RPC MAÏTO :Prise importante dans le cadre de la régularisation des pratiques de pêche aux Antilles

Publié le 14 Octobre 2020 à 09:54

© Marine nationale

Du 5 au 9 octobre 2020, le remorqueur portuaire côtier (RPC) Maïto des Forces armées aux Antilles (FAA) a participé à une opération de lutte contre la pêche interdite aux abords des côtes martiniquaises en zone « chlordécone1». Cet insecticide, utilisé de 1972 à 1993 en Martinique et Guadeloupe pour lutter contre le charançon du bananier, pollue, aujourd’hui encore, les sols, les rivières et ses embouchures sur la mer, les nappes d’eaux souterraines ainsi que les écosystèmes associés. Le Maïto a relevé 22 casiers et 4 palangres durant sa patrouille, retirant ainsi directement du marché des produits de la pêche infectés par cette molécule particulièrement nocive[1] pour l’Homme.

Les opérations inter-administrations dans le domaine de la police des pêches, sous l’égide des directions de la mer de la Martinique et de la Guadeloupe, sont nombreuses aux Antilles. Ces opérations visent notamment à lutter contre le trafic d’espèces protégées (lambis, oursins blancs) et à contribuer aux impératifs de santé publique (renforcement des contrôles en zone « chloredécone »).

Cette opération de lutte contre la pêche en zone « chlordécone » s'inscrit dans le cadre du plan régional de contrôle des pêches et de protection de l'environnement marin. Elle est, depuis 2019, également portée au sein du comité opérationnel de lutte contre la délinquance environnementale (COLDEN), comité régional établi par le préfet de la Martinique et le Procureur de la République auprès du tribunal de grande instance de Fort-de-France. L’investissement de la Marine nationale dans le domaine de la police des pêches s’inscrit dans une politique plus générale de participation de la marine dans les polices de l’environnement.

Les FAA disposent de différents moyens effectuant régulièrement des missions dédiées, tels que le patrouilleur de gendarmerie maritime La Violette, le RPC Maïto, et le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) Dumont d’Urville.

Les FAA sont un levier important de la régularisation des pratiques de pêche aux Antilles. En 2020, les équipages de la Marine nationale ont participé à la relève d’une quarantaine de casiers de pêche et de plusieurs palangres en zone interdite et au contrôle de plus d’une vingtaine de navires.

Les 1 000 militaires des FAA garantissent la protection du territoire national et animent la coopération régionale depuis les départements de la Martinique et de la Guadeloupe. Ils constituent un dispositif interarmées de premier plan sur le théâtre Caraïbe, en coordination avec les forces armées en Guyane. Aux Antilles, les forces armées assurent des missions de souveraineté et de coopération régionale, et conduisent trois missions spécifiques : l’action de l’Etat en mer, sous l’autorité du délégué du Gouvernement pour l’action de l’Etat en mer afin de combattre efficacement le narcotrafic en mer et de coordonner la mise en œuvre des plans d’urgence en mer ; le secours aux populations en cas de catastrophes naturelles ou de situations humanitaires graves dans la zone ; la participation à une opération militaire dans un environnement national ou multinational comme à une évacuation de ressortissants.

  

[1] Le chlordécone interfère avec le fonctionnement du système hormonal, c’est un perturbateur endocrinien.  Son activité ostrogénique, déjà documentée chez l’animal, pourrait être à l’origine d’effets sur la grossesse et le développement des jeunes enfants. L’action du chlordécone sur les récepteurs des œstrogènes lui donne également des propriétés de promoteur de tumeur, pouvant favoriser le développement de cancers hormono-dépendants. Source : http://www.martinique.gouv.fr/Politiques-publiques/Environnement-sante-publique/Chlordecone/Les-risques-pour-la-sante-la-mesure-de-l-exposition-et-les-normes/La-sante-et-la-chlordecone

Sources : État-major des armées
Droits : EMA

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