Base navale de Toulon - Modernisation des infrastructures

Publié le 30 Avril 2015 à 10:15

© ESID

L’accueil des bâtiments futurs, frégates multimissions (FREMM) et sous-marins nucléaires d'attaque (SNA) type Suffren, à l’horizon 2016-2017, est un défi majeur à relever compte tenu de l’ampleur des travaux qu’il occasionne. Leur technologie particulière et leurs dimensions importantes obligent les services de l’établissement du service d’infrastructure de la Défense (ESID) à adapter les infrastructures portuaires et connexes.

Afin d’assurer le soutien portuaire des FREMM, la Marine nationale a lancé un vaste chantier d’aménagement de l’îlot Castigneau. Le projet, coordonné par l'ingénieur en chef de 2e classe (IC2) Adrienne Arbola, prévoit la construction de quatre nouveaux appontements.

Parallèlement à ce chantier, l’IC1 Jean-Pierre Bertrand conduit quant à lui le programme d’infrastructure des SNA type Suffren.

Des travaux de dépollution et de dragage importants

Un premier chantier de dragage a été lancé en 2011. Il s’agit de draguer les abords du quai Noël afin d’atteindre un tirant d’eau de 8,70 mètres permettant aux FREMM, dont le tirant d’eau est de 7,7 mètres, d’y accéder. Cette opération s’accompagne d’une dépollution pyrotechnique complexe du site afin de sécuriser les travaux de dragage. Les études menées ont en effet montré que le fond vaseux recelait une grosse quantité de pièces métalliques.

Après plus de deux ans d’études et de démarches administratives, les travaux ont débuté en 2013. Le dragage est mené par des pompes aspirantes immergées conduites manuellement par des scaphandriers civils, qui sont pour l’essentiel d’anciens plongeurs démineurs. « Jusqu’à présent, environ 1600 tonnes de sédiments ont été évacuées, avec d’importantes contraintes techniques et environnementales. L’exécution du travail dépend en effet de la houle et du vent, et les hommes sont équipés de 50 kilos de matériel chacun » nous confie l’IC2 Arbola. Les sédiments aspirés sous forme de boue sont envoyés à terre dans une unité de prétraitement. Traités, filtrés et analysés régulièrement, ils sont ensuite déshydratés dans d’énormes sacs géotextiles puis envoyés dans un centre de stockage agréé.

ESID 
L’établissement du service d'infrastructure de la Défense de Toulon (ESID) est un « service technique » important, qui agit en soutien du personnel de la base navale de Toulon. Dirigé par l’Ingénieur général des travaux maritimes Michel Rainero, ce service comprend environ 600 agents, militaires et civils, et passe annuellement de 100 à 150 millions d’euros de contrats auprès de prestataires pour réaliser les opérations d’infrastructure sur le périmètre de la base de défense, qui s’étend de Hyères à Saint-Mandrier

 

Des infrastructures portuaires pour les sous-marins

L’accueil des SNA type Suffren à partir de 2017 nécessite d'importants travaux sur les installations industrielles. « Les bassins et les quais de la zone Missiessy vont donc être réaménagés afin de pouvoir accueillir les nouveaux modèles » explique l’IC1 Jean-Pierre Bertrand. Ces travaux d’adaptation sont soumis à différentes contraintes de sûreté nucléaire, ce qui implique des démarches de validation auprès d’instances composées d’experts. Il s’agit notamment de prendre en compte les risques de malveillance, de menaces liées au climat, séismes, inondations, etc. Enfin, la protection de l’environnement est une donnée très importante dans ce type d’opérations.

Plus grands et deux fois plus gros que leurs prédécesseurs, ces nouveaux modèles consomment beaucoup plus que les anciens bâtiments. Un vaste projet de rénovation électrique des installations de la base navale est donc mis en place sur plus de quinze ans.

La base navale vit actuellement de profondes mutations, afin de s’adapter à ses futures missions tout en intégrant au fur et à mesure la réforme du ministère de la Défense. Ces adaptations devront être conduites sans altérer la qualité du soutien quotidien apporté aux bâtiments.

ASP Paguiel Kohler

 

 

 

 

Vos réactions: 
Moyenne: 4 (6 votes)
Envoyer