D'hier à demain : s’adapter en permanence

Publié le 28 Mai 2015 à 14:01

EV1 Virginie Dumesnil © Marine nationale

Depuis plus de 100 ans, l’aéronautique navale voit ses missions en perpétuelle évolution, s’adaptant ainsi au contexte géopolitique changeant. Déjà très optimisée, l’un des objectifs de la force pour les prochaines années sera d’atteindre une flotte d’aéronefs la plus homogène possible. En effet, la modernisation de l’ensemble des composantes de l’aéronautique navale est aujourd’hui en marche.

Evolution du matériel

Rénovation de la composante PATSIMAR

A l’occasion de l’opération Serval, deux ATL2 ont été pourvus d’une nouvelle boule optronique intégrée à l’arrière des appareils, système fourni par le groupe canadien Wescam. Il s’agit d’un équipement particulièrement précis et performant en termes d’imagerie. Une troisième unité sera prochainement pourvue d’une nouvelle tourelle Wescam.

Concernant la flotte de surveillance et d’intervention maritime, la flottille 24F a réceptionné deux Falcon 50 en provenance de l’Armée de l’air, qui ont fait l’objet de travaux de navalisation par Dassault. Deux autres seront livrés au deuxième semestre 2015. Ces F50 n’ont, pour le moment, pas de capacité de largage de chaînes de recherche et sauvetage (SAR) d’où leur dénomination Falcon MS, « S » pour surveillance.

Sa polyvalence, son autonomie et son efficacité font de l’ATL2 un aéronef apte aux missions aéroterrestres. Engagé dans l’opération Chammal, il y effectue des missions de reconnaissances et de renseignements.

 

Rafale Marine rétrofités au standard F3

Produits à la fin des années 1990, les dix Rafale au standard d’origine F1, limités aux seules missions de supériorité et de défense aériennes, suivent actuellement un rétrofit au standard F3 par Dassault Aviation. Ce passage au standard le plus évolué suppose des modifications complexes (nouveaux calculateurs, nouveaux écrans cockpit ou encore évolution du radar …). Leur livraison s’étalera jusqu’en 2017 et permettra dès 2016 de retirer les SEM du service actif.

 

Panther Standard 2

En mai 2011, la Marine a reçu un premier hélicoptère Panther porté au standard 2. Avec le rajout d’un système de liaison de données, une caméra optronique, une avionique rénovée et des moyens de transmissions cryptées supplémentaires, il améliore sa capacité à accomplir, de jour comme de nuit, les missions qui lui sont confiées. La modernisation du parc doit s'achever en 2016. Actuellement, il reste six Panther en chantier de transformation et un seul encore au standard 1

Début février, le Panther embarqué à bord du Ventôse en mission de lutte contre le narcotrafic a permis de neutraliser des produits stupéfiants transportés par un go-fast.

 

Caïman Marine

Les remarquables performances du Caïman, permettent une profonde évolution des tactiques et de la doctrine d’emploi des hélicoptères de lutte anti-sous-marine. Ses capacités apportent aux forces de surface un outil de premier ordre pour acquérir la supériorité en lutte anti-sous-marine. Le Caïman forme un binôme redoutable avec les frégates multi-missions à partir desquels il est amené à opérer. En 2021, la Marine disposera de 18 Caïman Marine.

Outre ses capacités anti-sous-marines, le Caïman Marine peut aussi intervenir lors d’opérations de sauvetage. Il hélitreuille ici le personnel d’un SNLE en haute mer.

 

Evolution des infrastructures

Mutualisation des flottilles

Depuis l’été 2011, les flottilles 21F et 23F (Atlantique 2) ont emménagé dans un seul et même bâtiment à Lann-Bihoué : le bâtiment de commandement interflottilles. C’est ainsi que la flottille 21F a quitté sa base de Nîmes-Garons pour venir rejoindre la 23F, déjà basée à Lorient. Avec des missions similaires, elles mutualisent ainsi leurs moyens en services techniques, logistique, RH, tout en conservant leur identité. Il s’agit de faire travailler et réfléchir ensemble les deux flottilles, dans un souci d’économie et de rationalisation des moyens. Ce mode opératoire, rendu possible par l’utilisation d’une flotte d’aéronefs homogène, est aussi utilisé pour les flottilles de Rafale 11F et 12F.

 

Evolution des entraînements

La simulation pour être toujours prêt

La simulation permet d’optimiser la préparation des équipages, leur formation, leur entraînement et l’entretien de la qualification des pilotes. Au-delà de la formation initiale, ce simulateur permet aux équipages de s’entrainer dans un environnement tactique complexe et extrêmement réaliste, en utilisant l’ensemble de ses équipements. Outre le simulateur Rafale que l’on retrouve sur la BAN de Landivisiau ou les simulateurs Atlantique 2 du centre d’entraînement et d’instruction de la BAN Lann-Bihoué, des nouvelles plateformes d’entrainement font leur entrée dans le paysage. En phase avec l’arrivée progressive des Caïman, la BAN de Lanvéoc inaugurera prochainement le premier simulateur NH90 MultiRole Training Device (MRTD). Un second sera mis en service sur la BAN d’Hyères à la fin de l’automne 2015.

Appontage du drone embarqué de retour d’un vol d’essai lors de son expérimentation en Méditerranée sur le patrouilleur L’Adroit.

 

Les Drones, nouvel atout de la Marine

Depuis 2012, la Marine a lancé, sous le nom de Serval (Système Embarqué de Reconnaissance Vecteur Aérien Léger), une première expérimentation du drone tactique Camcopter S-100, embarqué sur le patrouilleur L’Adroit. Les premiers résultats confirment que les drones embarqués apportent une réelle plus-value opérationnelle. Ils permettront de renforcer la cohérence entre moyens de détection et d’action des bâtiments, d’assurer une permanence de la surveillance, tout en préservant le potentiel des aéronefs pour les interventions à forte valeur ajoutée.

 

Vos réactions: 
Moyenne: 5 (3 votes)
Envoyer