Le bâtiment hydrographique La Pérouse en Manche

Publié le 8 Juin 2016 à 16:52

© Marine nationale

Dans le cadre du plan hydrographique national, le BH La Pérouse a été déployé en Manche entre avril et mai 2016 pour une mission de 6 semaines d’abord, dans la zone du Raz-Blanchard et du chenal de la Déroute, puis à l’ouvert du dispositif de séparation de trafic (DST) des Casquets.

Le but principal de cette mission était la mise à jour des cartes marines et des informations nautiques de ces passages maritimes (bathymétrie, relocalisation d’obstructions, mesure des courants de marée…), tout en assurant les missions de service public et de défense maritime du territoire propres à tous les bâtiments de la Marine nationale.

Malgré des conditions climatiques peu favorables, des courants marins de l’ordre de la dizaine de nœuds et une précision nécessaire de levé de l’ordre du mètre, le La Pérouse a insonifié1 en totalité des zones confiées par le service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM). Le bâtiment hydrographique a couvert une surface de 445 km² permettant de déterminer précisément la bathymétrie de ces espaces grâce à un sondeur multifaisceaux de dernière génération, utilisant des ondes acoustiques. Il a également réalisé des mesures dans le but de détecter toute anomalie du champ magnétique et permettre ainsi une meilleure détection des épaves de la zone. Enfin, son travail consistait également à mesurer d’autres éléments d’environnement comme la marée, la turbidité2 ou encore le type de sédiments présents. Les derniers levés hydrographiques de ces passages dans la Manche datant des années 1940, cette mission fut riche en surprises dans le domaine de la découverte et de la relocalisation d’épaves et d’obstructions, dont les positions sur les cartes diffèrent de la réalité de parfois plusieurs centaines de mètres !

En parallèle de ses activités hydrographiques, le La Pérouse a pleinement pris part aux missions de service public dans le cadre de l’action de l’État en mer. En effet, à plusieurs reprises, il a participé à la surveillance et à la sécurité de la navigation sur les côtes françaises, notamment lors de la relocalisation d’une bouée déradée au nord du Cotentin. Il s’est également illustré, en coordination avec le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROOS) Jobourg, lors d’une mission d’assistance à un voilier en difficulté au large de Flamanville le 27 avril 2016, une action qui a largement été relayée par la presse locale.

Enfin, à l’instar des autres forces armées engagées sur le territoire national dans le cadre du plan Vigipirate, la Marine opère dans le volet maritime de ce plan qui consiste notamment à surveiller et défendre les approches maritimes du territoire. Dans ce cadre, la première partie de la mission du La Pérouse s’est inscrite pleinement dans la surveillance côtière, les levés hydrographiques permettant de patrouiller entre le Cotentin et les îles Anglo-normandes. Dans un deuxième temps, le bâtiment est allé patrouiller entre les rails (dispositifs de séparation du trafic ou DST) d’Ouessant et des Casquets, où passent en moyenne 80 000 navires par an. Le La Pérouse a donc souligné une présence ostensible de la Marine nationale dans cette zone servant ainsi de senseur, de source de renseignement et de moyen d’action au profit du commandement opérationnel de la Marine.

Après 6 semaines de navigation sous une météo parfois capricieuse, le La Pérouse a parfaitement rempli sa mission, tant sur le plan hydrographique que dans les domaines d’actions dévolues à tous bâtiments militaires. Polyvalent, hauturier et endurant, le La Pérouse a une fois de plus démontré ses capacités, faisant de lui un outil crédible que la Marine peut utiliser dans de nombreux domaines.

1 « Eclairé » par onde sonore dans les profondeurs.

2 Désigne la teneur d’une eau en particules suspendues qui la troublent.

Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale

Vos réactions: 
Moyenne: 2.5 (2 votes)
Envoyer