L’Hermione en Virginie

Publié le 9 Juin 2015 à 17:45

@ F. Berthelot

Depuis le fameux « La Fayette, nous voilà ! » de 1917, les militaires américains ne sont jamais avares d’hommages à la contribution apportée par la France lors de la Guerre d’Indépendance. Mardi 2 juin 2015, l’US Navy ne dérogeait pas à la tradition en dépêchant un destroyer à la rencontre de la frégate L’Hermione, qui atterrissait sur les côtes de Virginie après son long périple transatlantique.

L’USS Mitscher, fort de son brevet de francophilie récemment obtenu lors d’opérations intégrées avec le groupe du porte-avions Charles de Gaulle au Moyen-Orient, était tout désigné pour cet accueil. Après une heure de navigation, la silhouette inimitable du trois-mâts se dessine bientôt à l’horizon, tandis que l’excitation grandit à la passerelle du Mitscher, les deux frégates ont navigué à couple.

L’Hermione est aussi rutilante, briquée et impeccable qu’un élève-officier à sa première inspection de tenue. Habillée d’or et d’azur, les canons pointant fièrement hors des sabords, les manœuvres soigneusement lovées, les voiles bordées comme il faut, elle est impressionnante de netteté et d’élégance. Et quel souci du détail dans le travail effectué par les artisans du chantier naval ! Quelle authenticité ! Quelle plongée dans l’Histoire ! On s’attendrait presque à voir le marquis de Lafayette sortir sur le pont et déclarer en toute simplicité : « Amérique, me voilà !», tandis que Latouche-Tréville ordonne un virement de bord.

Deux hélicoptères venus filmer la rencontre se chargent de nous arracher à cette rêverie anachronique, tandis que le Mitscher envoie son pavillon de cérémonie, ces Stars And Stripes qui doivent aussi à la France. Ému de tant d’attention, l’équipage de L’Hermione fait tirer une bordée pour saluer l’hommage américain. Les appareils photo crépitent pour capturer les premières images, annonciatrices de tant d’autres qui suivront lors des multiples escales prévues aux États-Unis. A star is born !

Quel contraste sans doute avec l’arrivée de l’Hermione historique, en 1780, frayant en toute discrétion son chemin pour échapper à la surveillance des vaisseaux britanniques.

Aujourd’hui c’est en toute gloire que sa lointaine descendante vient embouquer la baie de la Chesapeake, théâtre d’une des plus belles victoires navales françaises. Et c’est avec un panache bien français qu’elle va remémorer aux Américains notre Histoire commune.

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