Les SIC à bord Des bâtiments connectés pour une Marine interopérable

Publié le 1 Octobre 2015 à 09:46

Les transmissions, « nerf de la guerre », jouent un rôle crucial dans la réussite des missions opérationnelles. Le service SIC doit être en mesure d’agir rapidement sur les équipements du central opérations. © Marine nationale / Simon Ghesquière

Le BPC Mistral, comme chaque bâtiment de la Marine, dispose d’un service SIC intégré au groupement « opérations ». Sa mission consiste à garantir le bon fonctionnement et l’efficacité des systèmes d’information et de communication du bord. Il met à la disposition des utilisateurs la totalité des moyens de transmission du bord, qu’ils équipent le bâtiment à titre pérenne ou à l’occasion d’un exercice ou d’une opération (SIC de circonstance). Ces systèmes, complexes et nombreux, vont de l’interphone à la station satellitaire. Ils nécessitent des marins spécialistes des systèmes d’information et télécommunication (SITEL) polyvalents et dotés de solides capacités d’adaptation. Passage en revue d’outils emblématiques d’une marine moderne.

RIFAN : UNE BOX, PLUSIEURS RESEAUX

Les SIC militaires suivent depuis plusieurs années un mouvement global de standardisation des technologies. Ils transportent les flux d’informations opérationnelles en utilisant les principaux standards mondiaux, notamment IP (Internet Protocol).

A bord du BPC Mistral, RIFAN2 (Réseau Infrastructures des Forces aéronavales) est utilisé comme réseau support afin de pouvoir échanger des données internes et externes à la Force d’action navale (FAN). Sur ce support « fédérateur » viennent se connecter la quasi-totalité des systèmes d’information et de télécommunication, sur des réseaux distincts pour chaque niveau de confidentialité. Un des systèmes principaux connectés à RIFAN est le système d’information et de communication du XXIè siècle (SIC 21) utilisé pour les échanges de documents et d’informations de niveau confidentiel défense. Ce système sera progressivement remplacé par le système d’information des armées (SIA). Le réseau FrOps, en cours de déploiement, vient quant à lui compléter le dispositif pour conduire des opérations jusqu’au niveau « secret » en interopérabilité avec les principaux alliés.

Les opérations de maintenance à bord, comme ici sur la station de transmission par satellite Syracuse III,
permettent de garantir le plus haut niveau de disponibilité.

Des SIC et des hommes

En phase avec les technologies de l’information, les compétences requises évoluent constamment. Si la réforme a abouti à la création d’une spécialité polyvalente (SITEL) jusqu’au niveau du brevet supérieur (BS) inclus, les contenus de formation sont en perpétuelle adaptation pour coller aux besoins des forces et aux nouveaux outils. Ainsi, l'arrivée des frégates multimissions, des frégates de défense aérienne et des bâtiments de projection et de commandement implique de repenser les plate-formes de formation à l'exploitation des équipements.

Dans le domaine de la programmation informatique, le cursus des développeurs (les CAPSI, concepteurs analystes programmeurs des systèmes d’information) est en cours de refonte pour leur garantir le meilleur niveau d’expertise et des perspectives de carrière à part entière dans cette filière. En parallèle, une étude vise à s'assurer de l'adéquation des 5 brevets de maîtrise actuels aux besoins opérationnels.

Le domaine de la cybersécurité se structure à grande vitesse pour accompagner une montée en puissance. Dans le domaine de la gestion, l'individualisation des parcours a notamment abouti à la création d’une unique autorité gestionnaire des emplois SIC à Brest. Un partenariat a été signé entre la direction du personnel militaire de la Marine (DPMM) et la DIRISI pour donner une meilleure visibilité aux marins dans une carrière qui comportera certainement au moins une affectation interarmées.

Les marins du domaine SIC font donc l’objet d’une grande attention car ils demeurent une ressource rare et précieuse.

DES COMMUNICATIONS PAR SATELLITE

Si les transmissions étaient comparées au transport ferroviaire, les communications par satellite (SATCOM) en seraient le train à grande vitesse. Les SATCOM sont une composante majeure des réseaux interarmées. Elles permettent de transporter des données, de la voix et des images en grande quantité à de très longues distances, par exemple entre la métropole et les forces projetées et/ou prépositionnées. Les systèmes sont soit militaires (Système de radiocommunications utilisant un satellite IIIème génération – SYRACUSE III), soit civils (VSAT – Very Small Operations Terminal) afin d’équiper le plus grand nombre de bâtiments possible. Ainsi, les marins embarqués ont accès aux services du web, au chat, à la visioconférence, à la téléphonie « claire » ou chiffrée et aux transferts de fichiers volumineux indispensables à la conduite des opérations. Tout récemment, la Full Motion Vdeo (FMV) a même fait son apparition dans les centraux opérations.

RESEAUX OTAN ET RADIOS : LES TRANSMISSIONS CLASSIQUES

Si les SATCOM sont le TGV, les liaisons radios classiques sont le TER. Les « Hautes Fréquences » (gammes HF, VHF, UHF) sont un moyen de communication peu coûteux et directement interopérable avec les alliés, notamment pour ceux n’ayant pas recours aux transmissions par satellites. Leur déploiement généralisé, leur simplicité et leur souplesse d’utilisation conditionnent directement la capacité de la France à conduire des opérations bilatérales ou en coalition. Des progrès constants sont réalisés dans le traitement du signal, augmentant ainsi la qualité des liaisons et les débits autorisés.

Au sein de l’OTAN, la Marine française utilise encore ce qui pourrait être appelé le « doyen » des SIC : la télégraphie avec la procédure ACP 127 (Allied Communication Procedure). Robuste, peu gourmand en bande passante et interopérable, il permet de garantir l’acheminement sécurisé des ordres en toutes circonstances. Il assure également les échanges avec les marines alliées ne disposant pas des technologies de l’information les plus modernes, en « clair » ou en chiffré.

Témoignages à bord du Mistral

L’entretien et l’assistance au quotidien

 

 « J’assure la mise à disposition des moyens de communication internes et de leur fonctionnement (téléphonie, diffusion, interphonie et informatique). Je suis également responsable de l’atelier informatique qui administre tous les ordinateurs du bord ainsi que plusieurs logiciels. J’assure également la préparation et le soutien en conduite de la zone d’état-major du Mistral lors d’exercices ou de missions. »

MT Brice P.- chef de secteur « réseaux » (BS SITEL – certificat supérieur Réseaux)

« Je porte assistance aux marins qui rencontrent des problèmes avec leur matériel informatique. J’assure également l’entretien des réseaux internes d’interphonie et de diffusion : TAG (Téléphone autogénérateur), DOA (Diffusion d’ordres et d’alertes), haut-parleurs et amplificateurs pour les diffusions, mais aussi du réseau des téléphones du bord ainsi que des matériels comme  les écouteurs ou les micros. »

 

QM Aurélien J. - équipier « fil » et « infor » (QMF MOSIC sélectionné BAT SITEL)

« Responsable de la télésurveillance à bord, du dépannage des équipements HF et UHF ou encore des portatifs radio indispensables à la sécurité et à la protection défense, j’assure les réglages de la vie courante. Chef de quart, je tiens une permanence au PC TELEC, où sont gérés les échanges internes et externes. Dans ces fonctions, j’ai aussi la charge des équipements radio, des fréquences dont le central opérations a besoin, du contrôle et du routage des messages officiels. »

 

 

SM Maxime V. - équipier « télécom » et chef de quart au PC SIC (BAT SITEL)

Source: Marine nationale

Droits: Marine nationale

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