Le Dupleix passe le canal de Corinthe

Publié le 7 Avril 2014 à 15:39

© Marine nationale

Le 3 avril 2014, à l'aube, le Dupleix a franchi l'un des canaux les plus connus au monde, le magnifique canal de Corinthe, percé entre le Péloponnèse et la Grèce « continentale ».

Ce passage, le dernier pour le Dupleix avant son désarmement, coïncidait avec le début de sa mission en Méditerranée Orientale.

Long de 6,3 km, il permet aux bâtiments de moins de 10.000 tonnes et 8 m de tirant d’eau de rejoindre la mer Egée depuis la mer Ionienne. En évitant ainsi de passer le cap Malée au sud du Péloponnèse où Ulysse fut pris dans une violente tempête le déportant vers le pays des Lotophages, le canal de Corinthe permet d'économiser une journée de mer.

Avant la construction du canal, un diolkos (piste de roulage) permettait de faire glisser sur terre les navires à travers l'isthme ente les ports de Lekhaion et Kenkhrées, stimulant ainsi le commerce de Corinthe jusqu’en Asie Mineure et en Égypte. La première tentative de construction d'un canal à cet endroit est attribuée à Néron en 67, qui inaugura les travaux avec une pelle en or. L'année suivante, à la mort de Néron, son successeur abandonna le projet, jugé trop onéreux. Ce n’est qu’au XIXème siècle que renaît ce projet. En 1829 d’abord, mais finalement les travaux ne commenceront qu’en 1882. Le projet est conduit par un général hongrois, Istvan Türr, avec des capitaux français. Les travaux sont réalisés par une compagnie française, sous la direction de l’ingénieur hongrois Béla Gerster qui s’appuie sur les plans du français Virlet d'Aoust. Les travaux devaient durer quatre ans, mais les difficultés vont faire douter les investisseurs de la solvabilité de l'opération financière.

L'inauguration solennelle a lieu le 25 juillet 1893 en présence du roi Georges Ier de Grèce et la mise en circulation en janvier 1894. Le premier navire traversant le canal est le Notre-Dame du Salut.

Les membres de l'équipage non de quart ont admiré depuis la mâture les vertigineuses falaises entre lesquelles le Dupleix s’est engouffré. À peine 5 m d’une eau parfaitement turquoise nous en séparait de chaque côté...

L'ambassadeur de France en Grèce accompagné de quelques membres de son équipe avaient profité de ce passage pour passer quelques heures en compagnie de l'équipage

Source : Philippe Dubreuil

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