2005-2011 - Une puissance qui s’affirme

Publié le 4 Novembre 2016 à 10:44

© Thibaut CLAISSE / Marine nationale

La période de 2005 à 2011 est particulière : pour le porte-avions, elle marque à la fois l’âge de la maturité et celui du renouveau. Maturité pour sa pleine capacité opérationnelle : le Charles de Gaulle et son groupe aéronaval (GAN) sont régulièrement projetés en Méditerranée orientale, en mer Rouge, dans l’océan Indien et dans le golfe Arabo-Persique (opérations Agapanthe en 2006, 2007 et 2010). Le groupe aéronaval constitue aussi le fer de lance de l’opération Harmattan, début 2011 au large de la Libye. C’est aussi l’âge du renouveau pour le Charles de Gaulle, qui passera plus de 15 mois en entretien pour retrouver une deuxième jeunesse (cf. encadré).

Des déploiements réguliers en océan Indien, cœur des opérations

Dans la droite ligne des succès d’Héraclès, les missions Agapanthe prennent le relais pour le groupe aéronaval articulé autour du porte-avions Charles de Gaulle et de son escorte (plusieurs frégates, un pétrolier-ravitailleur et un SNA). L’objectif ? Lutter contre le terrorisme, participer au maintien de la stabilité dans cette région, coopérer avec les marines des pays riverains qui le souhaitent et enfin, lutter contre la piraterie.

Conduits en 2006 (février à juin), 2007 (février à mai) et en 2010-2011 (octobre à février), les déploiements Agapanthe permettent de renforcer la coopération internationale de la France. Plusieurs manœuvres aéronavales sont autant de rendez-vous avec les pays riverains de la mer Rouge et de l’océan Indien : White Shark avec les Saoudiens, Varuna avec l’Inde et Big Fox avec les Émirats arabes unis. Le groupe aéronaval améliore aussi son interopérabilité avec les forces alliées qui opèrent dans cette région.

Ces déploiements continuent de démontrer la capacité française de projection de puissance et poursuivent dans la durée l’engagement français contre le terrorisme en Afghanistan et en mer. Avec plusieurs milliers d’heures de missions aériennes à leur actif (reconnaissance, soutien aérien rapproché, délivrance d’armement), les avions du groupe aérien embarqué renforcent de façon significative les capacités militaires alliées en Afghanistan au profit de l’opération Enduring Freedom (OEF) et de la Force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS).

 

Harmattan : 2 380 catapultages et 3 600 heures de vol

À peine revenu d’un déploiement de quatre mois et demi (Agapanthe 10), le Charles de Gaulle et son GAé repartent en opérations, au large de la Libye cette fois-ci. En application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’opération Harmattan s’est appuyée sur le large spectre d’emploi du GAN, afin de protéger les populations libyennes. Des frappes au sol ont été menées par les avions du Charles de Gaulle, mais également au moyen de l’artillerie des bâtiments engagés dans l’opération. Protection des populations contre l’opposition, application d’une zone d’exclusion aérienne, respect de l’embargo décidé par la communauté internationale... au total, le Charles de Gaulle et le GAN ont parcouru près de 80 000 km – soit l’équivalent de deux tours du monde – avec 2 380 catapultages effectués et 3 600 heures de vol cumulées sur le théâtre en 146 jours de déploiement. Endurance, polyvalence d’emploi, souplesse et puissance de feu ont conforté le GAN comme un outil essentiel permettant à la France de mener une opération multinationale d’envergure.

Une remise à neuf de la coque au pont

Planifiée depuis la mise en service du porte-avions en 2001, l’indisponibilité périodique pour entretien et réparation (IPER) du Charles de Gaulle est placée sous maîtrise d’œuvre de DCNS et sous maîtrise d’ouvrage du service de soutien de la flotte (SSF). L’IPER qui a duré 15 mois entre l’été 2007 et la fin 2008 avait en particulier pour but de redonner du potentiel aux installations et de moderniser les capacités de combat du porte-avions (dont les transmissions avec Syracuse 3). Elle a mobilisé 1 000 hommes d’équipage et 600 personnes de l’industriel DCNS et de ses sous-traitants. Ainsi, 2 millions d’heures de travail ont été réalisées.

 

Le bilan Harmattan

• 138 jours de mer (soit 4,5 mois en mer avec une période de 63 jours de navigation ininterrompue) ;

• 40 000 nautiques parcourus (près de 80 000 km, soit près de deux tours du monde) ;

• 120 jours d’activité aéronautique ;

• 1 350 sorties ;

• 2 380 catapultages et appontages ;

• 3 600 heures de vols au total sur le théâtre.

 

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 
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