Un marin-pompier sur la frégate Courbet

Publié le 9 Avril 2015 à 15:46

© Marine nationale / Philippe SOLA

Le lieutenant de vaisseau Matthieu Gomes du bataillon de marins-pompiers de Marseille, commandant le Centre d’Incendie et de Secours (CIS) de Port de Bouc,  a embarqué sur la frégate légère furtive (FLF) Courbet. L’occasion pour lui de se familiariser avec les exigences d’un bâtiment militaire et de partager son expérience.   

J’étais à bord de la frégate légère furtive (FLF) Courbet au moment où retentît l’alarme pour un « départ de feu dans le compartiment auxiliaires avant ». C’était le début de l’exercice !

En quelques minutes, l’intervention immédiate est engagée. Equipés en pompiers légers et munis de simples extincteurs, les premiers intervenants doivent au plus vite confirmer le gisement et la nature du sinistre, attaquer, mettre en sécurité, confiner et rendre compte. De l’efficacité de leur action dépend la maîtrise rapide du sinistre et le bon déroulement de la suite de l’intervention.

Malgré un déclenchement quasi-immédiat, les installations fixes ne permettent pas toujours de maîtriser l’incendie. Face à l’ampleur du sinistre, le rappel au poste de sécurité permet la mobilisation de toutes les ressources disponibles.

En parallèle, la montée en puissance se prépare. Les chefs de groupes prennent toutes les dispositions utiles. Ils mobilisent les hommes, font rassembler les tenues, les moyens de production de mousse, de ventilation. Les ordres fusent, la tension est palpable mais l’organisation est bien rodée.

Le directeur de l’intervention (DDI) est en relation directe avec les chefs d’équipe, il donne ses consignes avec l’aide de l’adjoint feu et évalue l’efficacité de la tactique mise en place. Il rend compte en permanence au directeur de la lutte (DDL) qui coordonne les actions.

Depuis le PC sécurité, le DDL dispose du recul suffisant pour conseiller le DDI. Il fixe les priorités, donne la cadence, les diffusions s’enchaînent.

L’équipe d’alarme prépare les relèves, reconditionne le matériel. L’équipe de renfort mobilise le potentiel humain disponible et optimise l’emploi des spécialistes afin de poursuivre la lutte.

En moins de 30 minutes, le cube est fermé et en moins d’une heure, le feu est éteint ! La reconquête des compartiments sinistrés peut commencer.

À l’issue de l’exercice, le débriefing permet de corriger les derniers « détails » mais le Courbet est d’ores et déjà prêt à faire face à un incendie majeur en mer.

« Ce qui m’a interpellé dès l’appareillage, c’est la polyvalence demandée à des marins qui, toutes spécialités confondues, ont un rôle particulier selon la configuration opérationnelle du moment et de fait, en cas de sinistre à bord.

Les rôles ainsi définis permettent de travailler en équipes constituées et de bien se connaître à force d’entraînement.

Les mécanismes se mettent en place progressivement pour atteindre, après quelques jours de mobilisation, un niveau opérationnel très satisfaisant.

L’excellente connaissance des locaux, des installations et des procédures, associée à une discipline  exemplaire, permet à l’équipage d’être efficace pendant la lutte. La réactivité du personnel et les délais de mise en oeuvre du matériel sont excellents. Le taux d’encadrement permet une bonne répartition des tâches et une présence permanente des cadres dans l’action. J’ai aussi noté la place prépondérante des procédures et de la préparation au combat. Tout ou presque est formalisé et le bâtiment s’entraîne beaucoup.

Enfin, à travers une réelle complémentarité et un respect mutuel, j’ai ressenti un esprit d’équipage à toute épreuve, qui permet d’atteindre l’objectif commun, même quand les conditions sont difficiles. »

Source : BMPM
Crédits : BMPM

 

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