Nicolas Vial : À contre-courants

Publié le 27 Novembre 2013 à 09:29

Peintre de la Marine - © Marine nationale / LV Colomban ERRARD

Nicolas Vial… Des hommes au chapeau, le regard mystérieusement masqué. Des chats. Des poissons ou mammifères marins harponnés. Des cargos, des voiliers, franchissant les bouées de ports imaginaires ou des bolides des années 60 roulant les mécaniques. Des cabanes aussi. Toute une gamme de gris, du vermillon ou du jaune soutenu. De l’encre de Chine, des pastels, de l’acrylique ou de la gouache. Et depuis 2008, l’ancre marine après la signature du maître. 

Artilleur romantique | Des racines et du zèleNouveau au MondePeintre et dessinateurRomantiqueLe sens de l’art  | CritiqueDu rougeArtiste engagéTombé dans les POM ?Marqué par la merDes bateaux allégoriquesChat alors…Chapeau l’artiste !Roulent les mécaniquesPortrait chinoisRéférencesActu

« Après mon expo au musée de la Marine en 2002-2003, on m’a demandé de me présenter pour être peintre officiel de la Marine (POM). Je ne voulais pas. Je me sentais plus proche de la peinture américaine contemporaine. Un jour, je me suis présenté et ils m’ont élu. Mais il a fallu faire du chemin dans ma tête ! Je ne me reconnaissais pas dans ce courant.»

«Je ne fais pas de la peinture pour faire des petites aquarelles gentilles. Je fais une peinture qui déménage»

Dans son atelier du XIII° arrondissement de Paris, les traces de peinture multicolores qui parsèment le sol semblent comme abandonnées par des goélands au guano créatif. « J’ai été marqué à sang par la mer. J’ai passé mes vacances de jeunesse à Kerlouan, où je naviguais sur des cotres auriques de Carantec. Avec mes amis, ma famille, on relevait des casiers avec de vieux gréements.»

De nombreux livres alignés sur une vaste bibliothèque témoignent, pierres dressées, de la vie d’artistes ou d’extraits de leurs œuvres… On y retrouve aussi la vingtaine d’ouvrages publiés par Nicolas Vial, qu’il partage volontiers avec ses visiteurs tandis qu’un appareil diffuse la musique de Schubert qu’il affectionne tout particulièrement. « Ces bateaux attachés, c’est un peu une allégorie de la condition humaine. On est tous bloqués par des obligations sociales ou parce qu’on est mortels. On joue chacun un rôle

Artilleur romantique

« Ce que j’aime dans mon métier, c’est d’être indépendant, de gagner ma vie et qu’il y ait peu de hiérarchie. J’ai un côté un peu rebelle… », s’amuse l’artiste dans un sourire, avant de brosser son auto-portrait. « J’ai une forme d’ambivalence. Le sang de mes ancêtres artilleurs coule toujours dans mes veines, même si j’ai l’air d’un romantique paumé », témoigne cet amoureux des peintres américains expressionnistes abstraits comme Jasper Johns ou Jackson Pollock, Robert Rauschenberg.

« C’est forcément présomptueux de faire de l’art, il y a un côté absurde dans la vie. Mais on a envie d’exister, de croire à un passage, de laisser une trace de ce que l’on fait .» Cette trace, Nicolas Vial lui donne une certaine force, tant dans ses peintures que dans les dessins de presse qu’il publie dans Le Monde depuis plus de trente ans. « Pour certaines personnes, je suis un écorché vif qui fait des tableaux très agressifs. Même si quand je suis dans mon atelier, je ne pense pas du tout de cette manière. Mais, je suis un spécialiste du politiquement  incorrect. Je dis tout ce que je pense et j’ai parfois des ennuis (rire). La conformité me révolte, l’ennui, et une certaine forme de soumission que l’on fait passer aujourd’hui pour de l’acceptation. Cela n’a rien à voir. Il y a un immobilisme au quotidien, qui contraint tellement. Chacun de nous appartient à une catégorie, une case, une couche de population... Je ne suis ni dans le courant des peintres de Marine, confie Nicolas Vial avec un sourire, ni vraiment dans le courant de l’art contemporain. Je remonte au près, serré. »

