Composante aéroportée - Les forces aériennes stratégiques

Publié le 25 Juin 2015 à 09:39

© Cyril Amboise / Armée de l’air

Depuis plus d’un demi-siècle sans interruption, les Forces aériennes stratégiques (FAS) sont dans la posture de dissuasion nucléaire au service de la paix. Avec la Force aéronavale nucléaire (FANU), elles constituent la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire qui, avec la composante océanique, « concoure à l’ensemble des missions de la dissuasion » sans « être dédiée à l’atteinte d’un objectif qui lui serait propre » comme l’a rappelé le président de la République dans son discours sur la dissuasion nucléaire prononcé sur la base aérienne d’Istres le 19 février dernier.

Au sein des FAS, deux escadrons de combat, d’une vingtaine d’appareils chacun, assurent la mise en œuvre du missile nucléaire air-sol moyenne portée amélioré (ASMP-A), sur Rafale biplaces et sur Mirage 2000N. Quatorze avions-ravitailleurs Boeing C-135 apportent à ces appareils l’allonge nécessaire à leurs missions.

La mise en condition des moyens des FAS se caractérise par la recherche inlassable de l’excellence dans le respect des règles de sécurité nucléaire et de contrôle gouvernemental. A cette fin, les FAS conduisent un entraînement intensif, réaliste et sans concession.

Cet entraînement continu des FAS prend la forme de multiples opérations et exercices, de périodicité variable et qui valident chacun tout ou partie de la mission nucléaire. Le système d’armes se trouve ainsi régulièrement mis en œuvre et contrôlé. C’est une opération ou un exercice par semaine qui est en moyenne réalisé et décliné jusqu’au niveau d’exécution des unités.

« Il est impératif de recréer des conditions opérationnelles réalistes » explique le général de corps aérien Philippe Steininger, commandant les FAS. « Une personne ne réagit pas de la même façon quand elle manipule un armement réel. Il est donc indispensable de s’exercer régulièrement ».

Les opérations les plus exigeantes portent sur une montée en puissance nucléaire dans son ensemble. Elles incluent toutes les phases de celle-ci : déploiement, armement, prise d’alerte, planification, engagement et finalement réalisation et restitution d’un tir fictif d’ASMP-A.

« Ces exigences se sont étendues à l’ensemble de l’armée de l’air, témoigne le général Steininger. Inscrite depuis l’origine dans l’ADN des FAS, l’aptitude par exemple à frapper à longue distance sous faible préavis dans une ambiance de guerre électronique a ainsi été transmise à l’ensemble des équipages de l’armée de l’air. »

Au-delà de la dissuasion, les unités des FAS participent aux missions conventionnelles de l’armée de l’air. « En emportant des armements conventionnels, les chasseurs des Forces aériennes stratégiques aux capacités duales ont réalisé environ un quart des frappes effectuées par des avions français lors des opérations en Libye et au Sahel. Ils opèrent aujourd’hui en Afrique et en Irak, et contribuent tous les jours à l’alerte de défense aérienne » a déclaré le Président de la République, le 19 février 2015 à Istres. La polyvalence du Rafale permet aux FAS de participer à toutes les missions conventionnelles de l’armée de l’air, qu’il s’agisse de police du ciel ou d’intervention sur un théâtre extérieur.

Par ailleurs, les C-135 sont également dotés d’une capacité d’évacuation de blessés graves sur longue distance appelée MORPHEE. Ce kit médicalisé transforme les avions ravitailleurs des FAS en un véritable service de réanimation volant.

En 2018, les deux escadrons de combat des FAS seront équipés de Rafale B et le premier Airbus A 330 « Phénix », qui remplacera les C-135 et assurera des missions de transport stratégique au profit de l’ensemble des armées, sera livré aux FAS. En parallèle, sera poursuivie la modernisation des moyens de transmissions. A plus long terme, sera mis en service le missile ASMPA dans une version rénovée dont l’élaboration a été lancée. Ainsi, sont prises les dispositions afin de garantir la crédibilité technique de la composante aéroportée de la dissuasion.

Les FAS en alerte

Plusieurs fois par an, les FAS organisent l’une des opérations les plus exigeantes de l’armée de l’air. Dénommée « Poker », cette opération met en œuvre plusieurs dizaines d’aéronefs de l’armée de l’air dans le cadre de la simulation d’un raid nucléaire. Cette opération vise à partager les expériences et les compétences afin de perpétuer l’excellence des équipages, quelles que soient leurs missions. Environ un millier d’hommes est mobilisé pour ce type d’opération qui se déroule sur une nuit entière.

« Cet exercice est une véritable opération, réunissant une cinquantaine d’avions répartis sur l’ensemble du territoire », témoigne le lieutenant-colonel Cédric, du centre opérationnel des forces aériennes stratégique (COFAS) à Taverny. Les équipages de Rafale, Mirage 2000 N, Boeing C135 reçoivent les ordres de mise en alerte. La mission stratégique se prépare à l’aide des renseignements fournis par le COFAS. En parallèle, des avions d’unités conventionnelles sont également mobilisés. « Ces équipages mettent à profit leur expertise en termes d’actions offensives », ajoute le lieutenant-colonel. Une fois l’ordre de décollage donné, les aéronefs se rejoignent en l’air pour un vol d’environ six heures. Plusieurs temps forts ponctuent le vol : ravitaillements en vol, pénétration en très basse altitude à très grande vitesse et engagement de la défense adverse. À plusieurs centaines de kilomètres de la cible, le tir est effectué. À travers ces entraînements réguliers, les FAS assurent leur crédibilité. Une mission pour laquelle leur personnel se prépare sans relâche 24 heures/24, 7 jours sur 7 afin de ne jamais rompre le contrat opérationnel.

 

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