Manœuvrier à bord de la goélette Étoile

Publié le 4 Mai 2016 à 14:24

© Marine nationale

Bosco à bord de la goélette Etoile, Hugo est un manœuvrier qui s’est forgé, au cours de ses 17 ans de carrière au sein de Marine Nationale, une solide expérience de la manœuvre.

À bord depuis 9 mois, il met son expertise technique au service de la goélette et veille avec attention et bienveillance sur ce gréement. Les responsabilités ne lui font pas peur, en manœuvre, il est un conseiller direct du commandant et un interlocuteur privilégié de l’officier de manœuvre. Passionné par la voile et captivé par ce magnifique gréement, il aime travailler sur le pont et monter dans les mâts. Comblé par cette affectation, c’est avec passion qu’il parle de son métier : « C’est, pour moi, un réel bonheur que d’exercer mon métier sur l’un des plus beaux voilier-école au monde. (…)  J’ai toujours aimé mon métier ; sur goélette je crois pouvoir dire que j’ai fait de ma passion mon métier. »

Consciencieux, Hugo veille et travaille avec méthode. Les sens toujours en alerte, il veille et traque chaque imperfection. « En manœuvre, il n’y a pas de place pour l’improvisation ; avec ses 627 m2 de voiles et 2882 mètres de cordage, le pont doit être parfaitement ordonné et chaque bout clairement identifié. »

Lorsque le bosco monte sur le pont, il écoute et observe silencieusement. Rien n’échappe à sa vigilance. L’écoulement du vent dans les voiles, le claquement des cordages, le chant des poulies ou encore le craquement des espars sont autant d’indices qui vous permettent de savoir si les voiles sont bien réglées, si les cordages travaillent sainement ou si le gréement fatigue

Chef de secteur « Manœuvre » Hugo encadre une équipe de 8 manœuvriers. Il rythme les manœuvres et veille à la sécurité de son personnel. Il suit l’entretien du bâtiment, planifie les travaux et prépare les missions de longue durée. « Nous avons procédé à la dépose totale du hunier avant le départ en mission. Cette manœuvre est délicate car chaque espars (fixe et volant de hunier) pèse près de 300 kg et est fixé à 25 mètres de haut ». Au quotidien, il forme les marins des écoles de la Marine.

Ancien instructeur à l’École navale, Hugo transmet son amour du métier avec pédagogie et humilité. « C’est une grande fierté que d’être aujourd’hui dépositaire des savoir-faire de nos anciens et de continuer 85 ans après sa construction, de faire à bord de l’Etoile, les mêmes gestes que les marins d’antan. (…) C’est aussi un devoir car nous devons, à notre tour, transmettre aux générations futures cette même passion du métier de manœuvrier. »

Lorsque vous lui parlez de la mission d’été de l’Etoile, son regard s’illumine : « C’est une expérience fabuleuse : traverser l’Atlantique à la voile sur une goélette, en suivant la route des alizés, dans le sillage des grands explorateurs qui ont écrit les plus belles pages de l’Histoire de la Marine à voile 

L’École navale et la voile

À l’École navale, la pratique de la voile constitue un important enjeu pédagogique. Pour tout marin, pratiquer la voile c’est capter, saisir, analyser des éléments bien distincts : l’air, l’eau, les fonds marins et les courants. Faire de la voile, c’est savoir évoluer au gré des vagues, réguler son allure, optimiser le potentiel de son bateau par les réglages des voiles. Naviguer à la voile permet également de composer avec les forces hydrodynamiques et aérodynamiques, en analysant sans cesse l’évolution de la météorologie et les signaux affichés par la nature. La voile sportive renforce la capacité de décision du marin grâce à la stratégie et la tactique nécessaires en régate. Les voiliers de l’École navale naviguent toute l’année sur le plan d’eau du Poulmic, en mer d’Iroise et participent à plusieurs courses françaises. Forte de sa dynamique et de ses résultats, l’École navale participe à de nombreux grands rendez-vous nationaux et internationaux, dont le Spi Ouest France, la course de l’EDHEC et bien évidemment le Grand Prix de l’École navale, qui a lieu cette année du 4 au 8 mai 2016, et dont elle est l’organisatrice.

Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale

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