CHAMMAL - De chasseur de sous-marins à chasseur d’images, le photographe de bord est un maillon essentiel de la chaîne du renseignement

Publié le 13 Septembre 2019 à 14:00

© EMA

En marge de ses missions d’appui aérien, le détachement Atlantique 2 de la Marine Nationale joue un rôle essentiel dans la chaîne de renseignement de l’opération Chammal, en menant des missions ISR (Intelligence, Surveillance, Reconnaissance), grâce à ses nombreux capteurs d’imagerie et de renseignement électronique.

Des capacités auditives et visuelles polyvalentes

Parmi ces capteurs, le Maître Jonathan, un chasseur de sous-marins devenu chasseur d’images le temps d’un mandat en Jordanie sur la Base Aérienne Projetée au Levant. « En métropole je suis un DASBO ou Détecteur Anti Sous-Marin de Bord, explique-t-il. Je dois détecter les sous-marins immergés grâce à des bouées acoustiques que nous larguons dans la mer. Cependant, comme nous employons différemment l’ATL2 sur le théâtre irako-syrien, il a fallu temporairement réorienter nos compétences en matière de renseignement de l’ouïe à la vue. Au sein de l’opération Chammal, je suis donc photographe de bord sur Atlantique 2. »

Durant le briefing précédant le vol, les responsables du renseignement lui donnent des points d’intérêt, tels que des bâtiments ou des voies de circulation, qu’il devra repérer pour réaliser des prises de vue qui seront ensuite traitées, analysées et transmises directement à bord par d’autres membres d’équipage de la chaîne de renseignement.

Une chaîne complémentaire pour gagner en réactivité

L’équipage travaille en mode talk-on ou guidage de voix. Grâce au nez vitré à l’avant de l’Atlantique 2 qui couvre une zone de prospection de plus de 180 degrés, le Maître Jonathan peut parfois guider le pilote sur un objectif qu’il aurait identifié en cours de vol, permettant ainsi aux membres d’équipage en charge des capteurs électroniques (caméra thermique FLIR ou radar) de traiter également l’objectif. Preuve de la complémentarité de l’équipage, le pilote peut inversement guider le photographe vers un objectif qu’il aurait identifié grâce aux différents capteurs de l’aéronef.

Le Lieutenant de Vaisseau Laurent, chef du détachement Atlantique 2 sur la base aérienne projetée au Levant explique l’importance d’avoir cette chaîne du renseignement au plus près des opérations : « A bord de l’avion, c’est toute une équipe qui œuvre pour capter du renseignement, qui va ensuite l’analyser, l’habiller pour le rendre exploitable et qui va le transmettre à l’Etat-Major en temps réel. C’est un atout significatif pour gagner en réactivité dans le cas où nous devrions appuyer des troupes au sol. L’Atlantique 2 est le seul aéronef au sein de l’opération Chammal à disposer de cette capacité. »

Lancée depuis le 19 septembre 2014, l'opération Chammal représente le volet français de l'Opération Inherent Resolve (OIR) au sein d’une coalition de 80 pays et organisations. A la demande du gouvernement irakien et en coordination avec les alliés de la France présents dans la région, l'opération Chammal vise à apporter un soutien militaire aux forces locales engagées dans le combat contre Daech sur leur territoire.
L'opération Chammal repose sur deux piliers complémentaires :
- un  pilier " appui " destiné à appuyer les troupes engagées au sol contre Daech et à frapper les capacités militaires de Daech ;
- un pilier " formation" au profit des forces de sécurité irakiennes.A ce jour, le dispositif complet de l'opération Chammal compte près de 1 000 militaires. Il comprend également plus d’une centaine de militaires projetés à Bagdad pour la formation et le conseil des états-majors et unités irakiennes.

Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense

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