BARKHANE - Portraits croisés de deux fusiliers marins de la Task force TAKUBA

Publié le 15 Septembre 2021 à 16:36

© EMA

Le quartier général de la Task force (TF) TAKUBA est positionné sur la Base opérationnelle avancée (BOA) de Ménaka. Située dans le Liptako malien, la BOA et ses abords sont protégés par un détachement de fusiliers marins, intégré à un sous-groupement tactique désert (SGTD) de l'armée de terre. Rencontre avec le second maître Brice et le matelot Raphaël, tous deux fusiliers marins.

Quelle est votre expérience opérationnelle ?

Second maître (SM) Brice : j’ai onze ans de service. J’ai été déployé, entre autres, à Djibouti, à Nouméa, sur la frégate de type La Fayette (FLF) Courbet dans le détroit d’Ormuz ou encore sur le Remorqueur de haute mer (RHM) Malabar pour des opérations de Police des pêches (POLPECHE).

Matelot (MOT) Raphaël : je me suis engagé il y a un an et demi et il s’agit de ma première expérience en Opération extérieure (OPEX).

Comment avez-vous été préparés à cette mission ?

SM Brice : nous avons connu un entraînement progressif pendant quasiment un an. Nous sommes spécifiquement entraînés au combat en milieu clos, il a donc fallu axer le travail sur le combat en milieu ouvert, comme les patrouilles ou la tactique propre à la mission. Nous avons effectué un gros travail pour maitriser les armes collectives et individuelles, le matériel optronique et les moyens de transmission.

MOT Raphaël : les cinq derniers mois d’entraînement étaient principalement orientés vers la préparation de cette mission : maniement des armes et utilisation du matériel. Nous avons également bénéficié de formations spécifiques sur cette zone, son environnement et sur la situation sécuritaire. Les cours d’anglais ont également été réguliers pour travailler sereinement en milieu interallié européen puisque nous sommes engagés ici avec des militaires d'autres pays européens.

En quoi cette expérience vous a-t-elle enrichis ?

SM Brice : nous pouvons conduire des patrouilles à l’extérieur de la BOA au sein du SGTD, cela nous permet de mettre en avant nos capacités de combattant terrestre. Pour la défense de l’emprise, sur des postes d’observation et de combat, nous devons être capables de renseigner et d’agir si besoin. Cela exige d’avoir la bonne analyse et la bonne réaction au bon moment.

MOT Raphaël : j’ai gagné en autonomie. Cette première OPEX fait grandir, elle nous a habitués à la rusticité, les conditions de vie étant différentes de ce que nous pouvons connaitre en France. L’environnement dans lequel nous évoluons, les risques du métiers encourus font également réfléchir sur le sens de notre engagement.

SM Brice, quelle différence voyez-vous avec les déploiements que vous avez pu effectuer précédemment ?

SM Brice : il s’agit d’une OPEX exigeante, nous sommes en zone de combat et les risques de tirs indirects (IDF) et d’engins explosifs improvisés (IED) sont élevés. La menace est permanente et il ne faut pas l’oublier. Nous devons rester particulièrement attentifs lors de nos patrouilles.      

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération BARKHANE a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 5 100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

 

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