Chammal - En mission avec l’Atlantique 2

Publié le 13 Septembre 2019 à 11:49

© EMA

Engagé sur la base aérienne projetée (BAP) au Levant au sein du pilier « appui » de l’opération Chammal, le détachement Atlantique 2 de la Marine Nationale a participé activement au combat contre Daech au cours d’une récente mission de 8 heures.

La veille de la mission, le Lieutenant de Vaisseau Laurent, chef du détachement Atlantique 2 et commandant de bord, a réuni l’équipage pour le briefing d’avant vol. En appui des forces de sécurité irakiennes (FSI), une frappe des Rafale de la BAP est programmée pour détruire  une cache utilisée par un groupe terroriste de Daech dans le nord de l’Irak. L’Atlantique 2 doit se rendre sur zone avant les Rafale pour réaliser une observation minutieuse de l’objectif et de ses alentours avant la frappe. Un drone de la coalition internationale sera également présent sur place.

Le lendemain, au lever du jour, l’équipage embarque son matériel à bord de l’avion. Grâce aux mécaniciens qui sont à pied d’œuvre depuis plusieurs heures, l’Atlantique 2 est prêt au décollage en quelques dizaines de minutes. Après une vérification complète de l’avion, l’équipage se prépare au décollage. Chacun est à son poste, silencieux, concentré. Tout s’enchaîne avec fluidité : checklist avant décollage, démarrage de l’avion, contact avec la tour de contrôle, alignement sur la piste et quelques instants l’Atlantique 2 s’élance dans le ciel.

L’avion va mettre un peu moins de deux heures pour atteindre la zone où la cache a été repérée. Dans le cockpit, deux pilotes et un mécanicien de bord contrôlent l’appareil et sont en contact permanent avec le contrôle aérien. Au centre du dispositif, le Coordinateur Tactique, véritable chef d’orchestre, centralise toutes les informations et transmet ses ordres à l’équipage. Durant ce trajet, l’équipage en charge de la partie tactique du vol s’active, chacun attaché à un poste bien défini. Le navigateur suit et planifie la trajectoire de l’appareil sur la zone. Le radariste surveille le ciel autour de l’aéronef. Les observateurs latéraux scrutent le sol à la jumelle afin d’assister le photographe de bord installé dans le nez vitré de l’aéronef pour prendre des clichés d’objectifs au sol.

Après la phase d’observation et d’analyse de la cible, l’objectif est en vue. Aucun civil n’est présent dans les environs, la frappe est donc autorisée. A la radio, l’équipage du Rafale annonce le début du tir. Puis, le Coordinateur Tactique procède au décompte : « 30 secondes … 15 secondes … 5 secondes … »  Hormis le bruit des deux moteurs atténués par les casques que portent les marins, un silence absolu règne dans le cockpit de  l’Atlantique 2. Les yeux sont fixés sur les écrans de la caméra infrarouge. A son centre, on distingue une croix qui désigne l’objectif - l’entrée de la cache.

« Impact ! » Une boule de feu blanche puis un panache de fumée envahissent l’écran. La munition tirée vient d’exploser au sol. Une fois la fumée dissipée, des photographies de l’objectif sont prises puis traitées, analysées et envoyées en temps réel afin de déterminer si l’objectif a été atteint. Cette phase permet d’établir le résultat de tir.

Après plusieurs dizaines de minutes, les Rafale et l’Atlantique 2 quittent la zone et entament le vol de retour vers la BAP. En chemin, l’équipage de la Marine Nationale va procéder à plusieurs observations et analyses minutieuses d’un certain nombre de points d’intérêt. Quelques heures plus tard, l’Atlantique 2 se pose sur la piste de la BAP et s’immobilise sur le parking avion où les mécaniciens vont commencer la remise en configuration de l’appareil. La mission est terminée. Cependant,  l’équipage est encore à pied d’œuvre et participe au débriefing de mission qui permettra d’analyser le vol en détail et d’en faire le bilan.

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Elle regroupe environ 4 500 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace notamment dans le cadre de la force conjointe du G5 Sahel en cours d’opérationnalisation.

Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense

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