L’innovation au service de la formation - L’IRENav : former les inventeurs de demain

Publié le 30 Septembre 2016 à 14:25

© Marine nationale / Stéphane Marc

Support essentiel de la formation scientifique au sein de l’École navale, l’Institut de recherche de l’École navale (IRENav) mène des projets dans l’environnement naval, et plus particulièrement le domaine maritime et son développement durable. Les recherches menées au sein de cet institut pluridisciplinaire s’articulent autour de thématiques, composantes essentielles de la formation scientifique à l’École navale. Le groupe Mécanique et énergie en environnement naval (M2EN) se focalise sur l’hydrodynamique et la conversion d’énergie, tous deux destinés à la propulsion navale et aux énergies marines renouvelables. Le groupe Modélisation et traitement de l’information  maritime (MoTIM) se concentre sur l’acoustique sous-marine et les systèmes d’information géographique. Ces groupes sont dédiés à la définition d’outils et de systèmes favorisant l’aide à la décision dans la mise en œuvre des systèmes opérationnels. Les recherches menées au sein de l’IRENav se développent en concordance avec la nouvelle dynamique régionale impulsée par la mise en place du pôle de compétitivité Pôle Mer Bretagne Atlantique à vocation mondiale.
 
 

« Penser et optimiser le futur maritime ! »

Jacques-André Astolfi, responsable du groupe de recherche M2EN à l’Institut de recherche de l’École navale et de la spécialité « Environnement naval ».
 
L’IRENav forme les inventeurs de demain, en quoi votre initiative se distingue-t-elle des autres groupes ?
Le groupe de recherche M2EN est l’une des deux unités développant ses activités au sein de l’Institut de recherche de l’École navale (IRENav). Son point fort est de regrouper en un même lieu sur le site de l’École navale des spécialistes de génie mécanique, de mécanique des fluides et de génie électrique leur permettant de développer des activités de recherche en amont dans un contexte multi-physique et pluridisciplinaire en lien avec les applications industrielles du domaine maritime. Ce positionnement confère au groupe de recherche une originalité stratégique unique en termes de développement et d’innovation, mais aussi de formation par la recherche au niveau master et doctorat dans les domaines navals et maritimes.
 
De quels moyens disposez-vous ? Avez-vous des projets en cours ?
Nous disposons de moyens expérimentaux uniques tels que le tunnel hydrodynamique et des équipements de mesure associés de très haute technologie. Des projets sont en cours sur la compréhension des mécanismes fondamentaux pouvant conduire à la réduction de traînée de frottement des navires par injection de bulles le long de la coque. Sur l’utilisation de structures portantes déformables « intelligentes » et sur l’analyse académique de la propulsion vélique(1) pour améliorer la performance des grands voiliers tels que ceux de l’America’s Cup. Nous menons également des projets relatifs à la modélisation et la conception de machines électriques innovantes non conventionnelles dans le cadre du navire tout électrique ou hybride et des hydroliennes en plein essor.
 
Pour résumer en quelques mots, que fait concrètement votre unité M2EN ?
Le groupe de recherche M2EN de l’IRENav s’est structuré en réponse à une analyse de thèmes émergents à la fois dans le domaine du navire du futur et des énergies renouvelables marines. Les thèmes de recherche retenus dans le contexte maritime rendent la position du groupe originale au plan national et international.
 
(1) Principe d’utiliser la force du vent (moteur) pour propulser le bateau (voilier) grâce à une voile (propulseur).
 
 

« L’innovation ? c’est une donnée clé pour la science et la défense »

Abdel Boudraa, responsable du groupe MoTIM/IRENav

Que fait concrètement votre groupe de recherche ?
Nous développons des outils et des modèles d’information destinés à la mise en œuvre de systèmes opérationnels pour la compréhension, la surveillance et le contrôle du milieu maritime. MoTIM se positionne au sein des communautés scientifiques des technologies de l’information et des communications (STIC) et intègre dans ses objectifs scientifiques les aspects sécurité maritime et la cyber-défense des systèmes navals en partenariat avec Télécom Bretagne, Thales et DCNS. Nous avons également le soutien du conseil régional de la Bretagne et du Pôle Excellence Cyber.

De quels moyens disposez-vous ?
Le groupe dispose d’une cuve acoustique instrumentée, desystèmes Sonar, de moyens de calcul, d’une table tactile pour les développements d’applications Interface Homme-Machine (IHM), d’un système d’acquisition de signaux AIS et de plates-formes informatiques dans le domaine de la cyber sécurité des systèmes navals.

En quoi votre initiative se distingue-t-elle des autres groupes ?
Le groupe MoTIM est un groupe de recherche pluridisciplinaire dont les travaux s’appuient sur des compétences en acoustique, informatique, modélisation mathématique, simulation et traitement du signal. Les travaux, méthodologiques et expérimentaux, développés au sein de notre groupe intègrent aussi bien les aspects temporel et spatial que des problématiques plus opérationnelles dans les domaines maritimes et navals. Nos recherches s’appliquent avant tout à la sécurité maritime, comme par exemple le projet DéAIS de « défalsification » des signaux AIS. Qu’est-ce que L’AIS ? C’est le système d’échanges automatisés de messages entre navires par radio VHF qui permet à tout navire et à tout système de surveillance du trafic de connaître l’identité, le statut, la position des navires se situant dans la zone de navigation. C’est d’ailleurs un système assez similaire à celui du monde aérien ! Je pourrai citer aussi le projet datAcron « Horizon 2020 » qui vise à créer une structure de gestion des données permettant d’observer en temps réel les trajectoires et les événements dans les domaines maritimes et aériens et ainsi d’effectuer des analyses plus précises et complètes. Il y a aussi l’ITEA Reconsurve qui consiste à effectuer des analyses et des prédictions de comportement à l’échelle européenne… plus précisément un système de surveillance reconfigurable avec des capteurs intelligents.
Enfin, nous oeuvrons à l’e-navigation maritime à savoir la cartographie de demain. Je pourrai également vous parler de la détection de cibles sous-marines ou encore de la caractérisation des fonds marins (le Projet Rapid DGA MICAS)… Bref, nos recherches contribuent à la conception et au développement de nouveaux systèmes opérationnels dans les domaines maritimes et navals. Le but étant de maintenir notre leadership à l’international et surtout de servir au mieux les opérationnels avec des outils fiables et performants.

 
 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
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