Trois semaines de cours de commandement à bord du Saphir

Publié le 6 Juin 2016 à 15:28

© Marine nationale

Le cours de commandement de sous-marins, communément appelé COURCO, représente l’ultime sélection avant d’accéder au commandement d’un sous-marin, couronnement d’une carrière d’officier sous-marinier. Du 17 mai au 4 juin 2016, cinq stagiaires français et un stagiaire espagnol ont participé à l’édition 2016 de cette formation, à bord du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Saphir.

Ils ont en moyenne quinze ans de carrière et 15000 heures de plongée à leur actif. En un peu plus de quinze jours de mise en situation réelle, ils ont pu démontrer leur capacité à commander un sous-marin. Les critères de sélection sont connus : sens tactique, leadership, capacité de décision et résistance à la pression y sont particulièrement scrutés.

Mais ce cours n’est pas seulement une mise à l’épreuve : c’est d’abord une formidable opportunité d’apprentissage. Il leur permet de tirer parti de l’expérience et des conseils d’un ancien commandant de SNA parmi les plus chevronnés et expérimentés : l’officier entraîneur. L’amiral commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (ALFOST), le vice-amiral d’escadre Louis-Michel Guillaume, a également embarqué quelques jours pour marquer l’importance de cette étape dans la carrière de ces marins. Au-delà de la sélection, c’est bien là que le commandement prend tout son sens.

Le cours a débuté par une période de lutte anti sous-marine face au SNA Rubis, guerre des nerfs et de patience, qui a éprouvé le coup d’œil des stagiaires et leur capacité à comprendre rapidement une situation tactique pour gagner les précieuses secondes qui font la différence.
Il s’est ensuite poursuivi par une longue période de lutte antinavires et d’opérations de recueil de renseignement sous menace. Par grands fonds d’abord, où les stagiaires ont appris à faire face aux changements capricieux d’environnement, favorables ou non au sous-marin. En zone littorale ensuite, où ils ont pu tirer parti des forces intrinsèques du SNA dans cet espace contraint.
La lutte aura été difficile, face à une opposition variée, combative et expérimentée : les redoutables frégates anti sous-marines (FASM) Montcalm et Jean de Vienne, mais aussi les avions de patrouille maritime ou la toute récente frégate multi-missions (FREMM) Languedoc et sa suite sonar auront donné du fil à retordre aux futurs commandants.

Au cours du stage, et pour la première fois, les teachers anglais, norvégiens et néerlandais ont embarqué pendant 24 heures pour venir observer le modèle français de sélection des commandants de sous-marins. Ils ont pu découvrir que le Perisher1 à la française, certes différent du modèle anglo-saxon, n’avait rien à lui envier !

Au bilan, ce cours de commandement, ultime sélection d’une carrière aussi exigeante que passionnante, restera à coup sûr une période marquante pour les stagiaires. Ils auront peut-être la chance de voir leur nom s’inscrire à la suite des 430 commandants de sous-marins qui les ont précédés. Le cru 2016 fera sans nul doute honneur à cet héritage et saura continuer dignement cette lignée !

1 Perisher est le nom anglo-saxon du « COURCO ». Il fut créé par les britanniques après la Première Guerre mondiale pour limiter le trop fort taux d’attrition de leurs sous-marins.

Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale

Vos réactions: 
Moyenne: 5 (5 votes)
Envoyer