FREMM et GTR - Le duo gagnant

Publié le 9 Janvier 2017 à 16:43

L’objectif des GTR ? Former des marins employables, dès leur embarquement, sur des nouvelles unités, et capables de mettre en œuvre les technologies les plus modernes. © F. Ledoux / Marine nationale

L’avènement des frégates à équipage optimisé a conduit celle-ci à créer un nouveau système RH sur lequel les frégates multimissions (FREMM) viennent s’adosser : les groupes de transformation et renfort de Brest et Toulon (GTR/B et GTR/T). Ces structures de pré-embarquement ont pour mission d’assurer la nécessaire transformation des marins devant être affectés à bord de ces unités, de soutenir et de renforcer les équipages, que les unités soient à la mer ou à quai.
Pour chaque GTR, le parcours de transformation est le même. D’une durée moyenne de douze mois, il se déroule en trois étapes. Une série de stages d’adaptation à l’emploi délivrés soit en école soit sous licence au sein des GTR permet d’obtenir les mentions ou certificats indispensables à l’emploi sur FREMM. Un accompagnement personnalisé, encadré par les tuteurs des GTR, permet ensuite à chaque marin d’acquérir une connaissance « intime » de son matériel et de ses fonctions. Après des périodes en double à bord des FREMM, le personnel est « lâché », ce qui valide l’employabilité des marins du GTR sur FREMM. Les GTR agissent donc comme un véritable sas entre la sortie d’école et l’affectation à bord de la FREMM que la plupart des marins des GTR rejoignent au bout d’un an.
Le directeur du GTR Toulon, le capitaine de vaisseau Philippe, le confirme : « Actuellement, alors que le Languedoc poursuit son déploiement de longue durée et que l’Auvergne entame ses premiers essais à la mer, les marins affectés au GTR/T se concentrent sur leur parcours de transformation. Leur objectif est d’être prêt à assurer le service à bord du Languedoc dès son retour de mer et soulager ainsi l’équipage. Dans quelques semaines, leur activité changera de physionomie et la plupart d’entre eux se consacrera au renfort de l’équipage du Languedoc durant son arrêt technique. ». C’est justement le cas à Brest : « Nous vivons au GTR/B une période de soutien et de renfort particulièrement exigeante puisque la Provence est en cycle opérationnel et renforcée d’une dizaine de marins du GTR et l’Aquitaine en arrêt technique, soutenue par une trentaine de marins du GTR » précise le capitaine de frégate Jean-Baptiste, directeur du GTR Brest. 
 
PLANIFICATIONS ET BONNES PRATIQUES
Cette proximité indispensable entre les FREMM et le GTR est entretenue au gré des mises pour emploi, missions et renforts, comme au cours des périodes de permissions gardiennage, permettant à l’équipage des FREMM de planifier et concentrer ses jours de permissions. « Les marins des GTR constituent un levier formidable identifier et partager les bonnes pratiques d’une FREMM à l’autre, complète le directeur du GTR Brest. A l’issue de chaque embarquement, le retour d’expérience permet de maintenir un fonctionnement homogène des FREMM dans un esprit d’amélioration permanent. » Après 4 ans d’expérience, le GTR Brest poursuit les travaux entrepris pour développer des outils de formation déportés (simulateurs, modules d’enseignements à distance, bibliothèque WIKIFREMM partagée). Le GTR Toulon, créé en 2015 peu avant la livraison du Languedoc, s’associe à  ce travail mais s’appuie également sur l’Ecole des systèmes, technologies et logistique navals (ESTLN) et  l'Ecole des systèmes de combat et opérations aéromaritimes (ESCO) du Pôle écoles Méditerranée (PEM). « Notre proximité favorise les synergies entre GTR et écoles et le partage du retour d’expérience FREMM entre tuteurs et instructeurs »  complète le directeur.
Les FREMM, qui bénéficient de personnels transformés et de renforts ponctuels, ont trouvé une organisation efficiente et rôdée avec les GTR. Le commandant de l’Aquitaine témoigne à ce titre : « En septembre dernier, l’Aquitaine a effectué une dernière sortie à la mer avant un arrêt technique de près de quatre mois. L’objectif était de « lâcher » aux postes clés les marins nouvellement embarqués après le rotary estival. Cet objectif a pu rapidement être atteint car les marins issus du GTR ne découvraient pas le bâtiment. De la même façon, ce personnel était connu de l’état-major qui a pu rapidement lui accorder sa confiance dans ses nouvelles responsabilités. Ce processus permet indéniablement de raccourcir les délais de montée en puissance des FREMM».
Plus qu’une complémentarité, c’est une synergie qui est recherchée. « Une véritable dynamique d’escouade est indispensable au bon fonctionnement du couple FREMM – GTR, affirme le capitaine de vaisseau Philippe. Aussi, les GTR doivent-ils consolider sans cesse leur niveau d’expertise FREMM pour disposer en permanence de marins compétents et motivés, aptes à embarquer avec un préavis très court. Il est essentiel pour nous d’entretenir l’esprit d’un équipage fier de servir l’escouade des FREMM. » Les devises des deux GTR donnent le ton : « tous unis » et « en toutes circonstances » : le début d’une longue lune de miel entre FREMM et GTR.
Les deux GTR mettent le pied de nos marins à l’étrier des FREMM, qui constitueront à l’échéance 2022 l’essentiel des frégates de premier rang en service dans la Marine. 
 

Témoignage

 
Analyser des risques et faire l’interface avec les industriels
PM Alexis D. – GTR Brest
 
« Après 12 ans embarqué sur porte-hélicoptères, aviso ou encore F70, j’ai souhaité découvrir autre chose et je suis depuis 3 ans au GTR de Brest. Lors des arrêts techniques (AT) des FREMM, le bureau prévention est mutualisé avec le GTR, comme le sont les postes de brevet de maîtrise (BM) dans la logistique ou la cyberdéfense. Point d’entrée pour la prévention, je passe donc d’un AT à un autre, étant finalement bien plus souvent à bord des FREMM qu’au sein de mon bureau au GTR. J’ai donc suivi trois AT en 8 mois avec mes adjoints, tout en étant au cœur de mon domaine de compétence. Au final, c’est une affectation motivante qui offre beaucoup d’autonomie au sein de l’escouade, et la reconnaissance qui va avec. »
 

 

« Se préparer à l’affectation sur FREMM est primordial »
SM Mathilde P. ex du GTR Toulon et affectée sur le Languedoc

 
« J’ai choisi la FREMM car j’étais attirée par ces  « bateaux d’avenir ». Au GTR j’ai pu approfondir et développer mes connaissances. On a un simulateur CMS (Combat Management System, système de direction de combat permettant la conduite des opérations à bord) qui nous permet de nous entraîner, de connaître les outils, les menus afin de ne pas être perdu en arrivant à bord. On fait également de l’écoute, afin de mieux distinguer les différents types de bâtiments en fonction de leur bruit, ce qui m’est utile dans mes fonctions au CO où je suis opérateur sonar classificateur. Je classifie les bruiteurs que les sonars détectent.
A bord du Languedoc, je suis dans le secteur MOLSM (Mise en œuvre de la lutte sous-marine). Je m’occupe des engins remorqués, torpilles et leurres anti-torpilles. Pour bien se préparer à l’affectation sur FREMM l’aide des tuteurs est très importante et complémentaire avec les séances de simulation et les embarquements fréquents à bord du navire. Au final, en arrivant sur FREMM, je fais la conjugaison de mes compétences de classificateur et de maîtrise des outils. »
 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
Vos réactions: 
Moyenne: 5 (4 votes)
Envoyer