Premier stage d’entraînement pour la base navale Mayotte

Publié le 12 Janvier 2017 à 11:42

© Marine nationale

    Mi-décembre, sous la direction d’une équipe de quatre entraîneurs spécialistes protection-défense, navigation, manœuvre et sécurité nautique, l’équipage de la base navale Mayotte a enchainé les exercices dans différents domaines d’activités.
Prévus pour les navires de surface, les stages de mise en condition opérationnelle (MECO) sont conduits par la division entraînement (DIVENT) d’ALFAN (amiral commandant la force d’action navale), autorité à laquelle sont rattachées les 8 bases navales outre-mer et à l’étranger de la Marine nationale.

Ces entraînements visent à évaluer les unités dans l’application de la doctrine et le respect des procédures tout en progressant dans la conduite des missions. En raison de la nature spécifique des missions conduites par la base navale Mayotte et la vedette côtière de surveillance maritime (VCSM) Odet, et notamment la lutte contre l’immigration clandestine par voie maritime, ce stage s’imposait, pour la première fois, à une base navale.

Des scénarios réalistes

La recherche de réalisme dans les scénarios d’exercices est l’une des exigences de l’entrainement. La météo favorable aux passages des kwassas (canot de pêche à fond plat, motorisé et rapide, souvent utilisé dans cette zone pour le passage de clandestins) entre Anjouan et Mayotte a participé à ce réalisme. Ainsi, le PC de la base (PC Action de l’État en mer) a pu établir une situation tactique complète autour de l’archipel de Mayotte et, sur la période du stage, classer 26 pistes suspectes et déclencher autant d’appareillages sur alerte pour identification / interception.

Les marins du P700 Vétiver, accompagnés des entraineurs, ont conduit 8 de ces 26 sorties sur alerte(1), interceptés 4 kwassas et mis en sécurité 141 migrants. Les entraineurs ont pu ainsi évaluer les procédures en place et le respect des règles opérationnelles d’engagement prescrites. Ces interceptions ont aussi permis d’établir un scénario crédible, restitué lors d’un exercice de synthèse, pour confronter les équipages à un maximum de cas non conformes envisageables : présence de blessés, d’animaux, hommes à la mer, refus d’obtempérer, feu moteur, avarie de propulsion …

Les concours apportés par le Détachement de Légion étrangère de Mayotte (DLEM), et par le 2e RFI (Régiment des forces d’intervention) de Madagascar ont participé au réalisme dans les phases amphibies. Ainsi, les séquences reconnaissance de plage et de plageage ont permis de mécaniser l’embarquement de véhicules, de personnels du DLEM et du 2e RFI puis leur projection par voie maritime.

Augmentant jour après jour le niveau des exercices, ce stage a ainsi permis à l’équipage de se préparer à faire face à des situations complexes, de répondre de manière adaptée aux évènements susceptibles d’être rencontrés et d’améliorer l’efficacité de la base navale Mayotte dans la conduite des missions variées qui lui sont confiées.

(1)Les autres alertes sont assurées tour à tour par la police aux frontières, la gendarmerie départementale, la douane et la Gendarmerie maritime

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Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale

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