Nicolas Vial est né en 1955 à Paris. Diplômé de l’école nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art en 1978, il a ensuite étudié à l’école nationale des beaux-arts de Paris. Son premier dessin de presse est publié dans le journal Le Monde en 1982. Nicolas Vial a également publié dans Le Journal du Dimanche, Le Nouvel Observateur, L’express, Connaissance des Arts, Télérama, Madame Figaro… Il a notamment reçu en 1997 le Grand prix de l’humour tendre. En 2002, son travail de peintre est révélé au grand public à travers une exposition du musée national de la Marine à Paris. Amoureux de la mer, il est nommé peintre officiel de la Marine en 2008. Son œuvre picturale a fait l’objet de nombreuses expositions : Caisse des Dépôts et Consignations (Paris, 1996), French Institute of Alliance Française (New York, 1999), musée national de la Marine (Paris, 2002), Museo storico navale (Venise, 2005), Galerie off Main (Los Angeles, 2005), Galerie Catherine Houard (Paris, 2011). Nicolas Vial est également l’auteur de livres et albums Jeunesse : Matou Miteux, Les 24 heures du chat, La loi de la lagune, Lire tue, Sales chats, La planète n’est pas à vendre, Le chat star ou encore La déclaration des droits de l’homme et du citoyen illustrée par Vial.

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Des racines et du zèle

« Plusieurs de mes ancêtres ont fait Polytechnique et ont été militaires. Je descends notamment du général Drouot, le « sage de la Grande Armée », artilleur sous Napoléon, et directement du général Honoré Vial. Après la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, mon arrière-grand-père, colonel, a refusé de faire les inventaires des églises et des couvents et il a été cassé. C’est lui qui a interdit à mon grand-père de faire Polytechnique et d’être à son tour militaire. Du coup, mon grand-père a pris une autre orientation mais il a d’abord accompli son service militaire pendant trois ans à la veille de la Première Guerre mondiale, et il a enchaîné comme capitaine d’une batterie d’artillerie. Il n’a été démobilisé qu’en 1921. C’est quelque chose qui marque quand on a autant de militaires dans sa famille.

 

Du côté de ma mère, ce sont tous des architectes et cela se voit aussi dans mes dessins.

Je suis un matheux. J’étais bon en maths et en physique, mais j’ai rendu copie blanche au concours général de physique. Je ne m’imaginais pas entrer dans une profession liée à cette discipline. J’ai fait deux écoles : l’école nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art et l’école nationale supérieure des Beaux Arts à Paris, que je n’ai pas terminée. En 1982, j’ai commencé à dessiner pour Le Monde et j’ai découvert l’univers de la presse."

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Nouveau au Monde

« Le Monde n’arrivait pas chez mes parents, mais un jour, j’ai vu un dessin de Topor sur une page et j’ai demandé à celui qui le lisait de me le prêter. J’adorais Topor, que lui dessine dans ce journal m’ouvrait une porte dans ma tête. J’ai appelé plusieurs personnes et j’ai fini par avoir le directeur artistique en ligne. Je lui ai dit que j’avais fait la couverture d’un magazine d’architecture et il m’a demandé de le rappeler trois mois après, parce qu’il avait cinquante candidats par semaine et que je ne l’intéressais pas. Jour pour jour, trois mois après, je l’ai rappelé, il n’était pas spécialement aimable, mais il m’a finalement donné un rendez-vous. Avec le recul, j’en ris encore. Je suis arrivé rue des Italiens en taxi vers 17 heures, il n’y avait plus personne, vu que le personnel arrivait à 4 heures du matin. L’imprimerie était juste en dessous de l’immeuble, avec des petits escaliers en métal, comme un sous-marin. Je suis monté au cinquième étage avec mes toiles et mes cartons à dessins, en coinçant l’ascenseur comme je pouvais.

Notre homme de confiance (Encre de Chine - Le Monde, dimanche 28 mars 1982)

On n’apprenait pas à faire un press-book aux Beaux Arts, on faisait de la peinture. Je me suis dirigé vers une des portes entr’ouvertes. Il y avait des piles de trucs, de documents en tous genres, de journaux, de paperasses. Une dizaine de bureaux et un seul mec qui lisait L’Equipe. Je lui dis « Je cherche François Diani ». Et il me répond : « C’est moi, pourquoi ? ». J’ai expliqué et il s’est presque détourné : « Je n’ai pas de rendez-vous ». Quand il a vu mes toiles, mes cartons à dessins, il m’a prévenu : « J’ai cinq minutes à vous consacrer ». Et nous sommes restés plus d’une heure dans son bureau. Quand je suis ressorti, j’avais dans la poche la nouvelle de la semaine suivante à illustrer. Je n’ai pas dormi de la nuit et j’ai fait le dessin aussi sec, avec une Traction Avant. Pendant six jours, j’ai contemplé le dessin sur mon chevalet : « Est-ce que c’est bien ou pas ? ». Quand lui a vu le dessin, il a marmonné : « Mouais, Mouais… OK, ça va passer ». Et il m’a donné la Une du Monde Dimanche de la semaine d’après en insistant : « Cette fois lâchez-vous ! ». Et de semaine en semaine, je me suis retrouvé dessinateur du Monde. »

