L’Aéronautique maritime dans la Grande Guerre

Publié le 18 Juillet 2019 à 16:26

© Marine nationale

Les premiers avions sur les mers

 

Dans un ouvrage quasi exhaustif, les auteurs présentent les débuts de l’aéronautique maritime. Fruit d’un travail de plusieurs années, ce livre est une mine d’informations pour tous les amoureux de l’histoire de l’aviation en mer. Entretien croisé avec l’amiral Xavier Païtard, directeur de publication, Robert Feuilloy et Lucien Morareau, auteurs.

 

Cols bleus : Quel est le sens de ce recueil et que faut-il en retenir ?

Robert Feuilloy et Lucien Morareau : L’aéronautique maritime a connu un essor considérable entre 1914 et 1918. Ne comptant que 26 pilotes et 14 hydravions en 1914, elle représente à la fin de la Grande Guerre un dixième des effectifs de la Marine avec 11 000 hommes, 750 pilotes et 1 200 volants, 700 hydravions, 37 dirigeables et plus de 200 ballons captifs. Entre-temps, en complément de ses missions d’éclairage des escadres et de patrouille en mer, elle a engagé, dès 1914, une partie de ses forces au sein des escadrilles de l’aéronautique militaire, puis s’est lancée en 1916 dans la lutte contre les sous- marins allemands. Elle aura reçu plus de 3 000 avions pendant les années de guerre et formé 1 500 pilotes et observateurs; 195 d’entre eux sont morts en service aérien commandé.

 

C. B. : Quel était l’état d’esprit de ces pionniers de l’Aéronautique navale ?

R. F. et L. M. : Ces pionniers étaient avant tout des marins. Les officiers d’active ou de réserve représentaient un tiers du personnel volant. Les officiers mariniers, quartiers- maîtres et matelots (on pouvait être matelot pilote), étaient proches de leurs officiers, affrontant les mêmes dangers dans les habitacles d’hydravions ou de ballons. Les pannes de moteur étaient fréquentes. Un équipage a ainsi survécu en 1918, à une dérive de plus de dix jours. La solidarité des gens de mer, entre hydravions et bâtiments, s’exerçait tout naturellement et les actes de courage ont été nombreux.

 

C. B. : Quels enseignements tirer de cette période, aussi bien sur le plan technique qu’humain ?

Amiral Xavier Païtard : La Grande Guerre a vu l’appropriation par la Marine d’une dimension aérienne de la guerre sur mer. Surtout à partir de 1917, où la priorité était la chasse aux sous-marins qui menaçaient l’effort de guerre en tentant de rompre nos voies d’approvisionnement. Les grands domaines d’activité de l’aviation maritime pendant ces six années de guerre ont ainsi préfiguré une force d’aviation maritime. Les hydravions de patrouille et de haute mer, l’aviation d’escadre, les appareils-écoles et l’aérostation ont ainsi évolué à force de progrès techniques et d’innovations vers les composantes actuelles de notre Aéronautique navale. Ce sont des marins du ciel passionnés qui ont démontré l’importance de la troisième dimension et convaincu notre Marine, au prix de nombreuses vies, qu’elle était désormais aéronavale.

 

L’Aéronautique maritime dans la Grande Guerre,

Robert Feuilloy et Lucien Morareau,

Éditions de l’Ardhan, 400 pages, 29 €.

Vos réactions: 
Moyenne: 4.3 (4 votes)
Envoyer