Bases navales outre-mer

Publié le 4 Mars 2016 à 11:02

Vue aérienne de la base navale de Papeete © Marine nationale

Le maillon fort de la Marine 

 
Implantées sur tous les océans, les bases navales en outre-mer sont les indispensables piliers de la   flotte chargée de veiller sur les immenses espaces maritimes ultramarins. À ces bases navales, parties  intégrantes des forces dites « de souveraineté », s’ajoutent des points d’appui en territoire étranger,  ou forces navales dites « de présence », permettant d’assurer le soutien logistique opérationnel des unités déployées. Ils constituent un outil à part entière dans la palette dont dispose la Marine pour  remplir ses missions. Tour d’horizon de ces emprises de la Marine indispensables pour nos unités  stationnées ou déployées, alors que se profile le renouvellement des unités outre-mer. 
 
 
ENTRETENIR ET SOUTENIR 
Les huit bases navales de la Marine établies outre-mer et à l’étranger revêtent une importance  capitale pour la conduite et la pérennité des opérations auxquelles prend part la Marine, qu’il s’agisse de missions liées à des opérations extérieures, missions de présence, de défense maritime du territoire ou d’action de l’État en mer. Réactives et flexibles, les bases navales contribuent au  maintien en condition opérationnelle et à la disponibilité des bâtiments de surface qui y sont stationnés. En Martinique, les ateliers, armés par une quarantaine de civils et militaires de la Défense représentant 15corps de métiers différents, travaillent toute l’année pour garantir un entretien permanent aux Germinal, Ventôse et Dumont d’Urville. Comme à Tahiti, la base navale de Fort-de-France dispose d’un dock flottant qui permet d’assurer le carénage des unités sans délocaliser les arrêts techniques. Par ailleurs, les bases navales outre-mer assurent les fonctions logistiques d’expédition, de réception et de magasinage des rechanges au profit des unités navigantes, et garantissent ainsi une réactivité  accrue aux unités engagées sur les théâtres d’opérations. 
 
APPUYER ET CONDUIRE
Dans les zones de crise, les bases navales sont de véritables bases arrière de la conduite des opérations. Avec régulièrement cinq à dix unités déployées simultanément en océan Indien (le groupe aéronaval y a été déployé deux fois en 2015-2016), Djibouti et Abou Dhabi représentent de véritables ports d’appuis de la France que les unités doivent pouvoir rallier rapidement pour des missions de ravitaillement ou de réparation. Plus au Sud, Port des Galets, troisième base navale française en tonnage, permet d’assurer le départ des missions de soutien et de ravitaillement aux îles Éparses, de lutte contre la piraterie ou encore de protection des ressources halieutiques. À Mayotte, grâce à ses quatre radars de veille, l’élément de base navale concourt aux moyens de l’État pour lutter contre l’immigration par voie maritime dans le canal du Mozambique.
 
S’ADAPTER ET CONSTRUIRE
Face aux multiples missions conduites et à l’étendue des espaces à défendre, la France s’est engagée dans un vaste programme de renouvellement de sa flotte outre-mer, auquel prennent largement part les bases navales. À court terme, il s’agit de remplacer les bâtiments de soutien par de nouvelles unités, les bâtiments multimissions (B2M), qui seront progressivement affectés en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie, à La Réunion et aux Antilles. Les bases navales doivent repenser infrastructures et soutien de l’homme pour s’adapter à ces nouvelles unités construites aux normes civiles et à double équipage. À Nouméa, port d’attache du D’Entrecasteaux (premier B2M livré à la Marine) dès cette année, cette réflexion a été menée conjointement par la base navale, le service soutien de la flotte (SSF), le service d’infrastructure de la Défense (SID), le groupement de soutien de base de défense (GSBdD) et la Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (Dirisi). Elle doit conduire à une rénovation complète des quais à l’horizon 2017. La modernisation est également en marche à Port des Galets où l’on prépare de front l’accueil du B2M Champlain et du successeur de l’Albatros, qui assurera les missions de ravitaillement des bases Dumont d’Urville et Concordia : le patrouilleur polaire Astrolabe. Leur accueil nécessitera des adaptations capacitaires des infrastructures portuaires, mais aussi une rénovation du réseau électrique de la base navale et la création de locaux de travail et de vie pour leurs futurs équipages. De l’autre côté du globe, la base navale de Guyane a assuré en 2015 la réception et l’armement d’une nouvelle unité, la Caouanne. Cette embarcation remonte-filets (ERF) dote la France d’un outil de lutte contre la pêche illicite en remontant jusqu’à 20 km de filets dérivants. Dès la fin de l’année, la Guyane recevra La Confiance et La Résolue, qui remplaceront progressivement les patrouilleurs La  Capricieuse et La Gracieuse. À la base navale de Dégrad-des-Cannes, P400 et patrouilleurs légers guyanais (PLG) vont donc se côtoyer, à couple sur l’unique appontement, jusqu’au retour en métropole du dernier P400 à l’été 2017. Conçus pour les faibles fonds des eaux guyanaises, les PLG présentent des interfaces analogues à celles des P400. Le quai de la base navale bénéficiera d’une remise à niveau de ses infrastructures portuaires, notamment des réseaux (SIC, électrique, eaux usées), et de ses structures pour apporter un soutien adapté à ces nouvelles unités. 
Interview du VAE Béraud, ALFAN: «Bases navales et bâtiments de la FAN : une seule équipe» 

