L’innovation dans la Défense - Un leitmotiv

Publié le 30 Septembre 2016 à 11:31

© DGA / COMM

Donner une place de choix à la créativité est aujourd’hui devenu une nécessité. La dernière décennie a d’ailleurs été marquée par un effort d’encouragement et de soutien de l’innovation participative aussi bien dans les grandes entreprises, qu’elles soient publiques ou privées, ou en lien avec les démarches d’innovation collaborative et d’open innovation qui se multiplient. Au sein des armées, cette démarche a d’ailleurs su trouver sa place grâce à l’innovation participative, un projet phare du ministère de la Défense. Tout commence en 1988, lorsqu’un marin, le vice-amiral Le Pichon crée la Mission pour le développement de l’innovation participative (MIP). Le but de cette entité est de stimuler et de favoriser les idées innovantes des hommes et des femmes travaillant au ministère, et de les valider en réalisant des prototypes ou des démonstrateurs. L’action de la MIP ne s’arrête pas là puisqu’elle se  charge ensuite de favoriser la diffusion et le déploiement opérationnel des innovations. Libre à chacun donc de laisser son génie (ou son bon sens) s’exprimer pour améliorer le fonctionnement au quotidien ou renforcer des capacités opérationnelles de la Défense. Car, c’est devenu maintenant une évidence mais toutes ces innovations concourent à la réussite opérationnelle.
 
La mission innovation participative (MIP) : pour qui ? pourquoi ? comment ?
 
Matelot ou officier, en matière d’innovation, le grade importe peu. L’innovation participative se fonde depuis plus de 25 ans sur la conviction que les acteurs présents sur le terrain ont des capacités d’initiative et de créativité irremplaçables. « L’innovation bottom-up, celle provenant des acteurs de terrain que vous êtes, joue un rôle crucial dans l’adaptation aux défis modernes, conjuguant processus technologiques nouveaux et impératifs de maintien de nos savoir-faire. L’équation ne peut se résoudre sans votre ingéniosité à toute épreuve.» Pour le vice-amiral d’escadre de Tarlé, inspecteur général des armées Marine (IGAM) et ancien MGM, comme pour l’amiral Le Pichon : « L’innovation représente l’avenir des armées et de la Marine.»
 
 

Le Prix Amiral Le Pichon

Véritable Graal des innovateurs, le Prix Amiral Le Pichon récompense tous les deux ans les efforts et le talent des marins se lançant dans des projets innovants. L’idée de permettre à chacun d’exprimer son génie pour le bien commun remonte à près de 30 ans. C’est sur le terrain, lors du déploiement Prométhée, dans le golfe Arabo-Persique en 1987, que le vice-amiral lance pour la première fois ce concept. Pour trouver des solutions face à des situations imprévues, il organise un concours d’idées, invitant ainsi les marins à innover. Une initiative qui fait mouche et séduit André Giraud, ministre de la Défense de l’époque. Un an plus tard naît la Mission innovation participative (MIP). Elle est confiée au vice-amiral Le Pichon qui deviendra le promoteur de la MIP du ministère de la Défense.

Le Prix de l’Audace 2016 : des marins récompensés

Événement ambassadeur de cette innovation, la 12e édition du prix de l’Audace s’est tenue à la fin du mois de mai au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) de Paris. Et plusieurs marins figurent parmi les lauréats ! Le commissaire de première classe (CR1) Thibault Perrin, commissaire des armées (ancrage Marine), chef du bureau « sécurité maritime » de la préfecture maritime de la Méditerranée (Toulon), a été récompensé pour son projet Hermès garde-côtes. Son idée ? Créer une plate-forme collaborative sur internet pour faciliter le partage d’informations entre les acteurs de la gestion de crise. Préparer l’organisation et les moyens en cas d’événement de mer majeur signifie notamment faire dialoguer les nombreux acteurs des centres opérationnels de surveillance et de sauvetage (CROSS) et des centres opérationnels maritimes (COM) avec le centre de traitement des crises du préfet maritime (CTC). L’efficacité de la diffusion des informations entre les acteurs en période de crise est primordiale. En l’absence de système dédié antérieur, Hermès garde-côtes est une véritable innovation. Cet outil devient rapidement la chronologie de référence de l’organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC) maritime. « Je devais résoudre cette difficulté de circulation de l’information avant mon premier exercice majeur, le 12 mai 2015. Mes connaissances en informatique m’ont permis de réadapter et de développer les codes d’une précédente innovation. J’ai ensuite réservé un hébergement sur internet. Enfin, dès le stade des exercices, l’outil a rencontré un réel succès. Même à un stade encore expérimental, il a été utilisé pour des cas réels, dont le plus emblématique est le sauvetage du cargo Modern Express, à la dérive dans le golfe de Gascogne fin janvier 2016 », raconte le CR1 Thibault Perrin.

 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
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