Les GPD fêtent leurs 60 ans

Publié le 1 Octobre 2015 à 11:42

ASP Paguiel Kohler © Marine nationale

Préserver la libre circulation en mer, garantir la sûreté des sous-marins de la Force océanique stratégique et contribuer à la sécurité en neutralisant les munitions historiques sont les principales missions des plongeurs démineurs. Placés sous l’autorité organique de l’amiral commandant la Force d’action navale (ALFAN), ils sont répartis sur les trois façades maritimes métropolitaines : Toulon, Brest et Cherbourg.

Les GPD effectuent tous types d'opérations de lutte contre les mines, en complément des autres moyens de guerre des mines. Chaque GPD dispose en propre de deux vedettes, d’embarcations pneumatiques et de moyens routiers. Un bâtiment base de plongeurs démineurs, unité complémentaire, permet d’étendre son rayon d’action et agit comme démultiplicateur d’effets : le Vulcain à Cherbourg, le Styx à Brest, et le Pluton à Toulon. Un quatrième bâtiment, l’Achéron, sert à la formation des plongeurs et à l’expérimentation et développement de nouveaux matériels de plongée et peut remplacer le Pluton.

Lorsqu’un engin explosif ne peut être neutralisé et déplacé vers un lieu sûr,
il est détruit sur place après une sécurisation de la zone et des mesures d’effarouchement de la faune.

Guerre des mines

En janvier 2015, les GPD ont été déployés au sein d’un groupe de guerre des mines (GGDM) durant quatre mois en océan Indien et dans le golfe arabo-persique (GAP). Ce groupe comprenait deux chasseurs de mines tripartites (CMT), l’Aigle et l’Andromède, un détachement de plongeurs démineurs et un état-major de conduite. Le déploiement bisannuel du GGDM dans le GAP contribue à la sécurisation des voies maritimes et des accès aux ports dans une zone d’intérêt stratégique. Ils ont également participé à des entraînements opérationnels avec leurs homologues britanniques et américains.

Bilan chiffré

Les GPD assurent une activité permanente sur toutes les façades maritimes métropolitaines. Chaque année, la Marine traite entre 10 et 30 tonnes d’explosifs.  En 2014, près de 2800 engins ont été neutralisés, 2000 munitions sous-marines et 769 mines terrestres ; soit 32 tonnes de munitions.

 

Interview du CV Jean-Christophe Oliéric, chef de l’état-major de conduite des opérations de guerre des mines

Commandant, quels sont les moyens d’intervention sous la mer dont disposent les GPD ?

« Les GPD opèrent en plongée autonome entre la surface et 80 mètres de profondeur. Ils peuvent employer plusieurs types d’équipements de plongée mais leur appareil de plongée

principal est le CRABE (Complete Range Autonomous Breathing Equipment). Son autonomie varie de trois heures à 24 mètres de fond à quinze minutes à 80 mètres. Sa discrétion magnétique et acoustique permet aux plongeurs de s’approcher des systèmes de mise à feu des mines sans les déclencher. Pour les travaux sous-marins et pour certaines interventions, les plongeurs démineurs utilisent du matériel plus spécialisé tels que des scaphandres et des narguilés. Les GPD sont experts dans la recherche et à l’identification en

zone côtière, dans les approches des ports, dans les bassins et les darses, ainsi que les zones où les chasseurs de mines sont inopérants. »

Les GPD ont un large domaine d’action et effectuent différents types d’intervention. Pouvez-vous nous en donner quelques illustrations ?

« Ils opèrent à la fois sur le territoire national et à l’extérieur et réalisent deux types de missions. Les missions dites génériques sont indifféremment confiées aux trois GPD s’appuyant sur des compétences communes à l’ensemble des plongeurs démineurs : la lutte contre les mines marines ; l’intervention NEDEX (neutralisation enlèvement, destruction des engins explosifs) qui traite des munitions de guerre comme des colis piégés à terre et sous l’eau ; les missions de « service public » et le soutien aux opérations de sauvetage de sous-marin.

Le 4 août dernier, le GPD Atlantique a contreminé en rade de Brest une bombe américaine de 1000 livres (contenant près de 300 kilos d’explosif) larguée pendant la deuxième guerre mondiale.

Le GPD Manche et leur bâtiment base le Vulcain ont pour leur part détruit en mai et juin derniers près de 20 tonnes d’explosifs, lors d’opérations de dépollution d’épaves.

Quelles sont les autres missions réalisées par les GPD ?

« Chacun a des missions spécifiques dans des domaines d’excellence très pointus: l’intervention en eaux polluées et la récupération de mines inconnues (GPD Atlantique), le contre-terrorisme maritime (GPD Manche), ainsi que le génie sous-marin de combat et les  opérations amphibies (GPD Méditerranée). Le domaine NEDEX fait l’objet d’une certification particulière. Dans chaque GPD, un binôme de plongeurs certifiés « neutralisateur » assure une alerte permanente. Les plongeurs démineurs expérimentés  dans ce domaine maîtrisent un ensemble e matériels qui permet d’intervenir aussi bien en milieu terrestre que subaquatique (robots, canons à eau…). Après la fin de l’opération Harmattan, la Marine a déployé 30 plongeurs démineurs et deux bâtiments pour investiguer et éliminer les munitions et engins explosifs improvisés dans les principaux ports libyens. »

Un peu d’histoire

A partir de juin 1953, date de la création du certificat de plongeur démineur, la formation des plongeurs aux techniques de déminage et à l’utilisation d’appareils de plongée spécifiques aux missions de guerre des mines se déroule à l’escadrille de dragage de Toulon. Elle se poursuit en 1957 dans la toute nouvelle Ecole de plongée de la Marine située à Saint-Mandrier, près de Toulon. Les groupes de plongeurs démineurs sont créés dans la foulée. A l’issue d’un cycle de formation d’une année, les plongeurs démineurs reçoivent une affectation dans les groupes de plongeurs démineurs ou sur chasseurs de mines.

De juin 1953, date du premier cours, à ce jour, 1472  marins ont été certifiés ou brevetés « plongeur démineur » dont une centaine de stagiaires de nationalité étrangère.

Près de 250 plongeurs démineurs sont affectés dans les unités de plongeurs et certains, après quelques années en affectations opérationnelles, deviennent instructeurs à l’école de plongée ou spécialistes de plongée profonde au sein de la cellule plongée humaine et intervention sous la mer (Cephismer).

La discrétion magnétique et acoustique du CRABE permet aux plongeurs de s’approcher 
des systèmes de mise à feu des mines sans les déclencher.

Source : Marine nationale
Crédits : ASP Paguiel Kohler / Marine nationale

 

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