La composante océanique - 40 ans de permanence à la mer

Publié le 25 Juin 2015 à 09:28

Patrouillant dans le plus grand secret, les SNLE de type Le Triomphant assurent la permanence à la mer de la mission de dissuasion. © Alain Monot/ MN

« La composante océanique, par la permanence à la mer de nos sous-marins, leur invulnérabilité, la portée des missiles, constitue un élément clé de la manœuvre dissuasive. Puisqu’un agresseur potentiel, tenté d’exercer un chantage contre la France, doit avoir la certitude qu’une capacité de riposte sera toujours opérationnelle et qu’il ne pourra, ni la détecter, ni la détruire. C’est l’intérêt, l’utilité de la composante océanique.1 »

La mission des SNLE est d’assurer la mise en œuvre de la dissuasion nucléaire depuis le fond des océans. La création d’une composante océanique de la force de dissuasion a été décidée au début des années soixante. Le premier sous-marin de la FOST, Le Redoutable, a appareillé pour sa première patrouille opérationnelle en 1972. Depuis, au moins un SNLE assure dès le temps de paix une permanence à la mer.

Le parc actuel est de quatre SNLE. Cela permet, compte tenu des périodes d’entretien majeur, d’en maintenir trois en permanence dans le cycle opérationnel et de garantir la permanence à la mer. La série initiale des six Redoutable a été remplacée par celle des quatre Triomphant dont le premier a été admis au service actif en mars 1997. A terme, les quatre SNLE seront capables de mettre en œuvre le nouveau missile M51. Ils sont placés sous les ordres de l’amiral commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique (ALFOST) et contrôlés depuis le centre opérationnel de Brest.

1 François Hollande, Discours sur la dissuasion nucléaire - à Istres, 19 février 2015

Une des pierres angulaires de la dissuasion française

Ce sont les qualités intrinsèques des SNLE qui fondent la crédibilité de la composante océanique de la dissuasion.

Fréquemment déployés plus de dix semaines sans aucun concours extérieur, les SNLE sont endurants et autonomes. A chaque instant, au moins un SNLE est prêt à lancer ses missiles sans délai si l’ordre lui en était donné.

Discrets par nature, dilués dans le fond des océans, les SNLE ont été conçus et manœuvrent de façon à n’être ni détectés, ni pistés. Ils constituent ainsi une capacité de lancement de l’arme nucléaire qu’aucun adversaire ne saurait localiser.

Les SNLE disposent d’une capacité de frappe, massive ou adaptée, chacun des 16 missiles portant plusieurs têtes nucléaires. Leur portée intercontinentale et leur capacité d’atteindre plusieurs objectifs en font une arme redoutable. Ils font ainsi peser sur un adversaire, qui voudrait s’en prendre à nos intérêts vitaux, la menace de « dommages absolument inacceptables 1 » pour lui. Cette menace est d’autant plus crédible qu’elle est permanente et insaisissable.

La discrétion du SNLE et sa dilution dans l’océan constituent en effet les facteurs de son invulnérabilité. Ils garantissent ainsi sa capacité de riposte. Aucune attaque préliminaire adverse, quelle que soit son intensité, ne parviendrait à empêcher qu’une frappe en second soit ordonnée, puis exécutée par un SNLE à la mer. Cette invulnérabilité, liée au système de transmission des ordres gouvernementaux très durci, en apporte la garantie.

1 François Hollande, Discours sur la dissuasion nucléaire - à Istres, 19 février 2015

 

La base opérationnelle de l’île Longue

L’île Longue abrite le port-base des SNLE français. Sa mission principale est de soutenir et maintenir en condition opérationnelle les SNLE, leurs lots de missiles et les têtes nucléaires.

Depuis 1970, la base opérationnelle de l’Île Longue assure l’entretien courant des SNLE avec deux grands pôles dans le domaine nucléaire :

  • les missiles : le montage final des missiles nucléaires à partir de sous-ensembles en provenance de l’industrie de défense et la mise en place de ces missiles à bord des sous-marins ;

  • la chaufferie : le maintien des capacités opérationnelles des sous-marins nucléaires, en assurant, en particulier, l’entretien du réacteur, élément indispensable à la propulsion et à la production électrique.

C’est donc à l’île Longue que sont réalisés les assemblages finaux des armes nucléaires et des missiles qui les portent. Depuis quarante ans, la base a dû, tout en assurant le soutien des SNLE en service actif, s’adapter à la permanente évolution des sous-marins et des armes nucléaires. Lorsqu’il rentre de patrouille, chaque sous-marin y subit une période d’entretien d’une quarantaine de jours.

Toutes ces opérations doivent impérativement être menées dans les meilleures conditions de sécurité du travail, de sécurité nucléaire, de sécurité pyrotechnique, de protection de l’environnement, de protection défense et de protection du secret de la défense nationale.

Malgré l’ampleur des travaux d’adaptation des infrastructures de l’île Longue au nouveau missile M51 et de rénovation des installations effectués il y a quelques années, les sous-marins en service actif ont toujours bénéficié de l’absolue priorité. Toute planification découle de leur programme d’emploi. Toutes les activités sont menées quotidiennement par les quelque 2 400 personnes, civiles ou militaires, fonctionnaires ou salariées, qui travaillent sur le site. Depuis plus de quarante ans, c’est à leur professionnalisme, à leur enthousiasme et à leur engagement que l’on doit cette performance opérationnelle toujours maintenue depuis le début de la posture permanente.

 

 

 

 

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