Les COM dans la chaîne de commandement - Organisation

Publié le 10 Avril 2018 à 15:10

© OLIVIER NICOLAS/MN - Février 2018. Briefing au centre opérationnel de la Marine à Cherbourg.

Les contrôleurs opérationnels (OPCON) agissent par délégation du commandant opérationnel du chef d’état-major des armées (CEMA), qui définit la mission et les moyens associés. Ils dirigent les unités qui leur sont allouées dans une zone géographique donnée en vue de l’accomplissement de la mission. Les commandants de théâtre (Atlantique, Méditerranée, Manche-mer du Nord) exercent le contrôle opérationnel des moyens présents sur leur théâtre. En métropole, ils sont également commandants de zone maritime. Outre-mer, le commandant de théâtre, s’il n’est pas officier de marine, s’appuie sur un commandant de zone maritime pour le conseiller dans l’emploi des moyens aéronavals.

 

Le commandement opérationnel

Placé sous le commandement du CEMA, le Centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) est au cœur du processus de gestion des crises en amont (veille stratégique, planification) et en aval (conduite). Centre nerveux de la chaîne de commandement opérationnel, il regroupe les capacités de planification et de conduite des opérations au niveau stratégique. Situé au ministère des Armées à Balard, il est armé par quelque 200 militaires, dont 59 marins, ainsi que des officiers de liaison des principaux pays alliés. 

Pour les opérations maritimes, le CPCO s’appuie sur l’expertise de l’état-major des opérations de la Marine (EMO-M) qui dispose d’un centre opérationnel (COM). Cette structure resserrée assure le suivi des opérations au profit du chef d’état-major de la Marine (CEMM), pour lui permettre de conseiller le chef d’état-major des armées (CEMA) dans l’emploi des moyens de la Marine et la conduite des opérations aéronavales.

 

Le contrôle opérationnel   

Les COM sont les bras armés des contrôleurs opérationnels. Ils assurent 24 h/24 le contrôle des bâtiments, aéronefs et marins déployés dans leur zone de responsabilité. Depuis le COM, le contrôleur opérationnel planifie et organise les opérations pour répondre aux missions qui lui sont confiées. Si nécessaire, il peut effectuer des arbitrages pour assurer une répartition adaptée des moyens sur son théâtre. Enfin, il entretient une connaissance détaillée de son théâtre de responsabilité pour être en mesure d’y opérer rapidement et efficacement en utilisant au mieux ses spécificités. Cela exige une connaissance fine de l’environnement, mais aussi et surtout des activités étrangères qui s’y déroulent. Ce recueil d’informations, une fois qu’elles sont synthétisées, contribue à la planification stratégique du CPCO.

Habituellement chaque COM est constitué de cinq bureaux : N ou J2 (renseignement), N ou J3 (conduite des opérations), N ou J4 (logistique), N ou J5 (planification) et N ou J6 (systèmes d’information et de commandement). L’EMO-M est quant à lui composé de 8 cellules (N7 Retex et N8 Budget et finances). Le dialogue est permanent entre les bureaux du COM et les bâtiments.

Le contrôle opérationnel des forces sous-marines s’appuie sur un centre opérationnel dédié, dont les fonctions sont schématisées dans l’infographie ci-dessous.

En outre-mer   

Outre-mer, les états-majors interarmées disposent d’un centre opérations interarmées (COM IA) qui traite également les opérations aéromaritimes. Une cellule mer, armée par des marins, assure la planification et le suivi des opérations des unités de la Marine.

 

le commandement pour les opérations interarmées   

Pour le volet opératif interarmées, le commandement pour les opérations interarmées (CPOIA) apporte un complément indispensable au CPCO, assurant l’interface entre le niveau stratégique et les armées. Son rôle est multiple : organiser la préparation interarmées à l’engagement opérationnel de niveau opératif (formation, séminaires, exercices), être en mesure d’exercer le commandement de niveau opératif sur un théâtre d’opérations (projeter un état-major opératif) et, enfin, renforcer l’expertise de planification interarmées au profit du CPCO (planification chaude ou froide, comme l’anticipation d’une opération d’évacuation de ressortissants).

Le CPOIA est ainsi le référent opératif national, chargé d’entretenir la capacité à commander des forces interarmées en opérations dans un cadre national ou multinational. Le commandement de niveau opératif représente le plus haut niveau du commandement militaire sur un théâtre d’opérations.

Organisme dédié à l’appui aux opérations interarmées, le CPOIA compte 148 militaires, dont 26 marins.  

Témoignage

CV Pierre, chef du bureau conduite des opérations (J3) au CPCO

« Le CPCO, c’est l’unité naturelle des armées autour de la recherche du succès en opérations. La présence, au sein de chaque cellule, de l’expertise de tous les milieux enrichit la réflexion collective au bénéfice du travail de chaque traitant, quelle que soit sa couleur d’uniforme. Cette omniprésence fait la force du CPCO. Chef du « J3 » et adjoint conduite du CPCO, je propose, valide, complète, amende toutes les directives que l’OPCOM adresse aux OPCON de forces en opérations, avant de les soumettre au chef conduite et chef du CPCO. Je m’assure en particulier qu’elles sont conformes aux directives du niveau politique, ainsi qu’aux concepts d’opérations spécifiques ou régionaux élaborés par la chaîne « Plans » du CPCO. Comme à bord d’un bâtiment, nous avons tous des tâches « organiques » en plus de nos fonctions opérationnelles. Je suis, à ce titre, adjoint fonctionnement du CPCO, chargé de superviser ses conditions de vie et de travail au quotidien,
ainsi que son organisation. Au CPCO, cela exige de se mettre très rapidement à niveau pour imaginer, formuler, proposer, ordonner des effets interarmées. Il est nécessaire de fournir un effort de compréhension des autres cultures d’armées et de milieux, dont on sort profondément enrichi et éclairé. »

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