MT STÉPHANE - Tireur d’élite au Commando de Penfentenyo

Publié le 11 Juin 2019 à 14:49

© ESNO/MN

Après ses études, le MT Stéphane travaille comme ouvrier de maintenance. Il se rend rapidement compte que cela ne lui correspond pas et il ne tarde pas à pousser la porte d’un centre d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa). Il a toujours été attiré par les armées, mais ne s’estimait, jusque-là, pas assez mûr.

Il découvre alors les commandos Marine et on lui propose de devenir fusilier marin. Il accepte aussitôt et rejoint deux mois après l’École des « Fus ». Après son CAT, il entame le stage commando. Il figure alors parmi une centaine de postulants, rassemblés pour les sélections. Grâce à sa volonté, mais surtout à l’esprit d’équipage qui règne au sein du groupe, il obtiendra, avec onze de ses camarades, le mythique béret vert. Il rallie ensuite le commando Jaubert où il approfondit ses connaissances. Au programme : assaut mer, escalade, investigation, combat commando, etc. Il met à profit son caractère et sa personnalité et devient caporal adjoint. Son rôle est alors d’assurer par le compagnonnage : la formation, l’adhésion et l’intégration des jeunes embarqués, mais aussi de faire le lien entre les jeunes commandos et les plus anciens. Après cinq années, il a l’opportunité de se spécialiser comme tireur haute précision (THP). Le THP a un rôle essentiel dans le domaine du renseignement et procure aussi un appui feu indispensable à ses camarades lors d’un assaut. C’est l’autonomie et la diversité des missions inhérentes à cette spécialité qui l’ont amené à choisir cette voie. Ainsi, dernièrement, lors de l’interpellation d’un go-fast, il lui a fallu faire un choix. L’ordre de neutraliser le moteur de l’embarcation lui avait été donné, mais la mer était mauvaise et le trafiquant le plus proche à 60 cm de l’objectif. Il a alors demandé au pilote de l’hélicoptère d’effectuer un second passage, pour mieux ajuster son tir. S’il n’avait pas eu la certitude d’être « sûr de son objectif et de son environnement », il aurait renoncé à faire feu. « Être THP, c’est aussi avoir l’humilité de reconnaître qu’un tir n’est pas à sa portée », précise-t-il. À l’été, le MT Stéphane deviendra le chef de groupe de l’ESNO du Commando de Penfentenyo. Il est heureux d’avoir été choisi et a hâte d’occuper ses nouvelles fonctions.

 

Son parcours

2003 : Entrée dans la Marine et obtention du certificat d’aptitude technique (CAT) de fusilier marin.

2004 : Réussite au stage commando, puis affectation comme opérateur au commando Jaubert.

2005/2006 : Missions de police des pêches en océan Indien à bord de la frégate de surveillance (FS) Nivôse.

2008 : Obtention du certificat de tireur d’élite.

2011 : Mission au Liban.

2012 : Affecté à l’équipe spéciale de neutralisation et d’observation (ESNO) du Commando de Penfentenyo. Déploiements au Sahel et au Levant.

2015 : Obtention du brevet supérieur de fusilier marin, du certificat de chef de groupe commando et retour au Commando de Penfentenyo.

2016/2017 : Déploiements au Sahel et au Levant.

2018/2019 : Mission de lutte contre les narcotrafics en Atlantique sur la FS Germinal.

 

Focus

Le Commando de Penfentenyo

Le Commando de Penfentenyo est l’une des sept unités des forces spéciales de la marine. Créé en décembre 1947, il porte le nom de l’enseigne de vaisseau Alain de Penfentenyo de Kervéréguen, mort au combat le 12 février 1946 en Indochine. Le commando s’inscrit à la fois dans une forte tradition combattante et défend son ancrage breton. L’unité, forte de 80 militaires et actuellement basée à Lorient, dispose de capacités communes aux autres commandos de combat : renseignement, actions d’environnement et maîtrise de tous les modes d’infiltration terrestres, nautiques et aéronautiques, combat commando. Elle est dotée, en outre, de capacités spécifiques, notamment la mise en œuvre des équipes spéciales de neutralisation et d’observation (ESNO). L’unité est engagée dans les actions de contre-terrorisme et de libération d’otages (CTLO). En tant qu’unité des forces spéciales, elle est amenée à intervenir dans n’importe quel environnement (terre, air, mer).

 

Extrait du Cols Bleus N°3079- Juin 2019 - 6 Juin 1944 - Les marins du Débarquement

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