Innover au sein des forces - Cas concrets

Publié le 30 Septembre 2016 à 14:10

© Marine nationale / Vincent Orsini

Sur et sous la mer, au-dessus de la mer, à terre et dans le monde cyber, des unités et des marins innovent au quotidien pour mener à bien les opérations d’aujourd’hui et celles de demain. Panoramique (non exhaustif) de ces hommes et de ces femmes de la Marine plongés au cœur de l’innovation.
 

Force d’action navale

Boomvane : un nouveau système antipollution
 
 
Le Centre d’expertises pratiques de lutte antipollution (CEPPOL) est une unité de la Marine qui intervient dans le cadre de l’action de l’État en mer. Tout au long de l’année, des entraînements à la mer sont planifiés pour les marins du CEPPOL sur les différentes façades maritimes pour entretenir le savoir-faire des équipes spécialisées dans le domaine de l’antipollution, notamment en termes de manœuvre complète (et délicate) de confinement et de récupération de polluant dispersé en mer. Un nouveau matériel antipollution a été testé en septembre 2015 au large de Brest par le CEPPOL : le BoomVane. Ce puissant dispositif permet, grâce à la mise en place d’un barrage hauturier au moyen d’une seule unité au lieu de deux, de nettoyer un déversement accidentel de pétrole dans différents environnements tels que la mer, les rivières ou les canaux. Il peut être remorqué à l’arrière d’un bâtiment ou peut opérer seul afin de nettoyer une zone. Les essais de ce dispositif ont été conduits depuis le bâtiment de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) VN Sapeur , avec le concours de marins du CEPPOL afin de mener une manœuvre complète de confinement et de récupération de polluant. Mission réussie et probante. Le BoomVane va équiper à terme les bases navales de Brest et Toulon.
 
 
Logiciel Myadju : le service courant s’automatise
 
Les systèmes d’information et de communication (SIC) contribuent fortement à la transformation de la Marine, bien souvent accompagnée de l’informatisation des processus. L’application MyAdju, créée en 2012 dans le cadre de la MIP, a notamment été testée sur la frégate de type La Fayette  (FLF) Surcouf , un environnement parfait pour évaluer son efficacité avec un effectif optimisé. Les tâches d’adjudant de compagnie sont ainsi simplifiées et le service courant est automatisé. Des fiches de décompte de permissions sont générées automatiquement, les circuits de visas dématérialisés, et le cahier de mouvement des rationnaires est édité automatiquement. Le bureau SIC de l’état-major de la Marine (EMM) a ensuite piloté son « industrialisation en interne » avec le soutien du Centre de développement de la Défense de Toulon (CDAD-T) de la Dirisi. Cette phase est indispensable afin que l’application soit maintenue en conditions dans la durée selon les règles de l’ensemble du ministère, et utilisée sur la plupart des bâtiments. Les tests de ce logiciel révolutionnaire prendront fin en septembre 2016. Ce dernier sera ensuite déployé courant octobre, sur neuf grands bâtiments métropolitains comme le porte-avions Charles de Gaulle, les FREMM ou encore les patrouilleurs de haute mer (PHM).
 

Forces sous-marines (Fost)

Illusion parfaite, la simulation au service de la formation
 
 
À bord d’un sous-marin, difficile de s’entraîner à tous les types d’avaries. D’où l’utilité de la simulation. Dans les simulateurs de l’École de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN), tout est reproduit quasiment à l’identique à l’échelle 1. Chaque simulateur a sa fonction propre : Sirius, par exemple, reproduit le poste de pilotage et de conduite des installations de sécurité-plongée du sous-marin. Les marins y apprennent à diriger la lutte contre l’incendie, la voie d’eau ou s’entraînent à reconfigurer le circuit hydraulique. La simulation est un outil puissant permettant aux équipes de s’entraîner à réagir aux incidents et avaries impossibles à reproduire à bord en situation réelle du fait des risques qu’ils pourraient générer. Avec l’arrivée prochaine des nouveaux sous-marins d’attaque (SNA) de type Suffren , les futurs sous-mariniers s’entraîneront dans de nouveaux simulateurs, actuellement en cours de construction à l’ENSM-BPN.
 

Force des fusiliers marins et commandos

Sofins : au service des forces spéciales
 
 
Le Special Operation Forces Innovation Network Seminar, (SOFINS) est un séminaire unique en Europe. Organisé par le Cercle de l’Arbalète au profit du commandement des Opérations spéciales (COS), il regroupe innovations technologiques et tests en conditions réelles. En avril 2015, la Marine nationale et les commandos marine étaient présents lors de la deuxième édition de ce rendez-vous exceptionnel des forces spéciales. Sur leur stand, l’innovation phare: une des cinq embarcations Ecume (embarcation commandos à usage multiple et embarquable). Avec un déplacement de sept tonnes en ordre de marche, les Ecume sont capables d’effectuer des raids longue distance à grande vitesse. De plus, cette plate-forme multimission peut être déployée dans la majorité des navires, dont les patrouilleurs hauturiers (OPV), les bâtiments amphibies (BPC) ou encore les nouvelles frégates FREMM.
 

Aéronautique navale

CEPA/10S
 
 
De plus en plus populaires, les drones n’échappent pas à l’œil expert du Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA/10S), dont l’une des principales missions consiste à suivre le développement et la mise au point des aéronefs ou matériels, en soutien des officiers du bureau aéronautique de la division « programmes » de l’état-major de la Marine (EMM PROG AERO). Dans le cadre de l’opération d’expérimentation réactive (OER) XCIAM (expérimentation pour le contrôle et l’interprétation assistées pour mini drones), les armées ont mené avec la Direction générale de l’armement (DGA) et le CEPA/10S des campagnes de vol en milieu maritime avec trois types de systèmes de mini drones de différentes classes. Cette campagne, réalisée avec le concours de la Force des fusiliers marins et commandos (Forfusco), du Centre d’expertise des programmes navals (CEPN) et de la Force d’action navale (FAN), qui ont apporté des moyens matériels et participé à la rédaction des scenarios d’emploi, a montré des résultats très encourageants. Elle a notamment permis de confirmer que des systèmes de mini drones équipés d’une chaîne image performante permettraient d’étendre les capacités de détection, de reconnaissance et d’identification des bâtiments de surface. Les résultats très positifs de cette expérimentation viennent compléter ceux déjà obtenus en 2014, lors d’une campagne d’expérimentation menée sur le patrouilleur de haute mer Commandant Bouan  portant sur la récupération d’un mini drone par filet.
 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
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