CLEMENCEAU 21 - Première interaction entre les groupes aéronavals du Charles de Gaulle et du Queen Elizabeth

Publié le 8 Juin 2021 à 10:55

© EMA

Le mardi 1er juin 2021 a représenté une journée historique dans la coopération navale franco-britannique. Alors que le Groupe aéronaval (GAN) français constitué autour du Porte-avions (PA) Charles de Gaulle rentrait de son déploiement CLEMENCEAU 21 entamé en février dernier, le GAN britannique emmené par le Queen Elizabeth a entamé quant à lui son premier déploiement opérationnel de longue durée. Dans ce cadre, la France a organisé pendant trois jours, dans ses approches maritimes, un exercice conjoint en Méditerranée baptisé GALLIC STRIKE. L’occasion pour le GAN français qui termine son treizième déploiement opérationnel, de travailler pour la première fois avec le Carrier strike group (CSG) britannique et ses aéronefs, renforçant ainsi la coopération entre les deux marines.

L’exercice GALLIC STRIKE a consisté, pour les deux groupes aéronavals, à s’entraîner à une « dual carrier operation ». Il s’agit d’un entraînement entre porte-avions visant à se coordonner pour combattre ensemble, dans une structure de commandement plus ou moins intégrée. Cette séquence, qui comprenait notamment une simulation de frappes de la mer vers la terre et des manœuvres conjointes tactiques de Rafale marine et de F-35B, leur a offert l’occasion de travailler en complémentarité dans un ensemble de domaines variés, tels que la lutte anti-aérienne, la lutte antisurface ou encore sur la capacité de projection de puissance. Cette interaction renforce la coopération entre les armées française et britannique, et illustre la continuité de leur collaboration matérialisée, notamment, par la force expéditionnaire interarmées franco-britannique  (Combined joint expeditionary force - CJEF)[1].

Au total, l’exercice GALLIC STRIKE a rassemblé quinze bâtiments et cinquante-sept aéronefs britanniques et français, mais aussi alliés, intégrés aux deux groupes aéronavals (américain, grec, italien et néerlandais). Le GAN français et le CSG britannique disposant de moyens complémentaires de dernière génération, cet exercice a ainsi permis de démultiplier leurs capacités à agir ensemble contre toute forme de menace, jusqu’à un engagement de haut du spectre.

« Nous avons vécu, avec GALLIC STRIKE, un moment historique : la première rencontre des groupes aéronavals français et britannique, nous permettant de nous coordonner, de gagner en complémentarité ainsi qu’en connaissance et compréhension mutuelles. Je suis très fier du travail accompli par les équipages du GAN en matière de préparation, de coordination et enfin de conduite de l’exercice. Nous avons ouvert une voie et gravi ensemble une première marche vers la capacité à opérer ensemble nos groupes aéronavals. Je suis confiant dans notre capacité à renforcer davantage notre coopération au travers de telles rencontres pour être prêt pour les défis qui nous attendent », a déclaré le contre-amiral Marc Aussedat, commandant le groupe aéronaval.

Si GALLIC STRIKE a scellé la rencontre du Charles de Gaulle et du HMS Queen Elizabeth et plus particulièrement, la coopération entre nos deux marines, cet exercice a compté la participation de l’USS Thomas Hudner intégré au GAN français. En parallèle, le destroyer USS The Sullivans ainsi que les dix avions F35-B américains ont renforcé le CSG britannique. Cette participation est venue resserrer les liens déjà très étroits noués entre la Marine nationale et l’US Navy au cours de la mission CLEMENCEAU 21, à l’instar de la prise de commandement de la Task Force 50 par le GAN français pendant cinq semaines. Ces participations témoignent aussi de la vivacité des coopérations qui existent entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, comme l’indique le commodore Steve Moorhouse, commandant le GAN britannique constitué autour du Queen Elizabeth : « La Royal Navy n’aurait pas pu effectuer la montée en puissance de son nouveau groupe aéronaval si rapidement sans le soutien de ses deux partenaires stratégiques les plus importants. Des centaines de marins, d’aviateurs et de personnels du pont d’envol ont effectué des échanges avec la Marine nationale et l’US Navy pour maintenir les compétences nécessaires à une telle formation navale. Certains d’entre eux servent à présent sur le HMS Queen Elizabeth ».

Au nom de cette coopération particulièrement forte, l’amiral Tony Radakin, First Sea Lord de la Royal Navy, l’amiral Michael Gilday, chef des opérations navales des Etats-Unis et l’amiral Pierre Vandier, chef d’état-major de la Marine nationale, ont signé une déclaration conjointe à bord du Charles de Gaulle le 3 juin. Celle-ci rappelle que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, pays membres de l’OTAN, sont des « nations maritimes avec des valeurs communes, des intérêts et des responsabilités globales qui (les) obligent à maintenir (leur) présence pour préserver la sécurité maritime et la liberté des mers ». Les trois marines y affirment leur volonté de poursuivre et renforcer leur coopération : « Nous devons continuer à opérer ensemble pour augmenter la portée et la capacité de nos forces collectives de par le monde. (…) Nous continuerons à saisir des opportunités pour approfondir notre coopération et notre interopérabilité à travers le globe – à la fois dans le cadre d’opérations et d’exercices – afin d’être au rendez-vous des défis de demain et de maintenir notre avantage stratégique à la mer ».

Depuis le 21 février 2021 et jusqu’à l’été, le Groupe aéronaval (GAN), constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle s’est déployé dans le cadre de la mission CLEMENCEAU 21. Il a participé à la lutte contre le terrorisme en intégrant l’opération CHAMMAL et s’est déployé dans des zones d’intérêts stratégiques en mer Méditerranée, dans l’océan Indien et dans le Golfe arabo-persique. La Task Force 473 a également contribué à garantir la liberté de navigation et à sécuriser et défendre ces espaces stratégiques. Accompagné ponctuellement de frégates étrangères, le GAN témoigne de l’interopérabilité et du niveau de confiance existants entre la Marine nationale et ses alliés.

 

[1] Il s’agit d’une force binationale, comptant jusqu’à 10 000 hommes, mobilisable sur très court préavis et pouvant mener des opérations de haute intensité sur l’ensemble du spectre des menaces.

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