Le dernier voyage du Foudroyant

Publié le 16 Septembre 2021 à 11:23

© Marine nationale

Après avoir transféré pour leur ultime « odyssée » les coques des ex-SNLE Le Tonnant le 11 septembre 2018 et de L’Indomptable le 9 mars 2020, le service des moyens portuaires de la base navale de Cherbourg a procédé à la manœuvre d’entrée et d’échouage du Foudroyant dans la forme 5 de Naval Group, le jeudi 9 septembre 2021. Sa déconstruction confiée à cet industriel par la Direction générale de l’armement (DGA) va donc pouvoir commencer.

 

Malgré l’aguerrissement des femmes et des hommes de la base à ce type d’opération, cette dernière reste toujours particulièrement délicate au vu des contraintes de hauteur d’eau liées aux infrastructures et aux exigences techniques pour procéder à la déconstruction de la coque.

En effet, les tolérances sur le positionnement longitudinal du Foudroyant posé sur sa ligne de tins sont de quelques centimètres et celles de la gîte, inclinaison transversale du navire, de l’ordre du ½ degré, soit quelques centimètres de décalage admissible sur la circonférence de la coque. Outre les qualités intrinsèques de chaque personne, le succès de cette opération réside donc dans le soin apporté à la coordination entre les moyens nautiques et les équipes à terre du groupe « bassins », illustration de la complémentarité indispensable entre les personnels militaires et civils de la base navale de Cherbourg.

Troisième sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de la classe Le Redoutable sur un total de 6 bâtiments construits, le Foudroyant avait été lancé des cales de l’Arsenal de Cherbourg en décembre 1971 et admis au service actif en 1974. Il assurera sans faillir pendant plus de 20 ans la posture de dissuasion. Retiré du service en 1998, il rejoindra alors Cherbourg pour son démantèlement. 

Valeureux vaisseau de la Marine, il entre maintenant dans la dernière phase de son existence où, sous les mains expertes des industriels, il sera déconstruit en sous-produits dont la plupart seront revalorisés dans des filières ad hoc suivant le vieil adage « rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme ».

Au terme de cette déconstruction d’une durée d’environ 14 mois, les deux dernières coques du Terrible et de L’Inflexible seront également traitées. Le Redoutable restera l’ultime témoin de l’âge d’or des M4, à l’abri dans la forme de radoub de la Cité de la Mer où il fascine chaque jour ses nombreux visiteurs.

 

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