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Peintre et dessinateur

« Le dessin, j’ai ça dans la peau depuis que je suis petit. Pour la presse, ça marche au quart de tour : on me donne le sujet et j’ai toujours deux ou trois idées d’emblée. Je retiens celle que j’ai envie de dessiner, où il y a un peu de rêve, d’arrière-plan, une scène où il se passe quelque chose. J’essaie de faire des dessins sans texte, qui parlent d’eux-mêmes, c’est plus anglo-saxon et beaucoup plus dur. 

La peinture c’est complètement différent. Je regarde tout ce qui se fait en peinture, sans arrêt, dans le passé et dans l’art contemporain. Les peintres que j’aime sont ceux qui représentent une certaine force pour moi : Francis Bacon, qui était irlandais, et de nombreux peintres américains liés à l’expressionnisme abstrait, parfois figuratifs. Jasper Johns, Jackson Pollock… En France, Giacometti ou Dubuffet. Mais il y a de nombreux artistes aujourd’hui dont j’aime les œuvres, et ce n’est pas obligatoirement de la peinture. Le discours qu’il faut avoir sur son travail me gêne davantage, ce n’est pas un sport dans lequel j’excelle. Tout est pensé dans ce que je fais, mais je l’exprime sur la toile, sur la feuille, directement et pas avec un stylo. J’écoute beaucoup de musique et pour moi, la peinture c’est comme un concert. Le musicien entraîne le public dans son univers, c’est ce que je fais dans la peinture. Et de même que les gens se reconnaissent dans la musique, le rythme, ils identifient quelque chose qui les touche dans ce que je montre.»

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Romantique

« Ma peinture peut faire rêver. Je représente des bateaux, des maisons. Je suis aussi sensible à la peinture romantique allemande, la musique classique allemande. J’adore Schubert…

Ce qu’on ne sait pas sur moi ? Que je suis un être charmant (rires), contrairement à ce que je balance dans la presse et dans mes images. Je plaisante. Mes peintures sont expressionnistes, jetées, impulsives. Mais si je n’avais pas été artiste, j’aurais été architecte ou astrophysicien. L’autre métier qui m’aurait plu, c’est compositeur de musique. J’adore la musique, mais je n’ai pas eu accès à un instrument. Il y avait pourtant trois pianos à la maison, mais on ne pouvait pas y toucher, il ne devait pas en sortir un son! ».

Le sens de l’art

« L’art, c’est essayer de faire un truc de sa propre vie. Donc j’ai envie d’exister, de laisser une trace de ce que j’ai fait."»

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Critique

« Je pense qu’on peint pour soi, parce que c’est un grand plaisir, mais aussi pour les autres parce qu’on est amené à montrer ses œuvres. S’ils savaient que personne ne va les écouter, les compositeurs écriraient-ils des symphonies ? On peut écrire un journal intime et je dessine dans mes agendas pour moi-même.

La critique ne m’intéresse pas dans le sens où la société suit des codes marchands en pleine mutation aujourd’hui. Pour les impressions, sensations, je reprendrais une phrase de Sempé à qui quelqu’un disait que ses dessins étaient tristes et qui lui a répondu : « c’est la personne qui voit mes dessins tristes qui est triste ». 

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Du rouge

Dans mes toiles, il y a beaucoup de rouge, mais par petites touches, du vermillon foncé. Je ne sais pas faire des aquarelles gentilles, peindre des couchers de soleil avec des champs de coquelicots ou des bateaux dans des ports. Pour certaines personnes, ma peinture est violente, pas pour moi. La peinture de Francis Bacon n’est pas violente, celle de Picasso non plus, elles sont puissantes, fortes. Elles expriment une vérité, une part de ce qui est, comme Michel-Ange, Rembrandt, Goya, Velasquez, Monet.

Quand il y a une dimension détonante dans les peintures, cela me plait. Je me reconnais dans les expressionnistes allemands et viennois, les peintres nordiques comme Munch. « Le Cri » de Munch ressemblait à ce que j’avais envie de faire et je peignais des têtes comme ça quand j’étais aux Beaux-Arts, des gens qui criaient. J’étais dans un atelier d’art abstrait et un prof qui m’aimait bien m’appelait « mon seul figuratif ».

