Former les marins de demain

Publié le 12 Mars 2014 à 16:58

© MP Bouillon

Les marins en tant qu’élèves sont concentrés devant leurs consoles. Autour d’eux, on s’agite. Les instructeurs naviguent d’un poste à l’autre pour surveiller la progression de la séance. Nous sommes en plein cœur d’un central opérations (CO) restitué par le simulateur ESTURGEON. Ce dernier possède dix salles comme celle-ci ; de quoi former les centaines d’élèves qui suivent un cursus opérationnel au Centre d’Instruction Naval (CIN) de Saint-Mandrier.

Complètement intégrée au sein de la pédagogie des écoles de la Marine, la simulation permet de dispenser une formation en alliant théorie et pratique. Dans le cadre du simulateur ESTURGEON, les stagiaires - du matelot à l’officier - se forment derrière les ordinateurs. Pour chaque séance, un scénario tactique où interagissent différents mobiles (avions, navires de surface ou sous-marins, civils ou militaires), est développé par les instructeurs suivant une dominante : lutte anti-sous-marine, lutte anti-navires ou encore lutte anti-aérienne. De nombreux cas non conformes viennent ensuite pimenter la situation pour tester les réactions en cours de séance. La multiplicité des combinaisons et des configurations du simulateur offre un large panel aux instructeurs. Ainsi, dans le CO, chaque opérateur occupe un poste bien spécifique, que l’on retrouve au poste de commande des opérations. Cela va de l’opérateur radar à l’officier de quart opérations... Ce travail en équipe est indispensable selon le capitaine de corvette Guillaume Boin, chef du groupement d'instruction "lutte au-dessus de la surface" au CIN Saint-Mandrier. « ESTURGEON permet notamment d’apprendre au marin à être multitâche. A bord, il devra pouvoir être concentré sur sa console, en sachant rendre compte à tout moment de ce qu’il a perçu ou analysé, tout en utilisant les procédures qu’il aura mémorisé au cours de sa formation. La qualité du dialogue et la circulation d’informations sont des éléments capitaux dans un CO. »

ESTURGEON est principalement utilisé pour la formation générique aux opérations aéronavales. « Le but recherché n’est pas de reproduire le CO d’un type de bâtiment en particulier, même si parfois l’interface homme-machine des consoles s’approche de la réalité. » explique le CC Boin. Les élèves doivent apprendre les fondamentaux du métier avant de se spécialiser sur un système en particulier (sonar, intercepteur radar, système d’armes, etc.). Le simulateur permet de recréer des CO de différents types de bâtiments : porte-avions, frégate de défense aérienne ou anti-aérienne, frégate de type Lafayette ou encore frégate anti-sous-marine. À moyen terme, le simulateur ESTURGEON sera rénové. Son remplaçant appelé ESPADON NG, reproduira un plus grand nombre de senseurs, équipements et systèmes de combat, notamment ceux d’une frégate multi-missions.

Officier de quart en devenir

Le lieutenant de vaisseau Rémi Vernay est actuellement en formation de spécialité à l’École des systèmes de combat et armes Navals (ESCAN) au Centre d’Instruction Naval de Saint-Mandrier. Son but : devenir officier de quart opération (OQO). Il raconte :

Sur le simulateur ESTURGEON, nous répétons les procédures d’un CO. Le rythme est très soutenu. Lorsque nous ne sommes pas dans le simulateur, nous préparons la séance suivante ! En nous faisant occuper tous les postes, du quartier-maître qui tient une table traçante jusqu’à l’opérateur radar, nous nous faisons une idée précise de ce que l’on doit attendre des marins aux différents postes. Cette étape est indispensable pour faire travailler tout le monde ensemble. Quelque soit le bâtiment sur lequel nous servirons, dans un CO il faudra en général toujours faire face aux mêmes difficultés. Pendant une opération, nous recevons tous beaucoup d’informations. Il faut apprendre à les trier, à les hiérarchiser,  afin de ne pas saturer les décideurs. Le risque : que le CO se transforme en immense brouhaha où l’information utile ne circule plus. Pour mettre en pratique et se former, nous évoluons sur le simulateur avec des plateformes comparables à celles que nous rencontrons lors de nos affectations embarquées. Nous pouvons aussi nous confronter à des situations plus rares dans l’entraînement à la mer,  comme un tir de missile mer-mer par exemple, mais que nous devons maîtriser. Nous devons être prêts au combat.

 

Simuler pour de vrai

Rencontre avec le CF Sébastien

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Simulation et nouvelles technologies

ASP Margot Perrier

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

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