COMMANDO KIEFFER Une affaire de spécialistes

Publié le 21 Mai 2014 à 14:28

© Marine nationale

Créé en 2008, le commando Kieffer s’est d’ores et déjà illustré sur différents théâtres d’opérations : en Afghanistan ou plus récemment au Mali, dans des opérations de lutte contre la piraterie ou la libération d’otages en océan Indien. Ce sixième commando se distingue avant tout par la maîtrise et l'emploi des nouvelles technologies aussi bien pour soutenir les autres forces que pour faire face à de nouvelles menaces. Informatique, guerre électronique, mise en œuvre de drones, cynotechnie, intervention en milieux contaminés... le commando Kieffer s’appuie sur des spécialistes comme des cynotechniciens, des experts des drones, de la guerre électronique, du déminage ou du combat en environnement NRBC (nucléaire, radiologique, bactériologique et chimique). Quatre spécialistes de Kieffer témoignent.

TÉLÉCOMMUNICATIONS « Permettre la continuité des opérations entre la mer et la terre »

« Quel que soit le théâtre d’opérations, les « SIC1 » de Kieffer sont en quelque sorte le maillon qui permet la continuité des opérations entre la mer et la terre. Sans liaison, l’état-major opèrerait « dans le noir » : il ne pourrait ni ordonner le déclenchement des opérations ni les suivre. Notre travail permet ensuite à toutes les forces engagées – qu’il s’agisse d’avions, d’hélicoptères, des moyens amphibie, des zodiacs, d’un sous-marin ou de l’appui feu - de se coordonner parfaitement pour mener à bien les opérations.

Une autre de nos missions est l’établissement d’une structure SIC pour un Groupement de forces spéciales (GFS). Dans ce but, nous mettons en œuvre des moyens satellitaires, des réseaux spécifiques et un réseau de commandement et tactique.

L’exercice SKREO2 est particulièrement illustratif à ce titre. Il s’agissait d’être capable de projeter un commandement tactique du TCD Siroco en mer vers la terre. Pour percer le dispositif ennemi au meilleur endroit et au meilleur moment, une force amphibie doit optimiser ses atouts, sa furtivité, sa mobilité, son endurance et sa puissance de feu, en étroite synergie avec les moyens terrestres à débarquer. L’effet de surprise est capital. Il dépend en grande partie de l’action des forces avancées, insérées en avance de la force amphibie pour effectuer une reconnaissance. Bilan de l’opération : une plage reconnue en vue du débarquement de la force amphibie, un chef insurgé pisté discrètement depuis le début de l’opération par les capteurs de la marine et de l’armée de l’air, et finalement capturé sur sa vedette par un assaut de vive force, un camp de miliciens détruit par un raid motorisé et des embarcations hostiles neutralisées par nageurs de combat. Et « cerise sur le gâteau », un GFS profondément inséré au cœur du dispositif ennemi en mesure d’appuyer la force amphibie pour la conquête de ses objectifs ».  

LV B. dit « Charly » chef du service SIC

1 Système d’information et de communication

2 Exercice amphibie majeur qui s’est déroulé début octobre 2013 au large des côtes sud de Bretagne. Il a mobilisé plusieurs composantes de la Marine nationale. Exercice centré sur les opérations des forces avancées, les opérations de lutte contre les mines et le commandement d’un groupement de forces spéciales à terre.

DRONES « Naviguer sur l’avant en matière de technologie »
« Il y a un panachage important des compétences à Kieffer. L’usage des drones est relativement récent. Nous nous sommes formés au système de drone d’abord chez les industriels avant d’effectuer les premiers essais en vol et d’en évaluer les premiers retours d’expérience. C’était l’occasion de définir le cadre d’emploi de ce type d’appareil ainsi que son intégration dans la chaîne opérationnelle. Opérations obligent, nous avons été très rapidement déployés. Dans un premier temps avec un drone de classe micro – envergure de 70 centimètres , poids de 500 grammes et voilure fixe – dévolu à la surveillance maritime. Dans un second temps, nous avons pu intégrer le drone dans des opérations plus spécifiques aux commandos. Autant de vols qui nous ont permis de mieux évaluer le système et notamment de définir les responsabilités du pilotage. Car, sur un théâtre, le drone n’est évidemment pas le seul à voler ! Le domaine Drone est ainsi devenu une affaire de spécialistes, mais nous partageons notre savoir-faire avec les autres commandos pour optimiser notre présence dans les opérations. Le commando Kieffer exige de naviguer sur l’avant en matière de technologie. En faire partie, c’est à mon sens donner le maximum et toujours.  

