Espace d’échanges - Coopérer et intervenir

Publié le 28 Octobre 2015 à 11:12

© Marine nationale / SM Chenal

La Méditerranée, par sa géographie, oblige ses pays riverains à la solidarité pour maintenir et sécuriser les flux qui la traversent. Cela se traduit pour la Marine par le développement de la connaissance mutuelle afin d’être à même de réagir en cas de crises. Les échanges d’information et les manœuvres en commun permettent de renforcer la capacité à agir conjointement.

Renforcer la sécurité maritime en MEDOC

La Marine française entretient avec les pays riverains du bassin occidental de la Méditerranée (MEDOC) des relations bilatérales ou multilatérales soutenues. L’objectif général est de renforcer la sécurité maritime tout en anticipant des interventions communes, par exemple dans le domaine du sauvetage ou de la lutte antipollution. Les échanges avec les membres de l’Union européenne et de l’Otan sont conduits, avec le souci de favoriser l’échange d’information, mais également de coordonner l’emploi des moyens aéromaritimes. Les relations entre la Marine française et celles des pays d’Afrique du Nord sont axées sur le renforcement des capacités contribuant à la sécurité maritime. Cela prend notamment la forme d’activités de coopérations opérationnelles annuelles ou bisannuelles, Raïs Hamidou avec l’Algérie, Chebec avec le Maroc, ou encore Pangolin avec la Tunisie, sur des thèmes de lutte contre les trafics illicites.

En complément de ces activités, les pays riverains de la Méditerranée occidentale se rencontrent dans le cadre de l’Initiative « 5+5 Défense » qui regroupe les cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie, Tunisie) et cinq États membres de l’Union européenne (France, Espagne, Italie, Malte et Portugal). Lancé en 2004, ce forum regroupe quatre domaines d’activité : surveillance maritime, sûreté aérienne, contribution des forces armées à la protection civile et formation et recherche. Le 5+5 n’a pas vocation à être le cadre d’un engagement opérationnel, mais il peut être un des instruments d’une approche globale qu’il convient de mobiliser pour faciliter les relations, renforcer la confiance et partager l’information.

Coopération intra-européenne

Créée en 1995 par la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, l’European Maritime Force (EUROMARFOR) est une force navale européenne pré-structurée pouvant à tout moment être activée. Des manœuvres conjointes permettent régulièrement aux marines partenaires de s’entraîner ensemble et d’améliorer l’interopérabilité de leurs moyens. Reposant sur des moyens nationaux, EUROMARFOR peut réunir un porte-avions, un groupe amphibie, un groupe de guerre des mines, des bâtiments d’escorte et de soutien et des sous-marins, ainsi que des avions de patrouille maritime. Pour le moment, l’EUROMARFOR a connu trois déploiements opérationnels : Coherent Behaviour en 2002, Resolute Behaviour en 2003 et Impartial Behaviour en 2008-2009.

Prévenir les crises en MEDOR

La Méditerranée orientale (MEDOR) concentre de nombreux foyers d’instabilité, voire de conflits. Outre son action d’évaluation de situation au profit des décideurs nationaux, la Marine contribue dans cette région à l’entretien de partenariats forts avec les pays riverains et amis de la France. Promouvoir l’autonomie et l’efficacité des forces armées des pays alliés dans l’exercice de la souveraineté sur leurs espaces maritimes est un enjeu auquel la France est particulièrement attachée. Cela comprend la lutte contre les divers trafics, l’organisation de la navigation maritime et du sauvetage, mais également l’exercice des droits et devoirs liés à l’exploitation future des zones économiques exclusives. C’est ainsi que nos bâtiments s’entraînent régulièrement avec les forces grecques et turques, également membres de l’Otan, égyptiennes, libanaises ou encore chypriotes. Dans une région où se croisent de nombreux bâtiments, la coopération est particulièrement importante avec l’US Navy. Les bâtiments déployés des deux pays se rencontrent régulièrement à la mer, que ce soit pour confronter les perceptions de situation, conduire des activités d’entraînement à la mise en œuvre des systèmes d’armes ou entretenir une interopérabilité toujours plus poussée.

Une lutte commune contre les pollutions

La Marine est confrontée aux risques de pollutions en mer générées par le trafic maritime, notamment les pollutions aux hydrocarbures. La prévention de tels risques repose sur une préparation permanente avec des moyens spécialisés (Centre d’expertises pratiques et de lutte antipolution (CEPPOL), navires spécialisés affrétés comme les remor-queurs d’intervention, d’assistance et de sauvetage (RIAS) et les bâtiments de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD), moyens antipollution de la base navale, centre de traitement des crises…). Près de 25 millions de tonnes de matières dangereuses ont été transportées dans le canal de Corse en 2014 ; environ 10 millions ont transité dans les bouches de Bonifacio sur la même période. La coopération des États en ce domaine se révèle nécessaire, et c’est pour cette raison que l’ensemble des pays riverains du bassin méditerranéen ont ratifié en 1978 la convention internationale pour la prévention de la pollution par les navires (MARPOL). En 1993, la France, l’Italie et Monaco ont décidé, dans le cadre de l’accord Ramoge(1), d’établir un plan d’intervention pour la lutte contre les pollutions marines accidentelles en Méditerranée. La zone d’application de ce plan – qui s’étend de l’embouchure du Grand Rhône à l’ouest au feu de Capo d’Anzio à l’est, et couvre la Sardaigne et la Corse – comprend deux sous-zones. La première où la mise à disposition réciproque de moyens est automatique, et la seconde où l’intervention conjointe est soumise à une demande de l’autorité nationale concernée par l’événement de pollution.

(1) Saint-Raphaël, Monaco, Gênes.

La frégate Mohammed VI

La Marine royale marocaine a acquis, le 30 janvier 2014, une frégate multimission (FREMM) en version anti-sous-marine. Baptisée Mohammed VI, cette frégate est la deuxième construite par DCNS et la première à trouver un acquéreur à l’étranger. L’arrivée de la FREMM dans la Marine royale marocaine constitue un vecteur fort de coopération, appuyée sur la confiance mutuelle entre la France et le Maroc. Le choix par le Maroc d’une FREMM témoigne de la reconnaissance de l’excellence des savoir-faire de l’industrie navale française et du crédit que ce pays accorde à la qualité des matériels conçus et construits par la France et éprouvés par sa marine.
La frégate Mohammed VI de la Marine royale marocaine mesure 142 mètres de long et présente un déplacement de 6 000 tonnes en charge, ce qui en fait la frégate au plus grand tonnage en service sur le continent africain.

 

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