Décès de l’amiral Louzeau

Publié le 6 Septembre 2019 à 18:03

© Marine nationale

Ancien chef d’état-major de la Marine et 1er commandant du 1er sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) français : Le Redoutable, l’amiral Bernard Louzeau est mort dans la nuit du 5 au 6 septembre 2019. L’amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine lui rend hommage « 1er commandant du Redoutable, CEMM de 1987 à 90, il a bâti la marine d’aujourd’hui. Son intelligence pénétrante, sa vision stratégique, la qualité de son commandement ont marqué ceux qui l’ont servi. Il restera un exemple et une référence. » 

Né à Talence en 1929, l’amiral Louzeau sort major de l’Ecole navale en 1947. En 1950, il prend part aux combats en Indochine et rejoint par la suite les forces sous-marines. En 1968, il prend le commandement du SNLE Le Redoutable, premier sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) français et fleuron de la dissuasion dont la première patrouille a lieu en 1972. Il est chef d’état-major de la Marine (CEMM) de 1987 à 1990. L’amiral Bernard Louzeau était grand-croix de la Légion d’honneur.

L’un des pères de la dissuasion

Le 21 mars 1972, le SNLE Le Redoutable revenait de sa première patrouille de dissuasion qui avait débutée le 28 janvier 1972. Le capitaine de vaisseau Bernard Louzeau, premier commandant du Redoutable rapporte que « la patrouille s’est déroulée sans aucun souci. Rien à signaler – RAS durant cette première patrouille ponctuée de lancements fictifs. Deux évènements vont néanmoins la marquer : la première opération de l’appendicite et le suivi de l’opération de sauvetage d’un sous-marin soviétique en perdition fin février 1972. Nous apprendrons plus tard qu’il s’agissait du K-19, contraint de remonter à la surface suite à un incendie à bord. L’armée soviétique avait alors dépêché une flotte importante et les américains venaient « renifler ». J’ai dû habilement manœuvrer pour ne pas me retrouver au milieu de tout ça. »

Le premier équipage du SNLE Le Redoutable était à la fois singulier et multiple. Singulier, puisqu’il s’agit de réunir le personnel qui va servir sur un tout nouveau type de bâtiment dont on découvre progressivement la complexité et les contraintes. Multiple, car du noyau originel de cet équipage sont issus les équipages bleu et rouge de cette unité et l’ossature des équipages des SNLE suivants.

En 1964, les premiers officiers sont pressentis pour l’armement et s’instruisent à Cherbourg à l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) et l’amiral Bailleux, directeur du personnel militaire, informe le CC Louzeau, alors à l’École de guerre, de ses futures responsabilités. A partir de 1966, au côté du CV Guillou, le CC Louzeau établit le profil des membres de l’équipage du Redoutable. Minutieux, il note dans ses cahiers les références des officiers de marine ou des officiers mariniers qui peuvent se révéler utiles pour la mission. « Tout cela n’est pas le fruit du hasard. C’est là où j’ai travaillé, là où j’ai ouvert mon cahier d’écolier, là où j’ai suivi pratiquement homme par homme au début », dira-t-il plus tard.

A propos de l’École des Mousses

Le 14 juillet 1988, alors chef d’état-major de la Marine, l’amiral Louzeau avait prononcé cette phrase qui résonne encore dans le cœur des mousses et particulièrement de ceux qui viennent de faire leur rentrée « Un ancien mousse se reconnaît longtemps après sa sortie de l’école à son sens du devoir, son esprit de discipline, sa conscience professionnelle, son adaptation à la mer. »

La ministre des Armées, Florence Parly, salue la mémoire d’un grand marin, à la personnalité chaleureuse et charismatique. La Marine et la communauté des sous-mariniers pleurent aujourd’hui une de leurs figures emblématiques, un des pères de la dissuasion nucléaire française.

Le 13 septembre, aux Invalides, les honneurs militaires lui ont été rendus. L'éloge funèbre a été prononcé par l'amiral Prazuck, chef d'état-major de la marine.

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