Nimègue, une aventure humaine et sportive hors du commun, inoubliable !

Publié le 2 Août 2019 à 16:39

© Marine nationale

Le dimanche 14 juillet 2019, jour de la fête nationale, une semaine à peine après le retour de la mission Clemenceau 2019, une délégation de marins du porte-avions Charles de Gaulle est partie représenter fièrement son unité et plus largement la Marine nationale et la France en se confrontant à la terrible marche internationale de quatre jours de Nimègue (Pays-Bas).

Cette épreuve considérée comme la marche civilo-militaire la plus dure du monde consiste à réaliser en équipe, pendant 4 jours consécutifs, 42 km par jour en tenue militaire (treillis, rangers) avec un sac de 10 kg sur le dos en mémoire des défunts de l’opération « Market Garden » de 1944. Cette manifestation accueille chaque année 50 000 participants issus de plus de 70 nationalités différentes, dont 5000 militaires avec seulement une trentaine de places pour la Marine nationale. « C’est une chance pour nous de pouvoir relever le défi avec une équipe constituée de 15 marcheurs et d’un ravitailleur qui aura été d’un grand et précieux soutien pour l’ensemble de la délégation française durant les 4 jours.» précise un marin de la délégation du porte-avions.

Le mardi 16 juillet, après une nuit assez courte due aux préparatifs de la marche, au stress ainsi qu’à un réveil plutôt matinal (3h30), ils débutent leur première journée. Le rythme est bon (5,2 km/h) ; en théorie, il est censé leur permettre d’optimiser le ratio économie/efficacité, bref d’être efficients. Ils apprendront par la suite que la théorie ne fait pas toujours bon ménage avec la pratique ! Malgré l’apparition des premières ampoules et de quelques douleurs articulaires et tendineuses, la première journée se boucle avec un sentiment de satisfaction mais une envie déjà importante de se reposer… pour mieux recommencer !
Le lendemain au réveil, rien n’a disparu, ni la fatigue, ni les douleurs ni les ampoules ni leur motivation. Les straps seront nécessaires pour limiter les frottements. Cette deuxième journée débute difficilement, le rythme diminue mais le groupe avance ensemble, comme un équipage, et c’est le plus important. Les pauses se font attendre, elles sont de plus en plus sollicitées mais elles ne peuvent s’éterniser car la barrière horaire les guette. A la moitié de la journée, les grimaces s’accentuent. Au kilomètre 25, ils perdent leur premier camarade contraint d’abandonner et le moral de l’équipe en prend un coup. Les kilomètres semblent plus longs que la veille mais ils arrivent au camp dans les temps. L’équipe est lessivée, la moitié du groupe part consulter à l’infirmerie pour des soins conséquents. L’inquiétude est présente, ils savent qu’ils n’ont parcouru que la moitié du trajet et qu’il faudra effectuer la seconde partie avec les douleurs accumulées depuis le premier jour.
C’est le troisième jour ! Tout le monde est apte à continuer malgré des douleurs omniprésentes et cela renforce le moral du groupe. Leur objectif est clair, terminer tous ensemble coûte que coûte, au rythme du moins rapide en le poussant au maximum. Mais en Hollande, tout est plat, les lignes droites sont interminables et elles s’enchainent inlassablement. Le moral fluctue, chacun a sa période de « moins bien », mais le mental ne lâchera jamais ! Au rythme des applaudissements, de l’ambiance si particulière et chaleureuse de Nimègue, l’équipe du Charles de Gaulle est présente, elle continue d’avancer et elle termine brillamment sa troisième journée. Le plus dur semble être fait, personne n’abandonnera le dernier jour, cela semble inconcevable après ce qu’ils ont déjà réalisé.
Le dernier jour n’en est pas simple pour autant. A Nimègue, rien n’est jamais terminé, rien n’est jamais acquis, on en apprend sur soi-même, sur les autres et sur son propre corps à chaque instant. Quel sentiment étrange et indescriptible d’être confronté sans cesse et parallèlement à deux sentiments bien distincts. D’une part cette envie irrépressible d’arrêter car les douleurs et la fatigue sont si fortes, et d’autre part cette volonté infaillible d’aller jusqu’au bout, de ne pas renoncer et ce quel qu’en soit le prix à payer. L’équipe avale les derniers kilomètres et triomphe de cette redoutable épreuve avec en prime la médaille sportive la plus prestigieuse, celle qui se mérite, qu’il faut aller chercher avec ses tripes et qui est respectée par tous ceux ayant osé s’aventurer sur les routes hollandaises. L’équipe obtient également « la médaille d’équipe » et peut garder la tête haute.

Pour le  Maître Sébastien, moniteur-chef du bureau sport du porte-avions « Humainement et physiquement, cette marche est tout simplement incroyable. Elle fait appel à l’esprit d’équipe, à la résistance physique et mentale et elle permet de se dépasser pour soi mais aussi et surtout pour la réussite du groupe. Ces valeurs sont en parfaite adéquation avec l’institution. »  De plus, quelle richesse de pouvoir échanger et partager avec toutes les armées européennes ainsi qu’avec le Canada et les Etats-Unis. Chacun dépasse ses limites afin de porter haut les couleurs de son drapeau… ou de son pavillon pour représenter avec fierté sa nation.
Le chemin du retour est encore long, ils ont une douzaine d’heures de trajet. Maintenant place à une journée de repos bien méritée avant de reprendre leurs activités à bord dès lundi pour la plupart d’entre eux. La récupération physique est loin d’être finie, on ne s’en remet pas aussi facilement de la marche surnommée aux Pays-Bas « The Walk Of The World ».

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