Au cœur des opérations - Les SIC dans Arromanches

Publié le 1 Octobre 2015 à 10:18

Si les communications à haut-débit sont quotidiennes, les transmissions plus « classiques » n’ont rien perdu de leur utilité. Ici, échanges de commandement de passerelle à passerelle en VHF. © Marine nationale / Cindy Luu

La mission Arromanches, dernier déploiement du groupe aéronaval, permet d’illustrer les apports des SIC aux opérations. Du porte-avions Charles de Gaulle aux Rafale Marine en passant par un sous-marin nucléaire d’attaque, chaque unité du groupe aéronaval (GAN) interagit grâce aux systèmes d’information et de communication.

NO SIC, NO GAME

L’information est une donnée vitale. Comprendre l’environnement, échanger des ordres et des comptes rendus, partager des données protégées en garantissant leur intégrité à des milliers de nautiques de distance… Autant d’exigences, toutes garanties par les SIC, indispensables non seulement aux chefs mais aussi aux échelons tactiques pour gagner les guerres d’aujourd’hui et de demain. Toutes les composantes de la Marine, qu’elles soient dans les airs, sur ou sous la mer, ont besoin de communiquer. Le sous-marin intégré au groupe aéronaval doit, par exemple, concilier ses impératifs de discrétion et son besoin de communication ou d'information pour conduire sa mission. C’est pourquoi il dispose d'une cellule dédiée à bord du porte-avions, dont le rôle est d’adapter le flux d’information à la situation du sous-marin et à ses moyens de transmission.

Au quotidien, navigation web, partage de fichiers et mails sont des services indispensables pour partager l'information, à la fois en planification et en conduite des opérations. Il s'agit de s'adapter aux contraintes des systèmes embarqués, notamment aux limitations de débit et aux déconnexions volontaires ou subies, et de gérer avec rigueur les règles de protection du secret en cloisonnant l'information au sein de communautés selon le « besoin d’en connaître ».

LES ACTEURS SIC DANS LES OPERATIONS

En phase de planification de la mission, le bureau N6 de l'état-major embarqué (appartenant à la Force aéromaritime de réaction rapide) est chargé de définir les besoins en systèmes d'information et de communication pour toutes les unités du groupe aéronaval et pour couvrir les différents volets de la mission. Pour Arromanches, les besoins définis concernaient la coopération et les exercices bilatéraux avec les principaux partenaires de la zone ainsi que la contribution à l'opération Chammal.

En interarmées, cette planification se fait en collaboration étroite avec le commandement des SIC interarmées de théâtre (COMSICIAT). Placé auprès de l’amiral commandant la zone maritime de l’océan Indien (ALINDIEN), celui-ci assure la coordination et la cohérence des moyens SIC déployés sur le théâtre. In fine, c'est le centre de planification et de conduite des opérations (CPCO) qui valide le schéma global des SIC de l'opération.

La Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information (DIRISI) est un partenaire indispensable au bâtiment lors d’un départ en opération. Elle assure, en complémentarité du service SIC, l’acheminement des réseaux et le montage des systèmes d’information et de communication. Pour les autres SIC spécifiques à la mission (ex : SIC de coalition), la DIRISI est en charge de l'installation et de la validation de ces SIC dits "de circonstance".

Les SIC permettent de tirer l’efficacité maximum des aéronefs en soutien d’une force navale.

RETEX ARROMANCHES

Les SIC, base de l’interopérabbilité
Parler entre soi, c’est indispensable. Communiquer avec les alliés, c’est ce qui permet à la marine française de garantir son interopérabilité et de compter parmi les grandes marines de guerre. Pendant Chammal, les SIC ont assuré efficacement l'interopérabilité avec les Américains, condition sine qua non pour être un contributeur de premier plan dans la lutte contre Daesh. Par exemple, les SIC ont contribué à l’intégration optimale de la frégate de défense aérienne Chevalier Paul dans l'organisation de défense aérienne du Golfe Arabo-Persique, et une frégate britannique dans le groupe aéronaval.

Communiquer mieux pour communiquer plus
Le tempo des échanges d'information doit encore être amélioré pour s'adapter à celui des opérations, qui ne cesse de s'accélérer. Le débit demandé augmente plus rapidement que la taille des tuyaux disponibles. Il s’agit donc aujourd’hui de ne pas occuper les canaux inutilement et de les exploiter au maximum de leurs capacités. L’enjeu consiste, dans ce contexte, à maîtriser les flux d'information tout en délivrant aux bons acteurs l'information pertinente dans des délais contraints. Comment ? En s'appuyant sur des mesures techniques (adaptation des réseaux et des systèmes) et des mesures organisationnelles (taille des pièces jointes dans les messages, horaires de connexion Internet), par exemple.

 

Communications de théâtre au sein d’une force aéronavale

.Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

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