Devenir plongeur d’hélicoptère : l'énergie de la passion

Publié le 20 Septembre 2013 à 09:59

Arrivée d’un PLH et d’un stagiaire à bord d’un EC225 de la Flottille 32F lors d’un treuillage naufragé dans un dinghy au profit du CESSAN © Marine nationale / Stéphane MARC

Actuellement, la Marine nationale compte dans ses équipages près de 65 plongeurs d’hélicoptère. Triée sur le volet, ces marins en combinaison orange interviennent principalement dans le cadre de missions de sauvetage ou d’assistance en mer. Petit tour d’horizon de la formation instruite aux futurs plongeurs d’hélicoptères.

 «Nous avons besoin de plongeurs d'hélicoptères, c'est vital pour nos missions », explique le  CF Loïc Bizot,  chef de section aéronautique, sous-marins et cours et stages de la DPMM. Ils connaissent un quotidien hors du commun. En effet, ils sont les acteurs de la mise en œuvre des aéronefs en vol et au sol, opèrent sur tous types d’hélicoptères de l’aéronautique navale, ils sont hélitreuillés de jour comme de nuit, dans des conditions météorologiques le plus souvent extrêmes. Les plongeurs d’hélicoptères sont souvent amenés à prodiguer les premiers secours à bord de l’aéronef au cours du vol après le sauvetage. Des missions lourdes de responsabilités qui les amènent bien souvent à sauver des vies, nécessitant un entraînement intensif et exigeant.

La formation pour devenir plongeurs d’hélicoptère (PLH) est ouverte à tous les marins des spécialités techniques aéronautique navale titulaires ou non du stage de qualification de plongeur de bord (PLB), Il existe deux cursus : les non certifiés PLB doivent obtenir le certificat plongeur de bord avant de débuter la formation PLH. Les certifiés PLB passent directement l’unité de valeur  « Appareil respiratoire plongeur d’hélicoptère » (UV ARPH) spécifique PLH. Persévérance et motivation sont les maitres mots pour obtenir le certificat de plongeur d'hélicoptères "CPLONGHELI".

Une formation fractionnée et dense

Pour devenir PLONGHELI, les marins volontaires doivent suivre une formation composée de trois unités de valeur (UV).

La première est l’UV Plongée. Elle compte le certificat PLB pour les non certifiés et pour les UV ARPH spécifique PLH pour les certifiés.

La deuxième UV est appelée l’UV Survie et s’effectue au centre d’entraînement à la survie et au sauvetage de l’aéronautique navale (Cessan) situé à Lanvéoc-Poulmic. Sur une semaine et demi, elle se déroule en deux parties. La première est la « phase naufragé », la seconde est la « phase sauveteur ». Cette dernière consiste pour le stagiaire à suivre une série d'exercices de dégagement de personnel dans une cabine immergée et sous voilure.

Les marins sont enfin admis à l'UV aéronautique après l'obtention des UV précédentes et intègrent alors les groupements chargés de l’entrainement et de l’instruction (GEI).

L’instruction aéronautique est dispensée aux GEI « hélicoptères » de Lanvéoc-Poulmic ou d’Hyères selon la région maritime de rattachement du marin en cours de formation.

Conférences, épreuves nautiques et aéronautiques y sont conduites par des plongeurs d’hélicoptères confirmés, issus des formations d'hélicoptères de l'aéronautique navale. Elles se succèdent pendant une durée de quatre à six semaines.

Au terme du stage les marins rejoignent leur unité d’origine et y terminent leur affectation. La Direction du personnel militaire de la Marine (DPMM) est alors en mesure de prononcer leur affectation dans un poste nécessitant cette qualification.

Être plongeur hélicoptère : Comment se porter volontaire ?

Cette formation est ouverte au personnel des spécialités techniques de l’aéronautique navale, titulaire ou non du stage de qualification de plongeur de bord.
- Les candidats non certifiés PLB suivront dans un premier temps un stage d’environ un mois. Six sessions sont prévues en 2014 (janvier, mars, mai, juin, septembre, novembre). Une fois certifié plongeur de bord et après un emploi comme tel d’environ six mois, les candidats seront amenés à suivre une formation de plongeur d’hélicoptère.
- Les marins déjà certifiés suivront un stage de qualification de trois semaines.

Les dossiers de candidatures sont à déposer auprès d’ALAVIA avant le 8 novembre 2013.

Pour plus d’information sur les conditions d’accès au stage de qualification et les dépôts de candidature, vous pouvez consulter le GNP 0829/13.

 

ITW PM le Reste, instructeur et plongeur hélicoptère depuis 1990

En 23 ans de PLH, ce certificat m’a permis de naviguer sur tous les océans et de découvrir de nombreux pays, de travailler et voler sur différents types d’hélicoptères et surtout de participer tant à des missions opérationnelles qu’à des sauvetages en mer. Désormais, responsable de la formation PLH à Lanvéoc–Poulmic, je transmets mon savoir aux nouvelles générations de plongeurs, tout en participant aux missions de sauvetage en mer. J’aime ce métier, car je ne connais pas la routine, j’exerce mon métier de marin au rythme de mes fonctions techniques, des vols, des plongées.

 

ITW MP Deninger, plongeur d’hélicoptère depuis 1984

« La passion et la motivation sont les deux clés de la réussite de la formation. Exercer le métier de plongeur d’hélicoptères m’a permis d’évoluer dans mes deux passions : l’aéronautique et la plongée. Voler sur tous les types d’hélicoptères de l’aéronautique navale, réaliser des missions multiples (SAR, surveillance, recherche...), plonger à partir d’un hélicoptère, faire partie intégrante  d’un équipage d’aéronef, d’un détachement déployé en mission sur un bateau... En tant que plongeur d’hélicoptères, il n’y a rien de plus gratifiant que de pourvoir sauver des vies humaines. »

 

ITW QM1 Brelivet, plongeur hélicoptère depuis mai 2013

Nous avons vécu des moments forts tout au long de la formation et particulièrement pendant l’UV Aéro. Nous nous entraînions de nuit, dans un fort souffle d’hélicoptère et dans le bruit Nous devions fournir des efforts physiques importants lors des entraînements. Toutes ces conditions réunies n’étaient pas faciles à gérer les premières fois. Mais les phases de monter/descente en hélitreuillage restent des moments très prenants.

Droits: Marine nationale
Source: Marine nationale

 

 

 

 

 

 

 

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