Mission Foch - Dans la peau d’un manœuvrier à bord du Charles de Gaulle

Publié le 5 Mars 2020 à 16:44

Marine nationale

Le quartier-maître de 1ère classe manœuvrier Sidney a 26 ans et il est à la barre du porte-avions Charles de Gaulle, actuellement déployé en mission Foch avec le groupe aéronaval constitué en Task Force 473.

Engagé dans la Marine nationale en 2011, il intègre l’École des mousses. Il a alors 17 ans et une seule envie, marcher dans les pas de son grand-père mécanicien dans la Marine nationale dont les récits ont bercé son enfance. Il s’oriente finalement vers le métier de manœuvrier, attiré par le côté physique et manuel ainsi que par l’esprit d’équipage propre à la vie embarquée.

Après avoir navigué sur pétrolier ravitailleur, sur patrouilleur et sur bâtiment de soutien de région, le quartier-maître Sidney est arrivé à bord du porte-avions Charles de Gaulle début janvier 2020. Il exerce un métier qui demande polyvalence et rigueur. De la conduite du navire de 42 000 tonnes en passerelle de navigation, aux ravitaillements en mer, en passant par les manœuvres délicates d’accostages et d’appareillages, le métier de manœuvrier est multi facettes ; le quartier-maître Sidney en maîtrise tous les aspects.

« Ce que j’aime c’est cette polyvalence et les responsabilités que nous avons lors des manœuvres du bateau. Tout est millimétré, il faut faire attention à chaque détail de son environnement tout en maîtrisant le geste technique. Lors d’un ravitaillement à la mer, on transborde des palettes qui font plus de 100 kg chacune mais aussi du carburant pour les aéronefs ; tout le matériel est précieux, nous n’avons pas le droit à l’erreur. Il en va de la sécurité de nos équipiers. »

Si le métier de manœuvrier est un métier physique, c’est aussi un métier de grande précision. Lorsqu’il est à son poste de barreur en passerelle de navigation, le quartier-maître Sidney doit veiller la situation aéromaritime et être à l’écoute du chef de quart qui donne le cap du bâtiment. C’est encore plus vrai à bord du porte-avions Charles de Gaulle où la mise en œuvre des Rafale Marine, des E2C-Hawkeye et des hélicoptères de la Marine nationale nécessite de placer le bâtiment face au vent, à une vitesse bien définie.

« Chaque bateau a sa particularité. En tant que manœuvrier j’apprends à sentir le navire, à savoir comment il va réagir en fonction de l’état de la mer, de la météo, de sa vitesse. Ça devient un automatisme. Avec le porte-avions qui fait 42 000 tonnes c’est plus complexe, c’est un travail d’anticipation car dévier du cap ordonné de quelques degrés peut potentiellement empêcher le catapultage en sécurité et en temps voulu des aéronefs. C’est toute la mission qui est alors compromise. »

Actuellement déployé sur la mission Foch, le porte-avions Charles de Gaulle et son escorte ont passé un mois en Méditerranée orientale engagés au sein de l’opération Inherent Resolve/Chammal de lutte contre le terrorisme islamiste. Le quartier-maître Sidney et les équipages du groupe aéronaval mettent désormais le cap vers l’Atlantique pour le deuxième volet de la mission où la Task Force 473 effectuera de nombreux exercices de coopération avec les nations partenaires de la France.

 

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