RH - La bataille du recrutement

Publié le 12 Décembre 2019 à 09:04

© M.MULLER / Marine nationale - Des lycéens échangent avec des marins dans le hall Tourville, lors de la rentrée au Lycée naval, à Brest.

Les CeR en première ligne

Érigé en priorité par l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine, dans le plan Mercator, le recrutement est essentiel pour pérenniser le format actuel de la Marine et garantir sa capacité à mener ses missions aujourd’hui comme demain. Le conseiller en recrutement (CeR) occupe une place stratégique dans le processus qui va mener un candidat à rejoindre l’équipage. En étant celui avec qui un jeune aura son premier échange, il incarne à ses yeux la Marine. Focus sur ce métier.

EV1 Thomas Casaux

Le Marine recrute chaque année plus de 3 500 hommes et femmes de 16 à 30 ans, du niveau 3e à bac+5 dans plus de 50 métiers. Dans un marché de l’emploi toujours plus concurrentiel, elle offre des perspectives de carrière à tous les profils. L’acte d’engagement est souvent entouré de fantasmes, d’attentes et d’appréhensions. C’est là que le conseiller en recrutement intervient en tant que porte-voix de la Marine et de ses opportunités. La Marine compte 180 CeR répartis dans les 55 centres d’information et de recrutement des forces armées (Cirfa) situés partout en France métropolitaine et outre-mer. Leur objectif ? Aller au contact du public ciblé pour lui présenter les opportunités offertes par la Marine et le convaincre de rejoindre l’équipage. Travaillant dans un écosystème professionnel entre la Marine et le monde extérieur, le CeR sillonne les forums et salons de l’emploi, les préparations militaires Marine (PMM), les conférences en écoles, les événements locaux, les Journées Défense et Citoyenneté (JDC), etc. Il participe également à la constitution et au renforcement d’un réseau de partenaires institutionnels et privés. « Je connaissais le rôle d’un Cirfa, mais le travail de fond d’un conseiller restait très vague. C’est un poste très enrichissant qui demande une remise en question permanente », explique le maître principal Jean-Claude, CeR au Cirfa d’Amiens. La richesse de ce métier permet de capitaliser sur ses expériences au sein de la Marine et d’étoffer ses savoir-faire pour de futures affectations ou dans le cadre de sa reconversion. « La diversité des missions fait que les journées ne se ressemblent pas. Cela rend ce poste très valorisant. Il m’apporte beaucoup tant dans la relation humaine que professionnelle. » À l’issue de ce poste, il est possible d’obtenir un certificat « orientations et relations publiques » (niveau bac+2) et le registre national de la certification professionnelle (RNCP).

 

Accompagner le candidat

Quand il n’est pas en déplacement, le CeR accueille et renseigne les personnes qui poussent la porte du Cirfa où il est affecté. Tout CeR apporte son expérience, ce qui permet au candidat d’avoir un aperçu concret et de se projeter. C’est dans le parcours, le discours vis-à-vis de l’institution, les compétences et les interrogations qu’il faut puiser pour orienter un jeune vers le métier qui correspondrait à son profil. L’utilisation d’outils ou de méthodes numériques innovants lui permet d’optimiser son travail de prospection. Si les premiers contacts débouchent sur l’ouverture d’un dossier, le CeR va ensuite mener l’entretien de motivation. Ce dernier permettra d’échanger plus précisément sur les raisons pour lesquelles le candidat postule, de l’informer clairement sur la réalité du métier choisi et les multiples facettes de la vie de marin. Si l’entretien est concluant, le postulant est convoqué dans un département d’évaluation pour passer des tests physiques, une visite médicale et un entretien avec un psychologue. Le CeR maintient le lien avec le postulant et assure le suivi de son dossier jusqu’à la signature du contrat d’engagement.

3 questions à la second maître Bouchra, e-CeR

Cols Bleus : Comment êtes-vous devenue e-CeR ?
SM Bouchra : Je prévoyais de candidater pour un Cirfa dans ma carrière. La création du e-Cirfa m’a donné l’opportunité d’intégrer le Service de recrutement de la Marine (SRM) plus rapidement. Convaincue de la nécessité de moderniser les outils de recrutement, j’adhère totalement à ce projet qui permet à la Marine d’être précurseur dans ce domaine. Je me suis donc lancée, persuadée de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice.

 

C.B. : Quelle est la partie de ce travail qui vous plaît le plus ?
SM B. : Chaque candidat est unique avec un profil qu’il faut cerner pour bien l’orienter. Au quotidien, je me sens utile et humainement enrichie. Voir un candidat franchir la porte d’un Cirfa, pour finaliser ses démarches et intégrer nos rangs me procure une immense fierté. C’est un véritable honneur de pouvoir être le premier maillon de cette chaîne. L’attente des candidats est forte. Pour capter de bons profils, il est important de partager son expérience, communiquer les bonnes informations et orienter vers des métiers en adéquation avec leurs appétences. Faire partie des pionniers est un challenge. Je suis aussi particulièrement sensible au recrutement de jeunes femmes de qualité. Intégrer un milieu majoritairement masculin n’est pas forcément facile pour tout le monde. Je mets un point d’honneur à rassurer les candidates et à leur donner confiance en elle.

 

C.B. : Quelles suites pour votre carrière dans la Marine ?
SM B. : Je souhaite m’investir totalement dans l’e-Cirfa. J’ambitionne d’évoluer au sein du SRM dans un Cirfa physique pour me perfectionner dans le recrutement. Mon affectation au SRM est une étape déterminante dans ma carrière. À l’avenir, je postulerai à des fonctions tournées vers l’humain, comme l’instruction au sein des écoles.

Extrait du Cols Bleus N°3084 - Décembre 2019 - Manche-mer du Nord - Une région stratégique pour la Marine

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