Entretien avec le vice-amiral d'escadre Jean-Philippe Rolland

Publié le 30 Octobre 2019 à 16:03

© Marine nationale

Pour mener à bien ses missions, la Marine doit pouvoir compter sur des hommes et des femmes entraînés, physiquement et moralement forts. L’aguerrissement et l’entraînement physique militaire et sportif sont donc au cœur de la formation et de la préparation opérationnelle des marins. Développement des aptitudes physiques et physiologiques, maîtrise des techniques de combat, goût de l’effort, dépassement de soi, cohésion et esprit d’équipage, reconstruction après une blessure … les bénéfices de la préparation physique et mentale exigeante à laquelle s’astreignent les marins sont à la hauteur des ambitions de la Marine et des enjeux auxquels elle doit répondre.

1/  Amiral pourquoi, est-il nécessaire que les marins surfaciers prennent soin de leur condition physique ?
Il est important de rappeler que chaque marin est amené à se préparer à devoir aller, un jour, au combat. De plus en plus, les opérations en mer sont susceptibles de voir survenir des situations où force morale et condition physique seront sollicitées. Et obtenir des succès en mer nécessite endurance, efforts, ténacité. Tout marin doit donc prêter une attention particulière à sa condition physique, car elle la première condition de la préparation individuelle au combat. De celle-ci, contrôlée par des épreuves sportives annuelles, découle de façon plus pratique son aptitude à l’embarquement.


          
2/ Cette condition physique a-t-elle un impact direct dans la capacité à servir à la mer ?
Concrètement, la vie embarquée exige des qualités humaines éprouvées.
Déployé en mer, le marin doit être apte à supporter les rythmes quotidiens des quarts, des rondes, des manœuvres, de jour comme de nuit, y compris par mauvais temps. Il faut se préparer à la vie en mer. La gestion du stress, du sommeil, de l’effort, du mal de mer reposent, en grande partie, sur la condition physique du marin. Servir en mer est un métier exigeant, qui se cultive tout au long d’une carrière, quelle que soient les affectations à terre ou embarquées. Au sein de la FAN, j’ai ainsi ordonné la pratique minimale d’une activité sportive deux fois par semaine

3/ La pratique du sport s’inscrit-t-il dans la constitution de l’esprit d’équipage ?              
La constitution de l’esprit d’équipage est très largement favorisée par la réalisation d’activités sportives en groupes : par service, par compagnie, en équipage... La pratique du sport permet de doser l’effort collectif, d’être attentif à l’autre, solidaire lorsqu’il faut serrer les dents et heureux ensemble lorsque l’épreuve a été surmontée. Un condensé, d’une certaine façon, de ce qu’est un déploiement opérationnel en mer.

Le sport est aussi un formidable levier d’intégration, qui transcende les spécialités, les grades, les âges… Il rappelle à chacun que le marin, avant d’être matelot ou officier, détecteur ou mécanicien, est d’abord un militaire qui se tient prêt, physiquement, à mener le combat.

Propos recueillis par le LV Etienne

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