La Simulation au profit de l’entraînement opérationnel

Publié le 13 Mars 2014 à 10:46

© Marine nationale

Lorsqu’un navire de guerre rentre à quai, les entraînements ne se terminent pas pour autant. Une fois libérés des tâches indispensables d’entretien et de préparation de leur unité, les marins sont « invités », « dès que l’occasion se présente », c’est-à-dire une à cinq fois par semaine suivant la spécialité et les impératifs du moment à bord, à se rendre dans le centre d’entrainement. Il en existe un à Brest et un à Toulon. Suivant les directives du commandement, il s’agit, pour chacun, de combiner l’entretien courant du matériel et la préparation opérationnelle avec le maintien des capacités opérationnelles collectives. Ce n’est pas toujours facile de tout synchroniser. Mais les marins sont fidèles au rendez-vous.

En plein cœur du simulateur ESPADON, à Brest, on entraîne au moins une fois par semaine une bordée de marins. Le simulateur permet de reconstituer le fonctionnement d’un central opérations (CO) de bâtiment de surface. Il s’agit d’entraîner les marins au travail en équipe et à la mise en œuvre des procédures apprises en école. L’aisance acquise par les opérateurs sur simulateurs les rendra plus efficaces à la mer et notamment face à l’imprévu d’une opération réelle.

Concrètement, un CO se compose d’une dizaine d’ordinateurs représentant l’interface homme-machine de différents types de consoles. En tout, ESPADON, à Brest, compte trois CO et une salle de contrôle. Pour faire fonctionner l’ensemble, des entraîneurs de la force d’action navale (FAN) animent la séance. Ils sont présents pour aider et in fine évaluer les marins. Depuis la salle de contrôle, ils simulent des conversations avec un pilote d’aéronef, une unité à terre et même un sous-marin en immersion périscopique (c’est-à-dire en immersion peu profonde)… des réservistes et des spécialistes du domaine de lutte sont également présents lors de la séance.

Pour le lieutenant de vaisseau Bertrand de Parscau, officier entraîneur en lutte anti-sous-marine au Centre d’entraînement de Brest (CEAB), les marins sont très vite à l’aise avec les simulateurs : « Depuis tout petits, ils connaissent la simulation, ils sont habitués à cette mise en scène. » Le but rappelle-t-il : « Recadrer les pratiques individuelles pour une meilleure performance de l’équipe. Dès lors qu’un marin n’est pas concentré, cela se ressent dans la conduite du thème joué par son équipe. Les marins sont conscients de cet enjeu et donnent tout lors des séances d’entraînements. »

De très nombreux simulateurs

Les simulateurs sont parfois assez basiques. Rien de tel que simuler une avarie sur une tourelle 100 millimètres pour les électroniciens d’armes ou de répéter les gestes les plus élémentaires pour les électrotechniciens.

Le CESART permet de reconstituer fictivement la chaîne de commandement de la mise en œuvre de l’artillerie des bâtiments. On y éprouve l’organisation et son efficacité lors d’attaques asymétriques comme des vedettes-suicides et des avions. Les situations ne sont pas forcément les plus réalistes, mais elles permettent de vérifier comment les marins utilisent les armes et s’ils le font dans les meilleures conditions de sécurité et de réactivité.

 Drôle de balade

Dans la base navale de Brest, parfois un camion semble rouler un peu au hasard. Le SIMORAD (SIMulateur de Menaces Opérationnelles RADar) installé à l’intérieur envoie des signaux électromagnétiques simulant des radars. Les navires à quai en entraînement doivent être capables de repérer ces signaux puis de les analyser. Les marins s’entraînent à bord, dans leur environnement de travail, à fournir une information essentielle permettant d’identifier l’écho anonyme que fournit le radar, on appelle cela la « guerre électronique ».

Pendant de la guerre électronique, la guerre acoustique en lutte anti-sous-marine nécessite une grande préparation des marins. Sont concernés les opérateurs de guerre acoustique que l’on retrouve sur Fremm et FASM. Ils disposent d’un simulateur pour s’entraîner à classifier le bruit généré par un sous-marin ou un navire de surface. Un autre simulateur, le SILASM (Simulateur ASM), permet d’entraîner les équipes à localiser et pister un sous-marin en utilisant uniquement la perception du bruit qu’il rayonne.

Des simulateurs sont complètement individuels, comme le SIMBAD (SIMulateur Bi Munition d’AutoDéfense). Il s’agit du missile d’auto défense homonyme. Les deux missiles encadrent l’opérateur qui doit apprendre à viser et à tirer. Il s’agit du simulateur qui entraine à la mise en œuvre d’un système d’arme homonyme que l’on retrouve sur les avisos, les pétroliers-ravitailleurs ou encore les BPC.

Dans le domaine de la maintenance, certaines visites sur les machines sont espacées et il arrive que lors d’une affectation à bord, un marin n’ait pas eu l’occasion de la réaliser. La diversité des simulateurs permet donc aux marins de se préparer à toutes les situations possibles.

 

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Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

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