Bosphore et Dardanelles : Naviguer dans les détroits turcs

Publié le 11 Mars 2014 à 10:42

© Marine nationale

Signée à Montreux le 20 juillet 1936, la convention du même nom règle les conditions de passage et de navigation dans les détroits turcs ainsi qu’en Mer de Marmara.

Ces détroits – le détroit des Dardanelles s’étend sur 41 milles nautiques pour une largeur de 1,4 à 8,3 km alors que le Bosphore – ou détroit d’Istanbul – mesure 19 milles nautiques avec une largueur qui varie de 760 m à 3,5 km -  donnent accès à la Mer Noire et aux six Etats riverains : Turquie, Géorgie, Russie, Ukraine, Roumanie et Bulgarie.

Les navires de commerce y jouissent  d’une complète liberté de passage et de navigation dans le respect des règlements sanitaires, ainsi que des règles de sécurité résultant des conventions internationales. Cette liberté s’exerce de jour comme de nuit, quels que soient leur pavillon et leur chargement. Cette liberté s’exerce en temps de paix et en temps de guerre, sauf si la Turquie est belligérante.

Le régime des navires de guerre est plus complexe et diffère selon leur nationalité ; en effet la Convention offre des facilités plus larges aux flottes des Etats riverains. Tous les bâtiments doivent annoncer leur passage préalablement avec un préavis de 15 jours (Etats non riverains) ou 8 jours (Etats riverains).  Le tonnage des navires de guerre en transit simultanément est limité à 15.000 tonnes. De plus, le tonnage des flottes des Etats non riverains présentes en mer Noire est aussi limité et le séjour restreint à 21 jours au maximum. Le transit des porte-aéronefs et des sous-marins est aussi restreint.

Toujours en vigueur aujourd’hui, la Convention de Montreux a survécu aux événements qui ont marqué les relations internationales.  Elle n’a pas été modifiée par la Convention de Montego Bay de 1982 qui ne s’applique pas aux détroits déjà réglementés par une convention internationale. La Turquie l’a néanmoins complétée à plusieurs reprises : en 1983 pour préciser les conditions de transit des navires à propulsion nucléaire , puis en 1994 et en 2002 pour fixer des règles de sécurité (vitesse, espacement, déclaration préalable, pilotage,..) à la suite de plusieurs accidents graves dans le Bosphore dont le trafic atteint  des valeurs très importantes (51.400 navires en 2009). 

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

Vos réactions: 
Moyenne: 4.8 (11 votes)
Envoyer