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Artiste engagé

« Mon engagement ? Je suis contre l’injustice et me sens humaniste. L’être humain doit être libre, en tout les cas il doit respecter l’autre. Je pense que ce n’est pas l’apanage d’un parti. Je suis contre le fait que des gens soient exploités, mais je suis aussi pour la libre entreprise, ce ne sont pas des contradictions. J’adore le dessin de presse. Mon dernier livre illustre « La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789. J’ai repris à la plume ses 17 articles et je les ai illustrés à partir de dessins publiés principalement dans Le Monde et le Journal du Dimanche. »

 

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Tombé dans les POM ?

«  Je suis très fier d’être peintre de la Marine et depuis 2008, je signe tous mes dessins dans Le Monde avec mon ancre. Certains amiraux m’ont remercié de le faire.
Je n’ai pas la prétention d’apporter quelque chose, mais c’est vrai que j’aimerais que le jury appelle des peintres plus contemporains. C’est comme si on réunissait la poésie au début du 20e siècle en ne retenant surtout pas Rimbaud, ni Verlaine, ni Baudelaire, ni Apollinaire parce qu’ils sont trop modernes. J’aimerais qu’il y ait des peintres qui proposent des choses plus osées, plus audacieuses. » 

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Marqué par la mer

« J’ai été marqué à sang par la mer. J’ai passé ma jeunesse à Kerlouan, où je passais trois mois par an en Bretagne nord, à côté de Brignogan et de Roscoff. Je faisais du bateau sur les cotres auriques de Carantec. Mon père avait un canote pour aller à la pêche. J’ai appris sur des bateaux de travail. On relevait des casiers à la voile avec de vieux gréements qui étaient dans leur jus, à une époque où ce n’était pas la mode de restaurer des bateaux anciens. À partir du printemps, on ne me voyait plus en cours, j’étais sur les bateaux. Mai, c’était la saison des araignées qu’on allait pêcher. J’y suis allé jusqu’à l’âge de 25 ans. Le bateau de ma jeunesse s’appelle La Mélanie et il est la possession d’un peintre de la Marine (Stéphane Ruais). En 2002 et 2003, j’ai fait une exposition au musée national de la Marine au Trocadéro, qui a tourné dans différents musées de la Marine. À l’occasion d’une exposition au mois d’octobre dernier à Charenton le Pont, j’ai présenté 13 ans de peintures sur la mer, en tout cas de celles qui sont disponibles à la vente aujourd’hui. Des navires qui m’inspirent : paquebots, cargos, bateaux de guerre aussi. »

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Des bateaux allégoriques

« Mes bateaux sont une métaphore de l’être humain. Le fait qu’ils soient entravés, c’est un peu une allégorie de la condition humaine. On est tous bloqués par des obligations sociales ou parce qu’on est mortels. On ne peut pas tout faire. Je dessine ce qui me fait rêver : j’aime bien les vieux bateaux avec les cheminées, de couleur grise du début du XXe siècle. Les bateaux de guerre, je les trouve très graphiques. Les vieux cuirassiers ou les torpilleurs. Dans ma famille, il y avait des livres sur la Marine de guerre, cela m’a marqué. »

Chat alors…    

« Quand je suis né il y en avait sept chez moi. On a toujours eu des chats. J’habitais à la campagne où mon père était éditeur. C’étaient des chats libres, qui se promenaient, chassaient les souris aux alentours de notre ancienne maison et de notre grenier à blé. L’histoire de « matou miteux » est une histoire autobiographique. J’ai eu deux accidents, l’un comme piéton, renversé par une voiture à l’âge de 22 ans, et l’autre, en 1984, comme passager à l’avant et où j’ai eu deux fractures à la colonne vertébrale. J’ai eu une coquille, un plâtre autour du corps, comme mon chat, le « matou miteux »[1]. Je suis parti de mon histoire pour faire ce livre. »

 

[1] Le « Matou miteux » se fait prendre dans l’engrenage d’un moulin et se trouve gravement blessé. Son meunier de maître l’affuble d’une carapace de tortue pour qu’il puisse continuer à vivre sa vie de chat. L’ouvrage paru en 2000 chez Hatier sert de support pédagogique à l’apprentissage de la lecture. 

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Chapeau l’artiste !

