CABAM/AD AUGUSTA : Témoignage de l’équipe présente au Grand Prix École Navale

Publié le 28 Juin 2016 à 16:40

Crédit : CV Bodhuin – LV Guedon

Rattachée au bureau condition du personnel (CPM) de la Marine, la cellule d’aide aux blessés et d’assistance aux familles de la marine (CABAM) suit, chaque année, plus de 1000 marins blessés ou malades. Elle accompagne et coordonne le soutien administratif, social, juridique et moral de ces marins, que l’affection soit liée ou non au service.
 
En 2012, la CABAM a complété son accompagnement, en mettant en place des stages de réinsertion par le sport, notamment le « Cap Marine Sports ». Ce stage, reconnu depuis 2016 au niveau ministériel, se déroule chaque année en Bretagne.
 
Depuis 2014, la CABAM a franchi une nouvelle étape et travaille en étroite collaboration avec l’association Ad AUGUSTA, avec laquelle la Marine a signé un protocole en novembre 2015. L’objectif est différent. A travers des stages de formations initiale et continue, les marins blessés qui le désirent sont suivis dans la durée. Ils pratiquent des activités de cohésion, dans un environnement sécurisant et bienveillant, sur le modèle du « Team Building ». Les exercices proposés sont transposables à la vie quotidienne. Chaque stage s’inscrit dans une continuité, un parcours non thérapeutique, dans lequel le marin est accompagné de façon personnalisée, par le duo CABAM/Ad AUGUSTA, avec l’accord des thérapeutes. C’est dans ce cadre que s’est inscrit le stage de formation continue, qui s’est déroulé du 2 au 8 mai 2016, en marge du Grand Prix de l’Ecole navale.
Reprendre confiance en soi et en l’autre, apprendre à vivre autrement avec son handicap et à le maîtriser, préparer la reprise du service : telles sont les trois vertus de ce parcours de vie. 
 
Ils témoignent
Samuel, Fernand, Omar, Yohann, Philippe, Yann sont détecteur, commando ou gestionnaire RH (GESTRH). Du 2 au 8 mai, ils auront vécu, ensemble, une vie en équipage, un parcours commun de formation, avec le soutien de l’association Ad AUGUSTA et de la CABAM. Suite à leurs blessures, en opération ou hors service, visibles ou invisibles, ils se sont retrouvés pour échanger, partager, reprendre confiance : ces petites choses qui permettent de se sentir bien dans un environnement professionnel ou familial.
Samuel a repris le service. Néanmoins, le chemin est long avant de retrouver un équilibre. Hémiplégique suite à un grave accident de la route, il témoigne :
 
« Alors que j’étais en centre de rééducation, j’ai été contacté par la CABAM qui m’a apporté un soutien moral et m’a informé de mes droits et démarches. Je suis sorti du centre, en septembre 2011, en ayant toujours des contacts réguliers avec la CABAM car la rééducation n’était pas finie. C’est en mars 2012 que cette cellule m’a encouragé à participer à un stage de ski réservé aux blessés. Au départ, j’y suis allé juste pour me changer un peu du quotidien. Les bénéfices se sont poursuivis sur le long terme, autant sur un plan psychologique que sur un plan physique. J’ai pu échanger avec d’autres blessés sur mon vécu, mes douleurs physiques, mes craintes. Cela m’a énormément fait progresser par la suite, notamment dans ma rééducation. Ensuite, j’ai fait d’autres stages. A chaque fois, j’en suis ressorti plus fort et grandi. Les mots ne sont pas à la mesure de ce vécu. La reconstruction est longue mais grâce à la main tendue de la CABAM, on se sent moins seul.  Les stages m’ont redonné confiance en moi. J’ai appris que le handicap n’était pas un obstacle. Il faut juste apprendre à faire les choses autrement. L’année dernière, j’ai fait partie de l’encadrement logistique d’un stage organisé. Je suis passé du statut de blessé au statut de marin encadrant. Si je devais dire une chose à une personne qui hésiterait à faire un stage de la CABAM, je lui dirais ceci : vas-y, tu n’as rien à perdre, au contraire tu y gagneras ! La reconstruction est un escalier. À chaque étape, tu montes une marche. Avec le soutien de la CABAM, de ton environnement, de ta famille, tu montes les marches deux par deux. Il faut accepter cette main tendue nécessaire pour reprendre confiance en soi. ».
 
Philippe est commando. Il a repris le service, sur un poste adapté et en dehors de sa spécialité d’origine. Il s’exprime :
 
« La CABAM m’a beaucoup apporté. Je pensais ne plus revivre des choses aussi intenses. Je reconnais qu’à ce niveau-là, ce n’est que du bonheur ! Ne plus être jugé. Pour ma part, j’ai participé au stage de ski du CSINI, au Cap Marine Noctiluque et à la journée en mer, organisée par la CABAM, en partenariat avec l’équipage du Team Jolokia. Début mai, j’ai participé au stage de formation continue, dans le cadre du protocole signé entre Ad AUGUSTA et la CABAM et du Grand Prix Ecole Navale. L’objectif était de convoyer un voilier d’un point A à un point B. Ces expériences humaines font s’ouvrir les gens comme nulle part ailleurs. Toujours dans une ambiance « bon enfant », nous apprenons à nous connaître sous d’autres formes.
À un marin qui aurait des doutes ou une appréhension pour participer à ces expériences, je lui dirais qu’il faut foncer, ne pas douter et leur faire confiance. Je pense que les objectifs poursuivis par la CABAM sont atteints : apprendre à vivre avec son handicap, ne pas être seul et aller de l’avant. Je pourrais en donner d’autres. L’équipe de la CABAM a très bien perçu les besoins et attentes des marins blessés ! C’est lorsqu’on n’a plus la santé que l’on comprend ce sens de la vie. Pour finir, je dirais qu’il faut que cela continue avec des gens volontaires et désireux de faire ce travail hors du commun. « Merci ! » à la CABAM et à leurs partenaires associatifs ou mutualistes».
 
Omar est commando. Suite à un stress post-traumatique en opération, il a passé plus de 3 ans et demi en congé de longue durée pour maladie. Avec courage, humilité et simplicité, il a souhaité partager son expérience : 
 
« La CABAM m’a apporté un soutien moral et psychologique depuis le début de ce long parcours. J’ai participé au stage Cap Marine Sports, au stage de ski du CSINI, aux Invictus Games 2014, et au Cap Marine Noctiluque avec l’association Ad AUGUSTA. Ce dernier stage a été pour moi, compte tenu de mon histoire, la meilleure solution grâce à son environnement bienveillant, sécurisant, sans esprit de compétition. Cela m’a permis de renouer contact avec l’institution, d’améliorer mon estime personnelle et de stabiliser mon handicap afin de préparer la reprise du service à moyen terme. Cela a pris du temps. L’objectif est pourtant bien rempli : je reprends le service, après 3 ans et demi de congé de longue durée pour maladie. J’ai des projets professionnels et extra-professionnels. Je veux vivre tout simplement. »
 
Pour plus d’informations, l’antenne parisienne de la CABAM est joignable au 01 44 42 39 35.
 
Source : Marine nationale
Crédit : CV Bodhuin – LV Guedon
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