Les marins au service de la victoire

Publié le 12 Avril 2017 à 10:17

© PIERRE-JOSEPH-PAUL CASTELN/ECPAD/DEFENSE/SPA 30 0S 1609

Comme l’a rappelé M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, à l’occasion du lancement officiel de la saison de commémorations de l’entrée des États-Unis dans la Grande Guerre, « la Défense ne va pas sans une conscience profonde de l’histoire ». Dans ce discours, le ministre a marqué sa volonté de faire de cette année 2017 « une année de commémoration plus particulièrement maritime, ouverte sur le large ».

Mais pourquoi un numéro spécial de Cols Bleus, consacré à une histoire qu’on pourrait croire lointaine, alors que la Marine poursuit ses opérations dans une actualité plus brûlante que jamais ?

Tout d’abord parce que les enjeux de 1917 sont ceux de 2017 : combat de haute intensité, guerre sous-marine, déplacement du centre de gravité des conflits vers la mer, mondialisation, innovation technologique avec l’apparition de nouvelles armes, tactiques et doctrines, ennemi insaisissable qui oblige une adaptation permanente, interopérabilité… Notre marine est l’héritière directe de celle de 1917. Une grande part de ce qui la constitue aujourd’hui a été inventée à ce moment de son histoire : « liaison des armes » chère à l’amiral Castex, forces sous-marines, aéronavale (dont la patrouille maritime qui fête cette année son centenaire), porte-avions…

Enfin, il fallait, en ces années commémoratives, se souvenir des marins de la Grande Guerre, dont l’action décisive est trop souvent oubliée. En 1917, l’avenir du monde, une fois de plus, se joue en mer. L’équation est simple et comprise de tous les belligérants : celui qui gagne la guerre navale remporte ce conflit mondial. À l’exception de ceux qui ont combattu au front, tels nos fusiliers et nos canonniers, les 11 500 marins morts pour la France entre 1914 et 1918 n’ont pas de sépulture commune pour matérialiser leur souvenir. Ils sont nombreux, ces marins, d’État, de commerce ou pêcheurs, engagés sous le même pavillon pour défendre la patrie, qui reposent à jamais au fond des océans. Quant à ceux qui ont conduit la guerre sur mer et qui ont survécu et vaincu, ils n’ont pas eu l’honneur de défiler le 14 juillet 1919 sur les Champs Élysées avec leurs camarades de Dixmude ou de l’Yser.

Ce Cols Bleus veut donc populariser, avec une légitime fierté, leur action, discrète mais fondamentale, au service de la victoire.

 

Capitaine de frégate Benjamin Chauvet, adjoint du directeur de publication

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