Technologies - Performances décuplées

Publié le 22 Février 2016 à 11:06

© Marine nationale

La Marine agit « au plus loin » et « au plus près » pour contribuer à assurer la protection des Français et de leurs intérêts. Elle déploie des moyens dans la profondeur, qu’elle positionne au plus près des zones de crise et des flux à protéger, pour intervenir dans des délais extrêmement courts. Le groupe aéronaval est un atout stratégique à la fois autonome et interopérable. Il se déplace sans contrainte diplomatique dans les eaux internationales et permet de projeter jusqu’à 40 avions de combat sur tout théâtre d’opérations. Il s’agit d’opérer dans un environnement compliqué avec de multiples interactions, des processus de ciblage extrêmement robustes, dans une chaîne de déci­sion qui remonte au plus haut niveau de l’État. Au total, 2 600 marins sont mobilisés, en temps réel et avec une grande réactivité, dans la lutte contre Daech. Le GAN vient donc compléter les autres moyens déjà déployés dans le cadre de l’opération Chammal. Il permet d’augmenter la force de frappe dont dispose la France dans la région et ainsi d’intensifier ses opérations aériennes contre Daech en Syrie et en Irak.
 
Porte-avions : Concentré de puissance
Capable de se déplacer de 1 000 km en 24 heures, haut de 16 étages et long de 260 mètres, le porte-avions – complété par son groupe aérien embarqué – constitue la capacité de frappe du groupe aéronaval. Le porte-avions peut catapulter un avion toutes les 30 secondes sur un pont d’envol de la taille de deux terrains de foot. Il dispose d’ateliers de réparation d’avions, d’un centre de contrôle aérien, de dépôts de munitions, de soutes à kérosène et de batteries de missiles d’autodéfense. Grâce à ses deux centrales nucléai­res, il est remarquablement autonome (1 seul plein tous les 7 ans, l’équivalent de 9 000 camions-citernes de gazole). À son bord, le groupe aérien embarqué, constitué de 18 Rafale Marine, 8 Super Étendard Modernisé – pour leur dernière mission –, 2 Hawkeye, 2 Dauphin et 1 Alouette III, est prêt à frapper.
 
Le cerveau de l’opération
Lorsque le groupe aéronaval appareille – nom de code « Task Force 473 » –, il est commandé par un amiral qui s’appuie sur un état-major dont les membres sont majoritairement issus de la force aéromaritime de réaction rapide (FRMARFOR). Cet état-
major, constitué pour la mission, planifie et conduit les opérations menées par toutes les unités du GAN. On y trouve des cellules de renseignement, de planification et de conduite des opérations, de logistique et de soutien (N1, N2, N3…), le tout directement en lien avec les structures de décisions nationales à Paris. Les unités du GAN déclinent les directives reçues de l’état-major dans les moindres détails. 
 
Éclairer le théâtre
Autour du porte-avions veillent les bâtiments qui composent son escorte. Ils contribuent à la liberté d’action du groupe aéronaval et à la maîtrise de l’environnement. Ils contrôlent et protègent l’espace sous et au-dessus de la mer, assurent le soutien par le ravitaillement à la mer, renseignent, contrôlent et protègent l’environnement. Ces bâtiments constituent sa tour de contrôle, ses gardes du corps et son « intendant ». Ils amplifient la puissance du porte-avions. Pour ce déploiement en mer Méditerranée et en océan Indien, il s’agit de la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul, de la frégate anti-sous-marine (FASM) La Motte-Picquet, puis de la frégate multimission (FREMM) Aquitaine, du bâtiment de commandement et de ravitaillement (BCR) Marne et d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA). Ponctuellement, cette version du groupe aéronaval intègre les frégates belge Léopold Ier, allemande Augsburg et britanniques HMS Defender et Saint Albans, afin de renforcer la capacité à travailler en commun avec les marines de ces pays alliés.
 
Une profondeur accrue
La frégate multimission Provence a intégré le 28 décembre le GAN dans le cadre de son déploiement de longue durée. Ont alors été mis à l’épreuve du feu l’endurance de son équipage et la fiabilité de ses systèmes de combat et de navigation avant son admission dans la Marine. Les deux FREMM présentes au sein du GAN, ainsi que leurs Caïman Marine, constituent un saut technologique majeur. Avec des capacités de détection et de classification renforcées, elles permettent d’entendre, et donc de voir, plus loin sous l’eau. Elles protègent dès lors plus en profondeur le porte-avions, grâce à leurs sonars de dernière génération, notamment celui de l’hélicoptère Caïman Marine (FLASH trempé), et leurs torpilles MU 90. Et comme toutes les frégates, les nouvelles unités françaises sont équipées de puissants moyens de lutte antinavire et antiaérienne, et de guerre électronique pour faire face à toutes les menaces et conduire efficacement des missions de renseignement et de suivi de situation.
L’objectif n’est pas de combattre, il faut vaincre. L’ensemble du dispositif est ordonné pour vaincre l’ennemi qui menace la sécurité des Français et les intérêts de la France. La mise en œuvre des avions requiert un dispositif complexe bien huilé. 
 

Chronologie d’un catapultage
 

H-2 h : Le pont d’envol prend vie : le personnel pont d’envol et hangar (PEH) dispose les avions pour la « pontée », en fonction de leur ordre de catapultage. La passerelle positionne alors le porte-avions en tenant compte de la météo observée, de la situation tactique, de la distance par rapport à un éventuel terrain de dégagement et de la situation en surface. 
H-1 h : Le chef de quart et l’officier aviation examinent le « contrat du vent » sur le pont d’envol pour le catapultage. C’est à partir de ce contrat que seront paramétrées les données de catapultage afin que la catapulte donne la vitesse suffisante à chaque avion, en fonction de sa configuration, pour prendre son envol.
H-30 minutes : L’hélicoptère de sauvetage (Pedro) est mis en place sur le pont, son équipage paré. En cas d’indisponibilité du Pedro, une frégate prend place dans les eaux du porte-avions pour être en mesure de porter secours. Les bâtiments d’escorte sont avertis de la route aviation future et des intentions cinématiques du Charles de Gaulle. 

En route avia
 

H-20 minutes : Les avions démarrent leurs réacteurs. 
H-15 minutes : Le porte-avions vient à la route aviation (face au vent pour un catapultage) et met en l’air le Pedro. Les différentes chaînes fonctionnelles sont mises au poste de manœuvre aviation. 
H-5 minutes : Le Hawkeye déploie ses ailes, le chef de quart est à la route de catapultage et règle sa vitesse pour garantir le « contrat de vent » sur le pont. 
H-3 minutes : Le chef du quart donne « le bleu » à l’officier aviation, lui signifiant ainsi que toutes les conditions nécessaires au catapultage sont réunies. 
Heure H : Le Hawkeye est catapulté. Il s’envole en premier du fait de sa taille et libère ainsi la place nécessaire aux chasseurs pour être roulés sur le pont d’envol en vue de leur catapultage. 
H+5 minutes : Les chasseurs sont catapultés à leur tour. 

Première phase de la mission accomplie pour le porte-avions.

 
Dossier réalisé par l’EV1 Pauline Franco, en collaboration avec le CF Lionel D., le LV Thierry M. et l’ASP Marius C.
 
Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale
 
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