Sous-marinier et légionnaire : un parcours atypique

Publié le 29 Août 2019 à 09:56

© Marine nationale

Le 29 juillet 2019, l’équipage rouge du sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Améthyste a procédé à une cérémonie de remise de décorations et de récompenses au fort de l’Eguillette à Toulon. Cette cérémonie s’est tenue en présence des familles des marins et d’une délégation de la préparation militaire marine de Valence jumelée avec l’Améthyste.

Cette cérémonie a également mis à l’honneur un marin qui s’est vu conférer la médaille militaire, fruit d’une carrière hors du commun, entre forces sous-marines et Légion Étrangère.

Outre les médailles d’outre-mer, décernées au titre de la participation à l’opération Chammal et les médailles de la défense nationale, le capitaine de frégate Thomas Legrand a remis la médaille militaire au maître Pierre-Michel. Cette décoration vient récompenser la qualité des services rendus par ce militaire au parcours atypique qui, des profondeurs de l’océan aux montagnes de l’Afghanistan, cumule 14000 heures de plongée et 35 sauts en parachute.

La mise à l’honneur de ce marin a offert le bel exemple d’un parcours caractérisé par un engagement sans faille au service de la France illustrant avec force la devise de la Marine – Honneur, Patrie, Valeur et Discipline – et celle de la Légion Étrangère – Honneur et Fidélité.

Son parcours

« J'ai tout fait pour rentrer dans la Marine au plus vite grâce à la filière POST BEP qui m'a permis de m'engager à l’âge de 17 ans et d’intégrer les forces sous-marines ». Engagé dans la Marine en juin 2003, le maître Pierre-Michel effectue deux missions opérationnelles sur le sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) de type M4 L’Inflexible en tant que pilote et torpilleur. Il intègre ensuite la Légion Étrangère en juillet 2006. Après sa formation au 1er Régiment Étranger à Aubagne, il sert au 2ème Régiment Étranger de Parachutistes à Calvi. Déployé à Djibouti en 2007 et au Gabon en 2009, il se distingue par l’excellence de ses résultats. Il est ensuite engagé au sein de la Task Force « Altor » dans le cadre de l’opération Pamir en Afghanistan, où il participera à de nombreuses actions de combat offensif et défensif, s’illustrant à plusieurs reprises par sa bravoure et sa combativité sous le feu ennemi. Pour ces faits d’armes, il est cité et se voit attribuer la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze en 2011, année où se termine son contrat au sein de la Légion Étrangère. Il s’engage alors de nouveau en tant que torpilleur dans les forces sous-marines, cette fois-ci sur SNA, où il participe à cinq missions opérationnelles avant d’accéder au brevet supérieur de mécanicien d’armes. Il rejoint les rangs du SNA Améthyste en septembre 2018 comme maître de central et chef de secteur armes tactiques.

Ses motivations

« Fils de marin, la Marine m'a toujours passionnée. Depuis l’âge de 10 ans, je correspondais déjà avec de nombreux marins que je suivais lors de leurs différentes missions au travers des cartes postales reçues ».

Et pourquoi par la suite, la Légion Étrangère ?

« « Change ta vie », c’était le slogan de la brochure de la Légion en 2006. Il me marque encore. J'ai donc franchi la porte du 1er Régiment Étranger pour m’engager. Mes motivations pour rejoindre le 2éme Régiment Étranger Parachutiste, travailler avec des personnes du monde entier dans des langues, des religions et des coutumes différentes pour effectuer les missions ordonnées avec la discipline que connaît la Légion Étrangère ».

Son meilleur souvenir

« Ma première prise de plongée au poste de maître de central. Le stress était au rendez-vous mais rapidement les procédures acquises lors de la formation ont permis de mener à bien la descente du bâtiment en immersion.

Au sein de la Légion, on partage de bons moments que ce soit au régiment ou en opération. Mais mes meilleurs souvenirs seront ceux de mon déploiement en Afghanistan en 2010 ».

Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite s’engager ?

« Le seul conseil serait d’être sûr de ses envies, de ne pas s'engager par hasard. Il n'y a pas de hasard quand on parle de servir son pays. Certes les missions et la camaraderie sont de bonnes raisons de s'engager mais il ne faut pas oublier que du jour au lendemain, nous pouvons être déployés aux quatre coins du monde pour mener des missions à risques. Ce que je pourrais leur dire c'est "En avant" ».

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