 

Interview du VAE Béraud, ALFAN : «  Bases navales et bâtiments de la FAN : une seule équipe » 

 
Que représente ce rattachement des bases navales outre-mer pour la FAN ? 
Effectif depuis le  1er septembre 2015, le rattachement des bases navales à ALFAN, c’est-à dire à la même autorité organique que celle des bâtiments de surface qui y sont basés, vise à obtenir davantage de cohérence et d’efficacité. L’enjeu est de faire bénéficier pleinement les bâtiments  stationnés outre-mer du soutien que peuvent leur apporter les bases navales existant sur chacun des territoires. Nous avons donné aux commandants des bases navales des attributions techniques de proximité et renforcé le lien entre leurs commandants et mes adjoints organiques à Brest et à Toulon, qui restent garants du bon fonctionnement de l’ensemble. Cela ne modifie en rien les attributions opérationnelles et en tant que COMBdD des commandants interarmées (COMSUP et   COMFOR). 
 
Cette nouvelle tutelle va-t-elle engendrer des changements profonds ? 
Ce rattachement ne  vise pas à imposer une vision uniforme des bases navales. Leur emprise, leurs missions, leur histoire :   chacune est différente et a su mettre localement  en place les moyens de remplir ses objectifs.  Toutefois, je m’emploierai à ce que les bonnes pratiques identifiées par l’une ou l’autre profitent à  toutes. 
 
Quel est l’impact de l’arrivée de nouvelles  unités sur ces bases navales ? 
Cette modernisation de la flotte outre-mer est un mouvement global qui ne saurait se limiter à la livraison des bâtiments  uxmêmes. Au-delà de l’adaptation nécessaire des infrastructures, notre attention se porte sur  ’adaptation des ateliers locaux aux spécificités de leur maintien en condition opérationnelle.  Nous accompagnons cette réflexion pour permettre aux bases navales de relever le défi que représente le renouvellement profond de la flotte qui s’amorce, dans le contexte budgétaire contraint que nous  onnaissons, tout en maintenant un bon niveau de soutien aux unités. 
 

Focus :
Djibouti ou comment ravitailler le GAN en 12 heures

 «Accueillir le groupe aéronaval (GAN), c’est ravitailler l’ensemble de ses unités dans un temps extrêmement limité, pour leur permettre de reprendre la mer rapidement. Ainsi, le 12 décembre 2015, en moins de 48h les marins de la base navale de Djibouti ont accueilli et ravitaillé l’ensemble des unités du GAN, avec 154 palettes de vivres secs et frais et 105 palettes de congelés, 20m3 de fret, 4000m3 de combustibles et 150m3 de déchets déchargés. Le défi logistique était d’autant plus difficile à relever que le porte-avions était au mouillage et d’autres unités à quai pour moins d’une journée. Deux chalands remplis à ras bord se sont succédé pour assurer ce train logistique dédié au porte-avions et son escorte, permettant au GAN de repartir moins de 12 heures après son arrivée.  Cette escale montre que Djibouti est un d’appui essentiel pour les bâtiments français se déployant sur le théâtre nord océan Indien.»
Capitaine de frégate Christophe Deldique, commandant de la base navale de Djibouti
 
 
 
 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
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