAN.

 

 

 

 

Situé sur la BAN de Lanvéoc-Poulmic, le Centre d’entraînement à la survie et au sauvetage de l’aéronautique navale (CESSAN) est le centre d’entraînement à la survie le plus avancé au monde. Un ensemble modulaire, qui comprend deux cabines immergeables, permet un entraînement adapté aux différents types d’aéronefs. Le réalisme des systèmes d’entraînement à la survie est poussé à son maximum avec une excellente simulation d’environnement (pluie, vent, effets sonores et visuels…).   

Chiffres clés de l’aéronautique navale

• 6 000 marins du ciel (dans la force et structures de soutien aéronautique).

• 190 aéronefs pour accomplir 15 missions 24/24h, 365j/an parmi lesquelles la dissuasion, le sauvetage en mer, la projection de puissance de la mer vers la terre, assaut mer, lutte anti-sous-marine, lutte anti-surface, surveillance maritime, lutte contre les trafics…

• 8 missions réalisées chaque jour.

• 300 vies sauvées chaque année. 

• 4 bases d’aéronautique navale et 1 état-major

• 3+1 composantes : le groupe aérien embarqué (GAé) / la patrouille surveillance et intervention maritime (Patsimar) / les hélicoptères et la future 4e composante : les drones.

• 15 flottilles, dont 3 flottilles de chasse désormais « tout Rafale ».

• 4 escadrilles (formation/logistique/essais). 

• 3 centres d’expertises (1 par composante).

• 34 détachements armant les bâtiments de surface.

• 345 marins du ciel recrutés en 2017.

 

Focus - CEPA/10S  

Depuis 1916, le Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA/10S) a pour mission d’étudier et de proposer des solutions adaptées aux opérations menées par les aéronefs de l’aéronautique navale en mer et depuis la terre. Cela passe par l’élaboration des nouveaux matériels et l’amélioration des matériels existants. Implanté sur la base d’aéronautique navale d’Hyères, le CEPA/10S suit donc le développement et la mise au point des aéronefs ou des matériels, en soutien du bureau aéronautique de la division «programmes» de l’état-major de la Marine.

 

Témoignages

CF Alban, commandant de la 11F 

© F. DUPLOUICH/MN

« Commandant la 11F, mon rôle consiste à préparer les pilotes et techniciens de la flottille et à éventuellement les mener au combat. Il s’agit bien sûr de préparation technique pour que chaque marin de la flottille sache faire, sous pression, avec rigueur et discernement les opérations qui lui sont dévolues. Mais elle s’accompagne d’une préparation physique et morale, pour les pilotes comme les techniciens, pour encaisser le rythme de la mission, qui fluctue en fonction du tempo opérationnel. Pour cela, la flottille entretient un esprit d’équipage fort.

La participation ou la préparation au NATO Tiger Meet s’inscrit par exemple dans ce cadre. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas d’un meeting aérien. C’est un exercice qui rassemble le plus grand nombre d’avions en Europe. Tous ces aéronefs seront en l’air, en même temps lors de six missions géantes, ayant pour thème l’évacuation de ressortissants, l’assaut vers la terre ou la récupération d’équipage éjectés en territoire hostile. » 

SM Marine, contrôleur d’aéronautique navale sur la BAN Landivisiau 

« Le contrôleur aérien est un maillon essentiel de la sécurité aérienne, qui contrôle, guide et informe le trafic aérien militaire et civil se trouvant dans son espace aérien. À bord du porte-avions, il guide les pilotes après catapultage et les aide à apponter sur une surface équivalente à celle d’un terrain de tennis. Ce métier est source d’enrichissement personnel et professionnel. J’ai notamment eu la chance d’assister sur le pont au dernier catapultage du SEM. Un moment unique. Je participe actuellement à la préparation d’un des plus grands exercices aériens militaires, le Tiger Meet qui réunira à Landivisiau plus de 60 avions de l’OTAN : un spectacle qui s’annonce exceptionnel. » 

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