« Les chapeaux, c’est comme dans les peintures de Hopper et ses ombres portées de l’auvent sur les façades.  C’est l’ombre portée du chapeau qui voile le regard, qui le rend plus mystérieux. Cet homme au chapeau est apparu dans ma peinture, dans les années 80. En 1981, j’ai fait une exposition où il y avait un homme au chapeau comme affiche, que j’ai trouvée très graphique. Cet homme au chapeau et à la cigarette est peut-être mon autoportrait imaginaire. Sauf que je ne fume pas et que je ne porte pas de chapeau. Excepté la casquette d’officier de Marine lorsque je suis en représentation officielle ! »

 

Roulent les mécaniques

« J’ai fait des livres sur des voitures aussi. J’aime bien le design des années 60 et j’ai longtemps travaillé pour le magazine Automobiles classiques. J’apprécie l’aérodynamisme, surtout celui des voitures anglaises ou italiennes de ces années-là. Les Ferrari, Bugatti… de ma jeunesse. À l’époque, cela ne valait rien. Maintenant, tout a changé. Mon père aimait les voitures italiennes et j’en ai eu aussi. Avant d’avoir mon permis, je me suis acheté une Traction Avant. Ensuite j’ai acquis trois Lancia, dont une Lancia à moteur Ferrari, une folie au moteur qui gronde. Il me reste une Lancia Flaminia coupé de 1960, mais elle est au garage en train de dormir. J’aime ce qui bouge, les voitures, les avions, les bateaux, n’importe quoi à partir du moment où c’est bien dessiné. J’aime la mécanique ! »

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Portrait chinois

  • Un personnage dans vos tableaux ?
    Je serais l’homme au chapeau et à la cigarette.
  • Une couleur ?
    Un gris coloré
  • Un animal ?
    Un chat sauvage

     
  • Un élément ?
    La terre. J’aime la mer, mais j’ai des racines.

     
  • Un lieu ?
    L’île aux vaches à Kerlouan

     
  • Un marin ou personnage célèbre ?
    Goya. Parce que je me sens comme un frère avec cet homme là. Ses dessins, ses gravures sur les désastres de la guerre, ses peintures...

     
  • Une époque ?
    L’époque romantique. 

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Références :

« Chercher ne signifie rien en peinture, ce qui compte, c’est trouver » : 
«  Ça, c’est Picasso. C’est un provocateur, qui disait : « je ne cherche pas, je trouve ». Il était horrible dans la vie privée, mais un excellent peintre, qui trouvait parce qu’il avait envie de désarçonner ses concurrents. Moi je suis comme Bacon, j’ai beaucoup de déchet. Je peins, je repeins, je défais. Parfois j’ai des toiles qui ne sont pas mal, je les continue jusqu’à les détruire et je les jette après. »  

« La peinture ma harcèle et me tourmente de mille manières, comme la maîtresse la plus exigeante »
« Eugène Delacroix ! Il était à fond dans la vie… Il n’a jamais construit dans sa vie privée, il a consommé toutes ses maîtresses, n’a fait que peindre jour et nuit, il était obsédé par sa gloire personnelle, je ne sais pas…

« La peinture est une cérémonie en solitude » (Alain) :
« De toutes manières, pour peindre, il faut être très fort en solitude. J’ai besoin de ma dose de solitude, mais je sais qu’il y a des gens qui ne peuvent pas. Je n’appelle personne. Je peins et j’écoute de la musique. Et le lendemain, je n’ai qu’une seule envie : continuer ce que j’ai commencé. Et le surlendemain, continuer ce que j’ai commencé. » 

« Quelle vanité que la peinture qui attire l’admiration par la ressemblance des choses dont on n’admire point les originaux » (Blaise Pascal) 
« Il a raison. Tout est vanité, c’est sûr. C’est sûr qu’on trouve bien une pomme peinte par Chardin et pas celle qu’on croque au quotidien ou qu’on jette parce qu’elle est pourrie. Si Chardin peint cette pomme qu’on a laissé pourrir, elle prend de l’intérêt. Ce qu’il ne savait pas ce cher Blaise Pascal c’est qu’un jour, il y aurait de l’art abstrait, du suprématisme, de l’art conceptuel, qu’il y aurait autre chose. La vanité a un côté métaphysique. J’aime bien la peinture métaphysique aussi. Celle de Giorgio De Chirico par exemple ».

"détail de mer"

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Actu

« Ma dernière actualité, c’est l’ouvrage que je viens de publier sur les droits de l’homme et du citoyen illustré aux éditions Plon. La prochaine, c’est de faire une exposition dans une galerie à Berlin dans le quartier de Mitte. Une expo de groupe qui commence le 15 novembre, puis une personnelle en mai, juin, juillet. »

Droits : Marine nationale / LV Colomban ERRARD
Source : Marine nationale / LV Colomban ERRARD

 

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