Mots de la mer : En berne

Publié le 15 Décembre 2014 à 09:40

© Marine nationale

« En berne » : ce terme n’a évidemment rien à voir avec la ville de Berne en Suisse. Ses origines (pour partie) seraient maritimes.

Pour certains étymologistes, « en berne » serait un emprunt à l’espagnol bernia, désignant une grande pièce de laine devenue un grand manteau porté autrefois par les femmes. Attesté en France dès 1532, l’écrivain François Rabelais va fixer son orthographe définitive en « berne ». Au cours du XVIIème siècle, ce même mot va désigner un jeu, par analogie à la couverture, tenue aux quatre coins, permettant de faire sauter une personne en l'air, en guise de plaisanterie ou de brimade. Cet usage donnera naissance au verbe « berner » : synonyme de se moquer, voire de duper. Pour d’autres étymologistes, « berne » serait un emprunt au néerlandais Berm, désignant alors sur un navire un bord ou un ourlet. Une référence évidente à l’état d’un pavillon ou d’un drapeau hissé à mi-drisse, s’enroulant souvent autour du mât ou de la hampe. Au drapeau/pavillon qui claque – symbolisant le mouvement et la vie - celui « en berne » est synonyme d’immobilisme, de mort, et dorénavant d’un deuil commémoré par une Nation.  Moral en berne, croissance en berne… Employé sous une forme adverbiale, le terme est dorénavant appliquée « à toutes les sauces » pour désigner un état de tristesse ou un profil bas. À noter qu’au fil des siècles - et en fonction de la nature des bâtiments - un pavillon en berne pouvait également signifier un signal de détresse, un appel de l'équipage à bord, ou la demande d'un pilote à l'entrée d'un port.

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