Mission Foch - manœuvres de combat aérien de haute intensité pour les Rafale marine du groupe aéronaval, aux côtés des forces alliées en mer du Nord

Publié le 25 Mars 2020 à 18:04

© EMA

Les 19, 20 et 21 mars, les pilotes de la Marine nationale appartenant au groupe aérien embarqué (GAé) ont réalisé une série d’interactions avec les forces aériennes danoise, néerlandaise et suédoise, au-dessus de la mer du Nord.

La mission Foch menée par le groupe aéronaval constitué en Task Force 473 autour du porte-avions Charles de Gaulle poursuit ses opérations de sécurisation des approches maritimes et territoriales européennes et de coopération avec les forces alliées étrangères. En patrouille en mer du Nord pour en maîtriser l’espace aéromaritime et protéger les intérêts européens dans la zone, le GAN a réalisé des interactions avec les alliés danois, néerlandais et suédois dans sa zone d’opérations.

Pendant trois jours, les pilotes ont effectué plusieurs simulations de combat aérien sous différents formats, entraînant également les contrôleurs aériens, les tacticiens d’aéronautiques, les Centres Opérations des bâtiments de combat et les états-majors embarqués et terrestres à des scenarii tactiques de haute intensité.

Le 19 mars, au sein de l’espace aérien danois, deux Rafale marine ont affronté deux F-16 néerlandais guidés par des contrôleurs aériens néerlandais basés à terre. Ce sont ensuite quatre Rafale marine qui ont reçu pour mission de protéger le groupe aéronaval attaqué par quatre avions de chasse Gripen des forces aériennes suédoises. Les avions français étaient alors guidés par la frégate de défense aérienne (FDA) Chevalier Paul qui assurait le rôle d’ACU (air control unit), unité chargée de guider et transmettre les informations de vol nécessaires aux pilotes pour mener à bien leur mission. Les chasseurs suédois étaient quant à eux guidés par un E2C-Hawkeye du groupe aérien embaqué (GAé) français.

Le lendemain, le niveau des entraînements s’est accru pour les pilotes de la marine nationale et leur Rafale marine qui ont reçu l’ordre d’attaquer quatre Gripen suédois qui menaçaient fictivement le groupe aéronaval. Les aéronefs des deux nations étaient guidés dans leur mission par des contrôleurs aériens suédois. Les forces aériennes danoises ont par la suite relayé leurs partenaires scandinaves, avec deux F-16 épaulés par deux Rafale marine et ayant pour ACU le porte-avions Charles de Gaulle. Ils ont alors affronté en combat aérien deux Rafale marine adverses guidés par un E2C-Hawkeye français, préalablement repérés par l’hélicoptère Caïman marine du porte-avions Charles de Gaulle. L’hélicoptère, qui officiait comme SNOOPER, était ainsi chargé de trouver puis désigner une cible aux chasseurs afin que ces derniers l’engagent.

Le rôle de SNOOPER : repérer la cible pour qu’elle puisse être engagée 

Décollant une heure avant les chasseurs, l’hélicoptère Caïman marine établit la situation de surface sur la zone puis recherche sa cible. Lorsque celle-ci est repérée, l’équipage transmet les premiers éléments de position vers le porte-avions afin que le strike composé d’avions de chasse, en l’occurrence quatre Rafale marine et F-16, connaisse l’emplacement de sa cible avant le décollage.

En fonction de la menace, le Caïman marine adopte un comportement discret pour éviter les multiples menaces air et surface constituées par frégates et les avions de chasse ennemis patrouillant dans la zone. Une fois le contact tenu, l’hélicoptère descend en basse altitude afin d’effectuer une identification des cibles grâce à son capteur FLIR (Forward Looking Infra-Red). Il guide ensuite les chasseurs pour qu’ils puissent engager la cible en toute discrétion.

Une fois l’engament terminé, le Caïman marine effectue un compte rendu grâce à ses capteurs (FLIR, RADAR, veille passive électronique et photos) afin de confirmer ou non la réussite de la mission.

Une interaction de haut niveau pour les Rafales marine aux côtés de leurs alliés et partenaires régionaux

Ces interactions se sont achevées le 21 mars par un ultime exercice opposant deux F-16 danois guidés par la FDA Chevalier Paul, tenus de faire face à l’agression de deux Rafale marine du groupe aéronaval français et dont le rôle de contrôleur tactique était assuré par un E2C-Hawkeye du GAé.

Les pilotes français ont unanimement salué la qualité et le professionnalisme des pilotes danois, néerlandais et suédois, ainsi que l’excellente coordination entre partenaires, tant dans les phases de préparation que d’exécution. Le lieutenant de vaisseau Thomas, pilote de Rafale au sein de la flottille 12F ayant participé à l’exercice mené avec les pilotes suédois l’atteste : « Le niveau de coordination tactique était très élevé, nos limites ont été mises à l’épreuve, et eux comme nous avons beaucoup appris de ces exercices de haut niveau. Le fait que nous travaillions sur les mêmes bases tactiques, avec la même documentation, facilite la coopération et l’interopérabilité. Nous sommes ressortis particulièrement aguerris de ces interactions et avons nettement amélioré notre connaissance mutuelle et notre capacité à opérer ensemble ».

Ces trois jours de manœuvres aéromaritimes de haute intensité tactique auront permis de renforcer l’interopérabilité du groupe aérien embarqué avec les armées de l’air danoise, néerlandaise et suédoise, dans le but d’œuvrer ensemble à la protection des approches européennes. Le GAN améliore ainsi sa connaissance et son appréciation de situation dans les zones d’importance stratégique en Atlantique et en mer du Nord et réaffirme son attachement à garantir la liberté d’action et de circulation avec ses alliés d’Europe du Nord, tout en se tenant prêt, demain, à s’engager aux côtés de ces alliés sur les théâtres d’opérations.

Sources : État-major des armées
Droits : EMA
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