2001-2005 - Baptême du feu

Publié le 4 Novembre 2016 à 10:28

© A.Manzano / Marine nationale

À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis entrent en guerre contre le terrorisme. Leur engagement prend notamment la forme d’une opération au long cours : Enduring Freedom – Afghanistan (OEF-A). Le Charles de Gaulle navigue quant à lui depuis son admission au service actif, annoncée le 18 mai 2001. Dès le mois de novembre 2001, une opération française de projection de puissance, à dominante maritime, est décidée.

HÉRACLÈS

Le 1er décembre 2001, le Charles de Gaulle est intégré à la mission Héraclès. D’entrée de jeu, la France se place en première ligne du combat contre le terrorisme. Le groupe aéronaval (GAN) passe alors sept mois en mer, durant lesquels il parcourt une distance équivalente
à trois fois le tour du globe. Ses avions – quatorze Super Étendard, deux E-2C Hawkeye, neuf Rafale – sont, avec les Mirages IV de reconnaissance de l’armée de l’Air, les seuls avions de combat non américains à opérer sur la totalité du territoire afghan.

Intervenant de concert avec les groupes aéronavals américains, ceux du Théodore Roosevelt et du John C. Stennis, le GAN démontre un haut degré d’interopérabilité. Autant de qualités qui seront ensuite confirmées au fil des opérations.

Le 18 février 2002, une activité anormale est identifiée par satellite dans la vallée de l’ouest du Gardez, en Afghanistan. Les premières données, analysées par un centre de renseignement français, sont immédiatement corroborées par des soldats des forces spéciales américaines, en observation au sol.

Deux Super Étendard Modernisé, catapultés dès le lendemain depuis le large du Pakistan, partent en mission de renseignement. Les deux chasseurs français soutiennent également des troupes américaines et britanniques avançant au sol, jusqu’à l’identification définitive de l’objectif. C’est la première fois que les pilotes de chasse de l’aéronautique navale volent aussi longtemps et aussi loin des côtes.

Le 20 février, un des pilotes français reçoit l’autorisation de tir. Peu de temps après, la cible est atteinte. L’opération Anaconda, dont le but est de détruire les forces talibanes dans la vallée de Shahi kot (Afghanistan), commence début mars. Elle constitue les premiers combats de grande ampleur depuis les offensives de novembre 2001. Les avions embarqués sur le Charles de Gaulle auront effectué 777 vols opérationnels durant la mission Héraclès, soit 6 000 heures de vol. Le GAN pour sa première mission de combat confirme sa capacité à s’intégrer à un dispositif interallié, comme à se déployer quasiment immédiatement sur un théâtre éloigné de son port-base.

AGAPANTHE

Après 2001, le porte-avions renouvelle régulièrement sa participation à l’opération Héraclès. Dans le respect du droit international, se poursuivent l’appui au sol des troupes opérant en Afghanistan et la surveillance maritime en mer d’Arabie pour contrer le terrorisme par voie maritime, à une époque marquée par les attentats-suicides contre des pétroliers, comme au large du Yémen contre le pétrolier Limburg en octobre 2002 ou comme l’attaque contre le destroyer américain USS Cole en octobre 2001. Au cours de ces déploiements, le porte-avions est également engagé dans des actions de coopération avec les forces armées de Singapour et les forces armées des Émirats arabes unis et d’Arabie Saoudite. La mission Agapanthe est également l’occasion pour le porte-avions d’entamer une série de coopérations opérationnelles avec certaines grandes marines de l’océan Indien (Inde, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis). Parmi celles-ci, l’exercice Varuna, dont l’objectif principal est de partager les compétences tout en améliorant l’interopérabilité des états-majors et de leurs unités.

Le groupe aérien embarqué (GAé)

Voler en haute mer nécessite une expertise que l’aéronautique navale est seule à maîtriser. Reconnaissance, attaques de précision de jour comme de nuit, posture de dissuasion nucléaire, détection aérienne, lutte antinavire et anti-sous-marine, sauvetage en mer des personnes et des biens ou encore surveillance maritime sont autant de missions réalisées par le groupe aérien embarqué (GAé) sur le porte-avions. L’aéronautique navale peut conduire un large spectre de missions. Le GAé est formé à partir des unités affectées sur les bases d’aéronautique navale de Landivisiau (Finistère) et de Lann-Bihoué (Morbihan). Trois flottilles de combat et d’interception (11F, 12F et 17F), une flottille E-2C Hawkeye de guet aérien (4F) et le Centre expertise GAé (Centex) le composent. Ces unités participent aux missions de dissuasion, de projection de puissance et de maîtrise de l’espace aéromaritime. Pour ce déploiement, la composante hélicoptères est assurée par un Caïman Marine de la 31F (déployé  pour  la  deuxième  fois à  bord  du porte-avions), de deux Dauphin Pedro de la 35F et d’une Alouette III de la 22S. Avec les avancées technologiques considérables dont il bénéficie, le Caïman Marine est une arme redoutable  et  adaptée  aux  nouvelles  menaces,  en  particulier  en  lutte  anti  sous-marine. Les Dauphin Pedro et l’Alouette III assurent la sécurité des équipages et les missions de recherche et de secours.

Les Super Étendard Modernisé (SEM), qui étaient jusqu’alors intégrés au groupe aérien embarqué, ont été retirés du service actif le 12 juillet 2016. La polyvalence du Rafale Marine permet désormais d’avoir un seul avion de chasse en parc, ce qui apporte un gain opérationnel et participe à la démarche générale de modernisation de la Marine. À titre d’exemple, un Rafale Marine possède une capacité d’emport d’armes 4 fois supérieure à celle d’un SEM. Le E-2C Hawkeye, avion de guet aérien de la 4F, est l’œil avancé de la force, c’est une tour de contrôle volante capable de détecter les menaces aériennes et terrestres et de guider les aéronefs contre les objectifs.

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 
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