Sur tous les fronts

Publié le 26 Novembre 2014 à 14:19

Agapanthe : un Rafale Marine lourdement armé survole le territoire afghan. Une projection de puissance emblématique de la capacité du GAN à déployer une importante force de frappe sur un théâtre lointain. © Marine nationale / CC Louxor

15 ans d’opérations

Agissant aussi bien seul qu'en coalition, le GAN est déployé lors des interventions majeures de la France dans les crises internationales. Agapanthe, Héraclès, Atalante et plus récemment encore Harmattan : quinze années d'opérations en attestent. Dès 1999, en mer Adriatique, le groupe aéronaval français, alors constitué autour du porte-avions Foch, affiche l’un des meilleurs taux de réussite dans le traitement des objectifs d'une opération multinationale, Trident Allied Forces. Pendant plusieurs mois, de mars à juin, le GAN reste même la seule force alliée positionnée au plus près des combats, assurant 40% des missions aériennes françaises au Kosovo et en Serbie. Depuis l’admission au service actif du porte-avions Charles de Gaulle en 2001, le GAN a été employé dans de nombreuses des crises internationales, continuant d’affirmer l'efficience et la nécessité d’un tel outil, aujourd’hui largement prouvées. Entre autres, sa participation dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et son intervention en 2011 pour protéger les populations libyennes.

Héraclès & Agapanthe
À la suite des attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis sont entrés en guerre contre le terrorisme. Leur engagement a notamment pris la forme d’une opération au long cours, « Enduring Freedom – Afghanistan » (OEF-A). Dans ce cadre, dès le mois de novembre 2001, une opération française de projection de puissance, à dominante maritime, a été décidée. Il s’agit de l’opération Héraclès, la première pour le porte-avions Charles de Gaulle depuis son admission au service actif, quelques mois plus tôt. D’entrée de jeu, la France s’est placée en première ligne du combat. Le tout premier déploiement dès le 1er décembre 2001, en témoigne. Le GAN passe alors sept mois en mer, durant lesquels il parcourt une distance équivalente à trois fois le tour du globe. Ses avions ont été – avec les Mirage IV de reconnaissance de l’armée de l’Air – les seuls avions de combat non américains à opérer sur la totalité du territoire afghan. Intervenant de concert avec des groupes aéronavals américains de premier rang – ceux du Théodore Roosevelt et du John C. Stennis –, le GAN a démontré un haut degré d’interopérabilité. Autant de qualités confirmées par la suite au fil des opérations.  Le 18 février 2002, une activité anormale est identifiée par satellite dans la vallée de l’ouest du Gardez, en Afghanistan. Les premières données, analysées par un centre de renseignement français, sont immédiatement corroborées par des soldats des forces spéciales américaines, en observation au sol. Le jour même, le porte-avions Charles de Gaulle reçoit un document de 400 pages – l’Air Task order, « Ato » dans le jargon militaire – détaillant plus d’une centaine de missions planifiées sur l’ensemble du théâtre. Deux Super-Etendard Modernisé, catapultés dès le lendemain, depuis le large du Pakistan, partent en mission de renseignement. Les deux chasseurs français soutiennent aussi des forces américaines et britanniques avançant au sol, jusqu’à l’identification définitive de l’objectif. À 12h32, le 20 février, l’un des pilotes français reçoit l'autorisation de tir, lance sa bombe, atteint la cible. Une opération éclair : quelques jours d’action au cours desquels le GAN a confirmé sa capacité à s’intégrer à un dispositif interallié comme à se déployer quasiment immédiatement sur un théâtre lointain.  Dans le droit fil du succès d’Héraclès, les missions Agapanthe 04 (mars-mai 2004), 06 (février-juin 2006), 07 (février-mai 2007) et 10 (octobre2010-février 2011) se sont largement appuyée sur les capacités du GAN, poursuivant dans la durée l’engagement français contre le terrorisme en Afghanistan.

Harmattan
Déclenchée en application des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’opération Harmattan s’est elle aussi appuyée sur le large spectre d’emploi du GAN, afin de protéger les populations libyennes. Des frappes au sol ont été menées par les avions du Charles de Gaulle mais également au moyen de l’artillerie des bâtiments engagés dans l’opération. Protection contre  l’emploi des armes par le régime de Tripoli contre l’opposition, application d’une zone d’exclusion aérienne, respect de l’embargo décidé par la communauté internationale... Au total, environ 80 000 km ont été parcourus – soit l'équivalent de deux tours du monde – 380 catapultages ont été effectués et 3600 heures de vol cumulées sur le théâtre, en 146 jours de déploiement. Endurance, polyvalence d’emploi et puissance de feu ont fait du GAN, à son habitude, un outil essentiel permettant à la France de mener une opération multinationale d’envergure.


Maîtriser les espaces
Le principe d’une grande puissance (partie 1)

Déploiement
Force aéromaritime de réaction rapide (partie 2)

Chaîne humaine
Le GAN en action (partie 3)

Sur tous les fronts
15 ans d’opérations (partie 4)


Dossier réalisé par l'ASP Omer Aury

© Marine nationale


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