MUNITIONS ET EXPLOSIFS « Quand on dit c’est clair, cela doit l’être réellement »
« Colis piégés, engins explosifs improvisés (EEI ou encore improvised engine device - IED), caches d’armes, munitions artisanales et même missiles le type de menace varie d’un théâtre à l’autre. Lors de patrouilles ou d’assauts, on doit garder la tête froide et rester en éveil permanent. Je dois réussir à me mettre à la place de l’ennemi, connaître ses compétences et les moyens dont il dispose. À ce titre, le travail de renseignement est essentiel. Il permet de connaître les menaces, de prendre un maximum d’informations, d’étudier et parfois de « refabriquer » les engins improvisés de l’ennemi et surtout, de partager ces connaissances avec l’équipe. Bien connaître l’adversaire, c’est s’éviter la paranoïa. On a une responsabilité vis-à-vis de l’ensemble de l’équipe. Une fois une zone investiguée, quand on dit « c’est clair ! », cela doit l’être réellement. Contrairement aux forces conventionnelles qui peuvent intervenir avec des moyens lourds comme des robots, les forces spéciales doivent rester extrêmement légères et mobiles. Nous échangeons aussi régulièrement avec les autres groupes de forces spéciales sur leurs retours d’expérience. Cela nous permet d’éviter de nous enfermer sur nous-mêmes. A la base, j’étais plongeur démineur, j’apporte donc aussi cette plus-value au commando Kieffer. Ce qui me plait le plus, c’est d’être sur le terrain et de « travailler les munitions ». Toutes les opérations sont différentes, il n’y a pas de routine, il faut toujours se remettre en question et c’est un nouveau défi à chaque fois ». Maître G. dit « Greg », expert munitions et explosifs.

CYNOTECHNIE « Le courage, la capacité d’adaptation et l’esprit d’initiative »
« Les chiens du commando Kieffer sont des Bergers malinois issus d’une sélection extrêmement rigoureuse. Il s’agit de l’aboutissement de l’emploi de cet animal dans la Marine. En plus de ses capacités dans le domaine de la protection, on lui demande une stabilité extrême, une très grande capacité d’adaptation à des situations nouvelles et inconnues, du courage, la capacité d’adaptation et l’esprit d’initiative. De petit gabarit, tonique, athlétique, c’est un vrai petit commando. Chien sensible, il engrange rapidement les informations et sa fermeté de caractère lui permet d’intervenir dans différents milieux grâce à nos moyens de projection habituels : hélicoptère, avion, semi-rigide ou même saut en parachute. Il doit pouvoir suivre un groupe commando en toute transparence, sans gêner sa progression et en lui apportant une plus-value. Il peut s’agir de la détection ou de la poursuite d’un ennemi retranché, d’une diversion créant un flou permettant de prendre l’ascendant sur un adversaire, de la détection d’armes,d’explosifs, ou de stupéfiants. Après une formation d’un an, nous emmenons les chiens deux mois à Djibouti où l’on peaufine leurs connaissances dans un environnement plus opérationnel. Le caractère malléable et sociable des Bergers malinois leur permet d’obéir à différents maîtres au sein de la cellule. L’animal a très peu de sentiment, il vit au jour le jour. Une fois projeté sur un théâtre, on le sent concentré et extrêmement motivé. Comme pour chacun des commandos qui constituent la cellule, nous lui demandons d’être capable de restituer à tout moment les connaissances acquises dans un environnement inconnu et sous la menace ». PM M. expert en cynotechnie.

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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